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ENTRETIEN AVEC NICOLAS MADURO

« Au Venezuela, le "gouvernement de rue" est une révolution dans la révolution »

Par Ignacio Ramonet  |  31 août 2013     →    Version imprimable de cet article Imprimer

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Après avoir échoué dans sa tentative de délégitimer le président du Venezuela Nicolas Maduro – élu le 14 avril dernier –, l’opposition prépare déjà les élections municipales du 8 décembre prochain. Dans cette perspective, avec l’appui de la droite internationale et de ses alliés médiatiques, elle a récemment soutenu que le président Maduro ne serait pas né au Venezuela et que, par conséquent, comme le stipule la Constitution, son élection ne serait pas valide.
Sur cette nouvelle campagne d’intoxication et sur d’autres thèmes d’actualité, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Maduro – à bord d’un hélicoptère qui nous conduisait de Caracas à Taguanes (Etat de Guárico) [1] – alors que venait de s’achever la période de ses premiers cent jours à la tête du pays.

L’opposition vénézuélienne a lancé une campagne, relayée dans les médias internationaux. Elle affirme que vous n’êtes pas né au Venezuela mais à Cúcuta, en Colombie, et que vous possédez la double nationalité ce qui, selon la Constitution, rendrait votre élection non valide. Quels commentaires vous inspire cette accusation ?

Nicolás Maduro : L’objectif d’une telle insanité, lancée par un dément de l’ultra-droite panaméenne, c’est de créer les conditions d’une déstabilisation politique. Ils cherchent à réussir ce qu’ils n’ont pu obtenir ni par les urnes ni au moyen de coups d’Etat ou de sabotages économiques. Ils sont désespérés. Et ils s’appuient, cette fois-ci, sur un certain sentiment anti colombien que la bourgeoisie et la droite vénézuéliennes ont toujours professé à l’encontre du peuple colombien.

A cet égard, je voudrais affirmer que si j’étais né à Cúcuta ou à Bogota, je serais heureux d’être Colombien. Parce que c’est une terre fondée par Bolivar. Si j’étais né à Quito ou à Guayaquil, je me sentirais fier également d’être Equatorien parce que c’est une terre libérée par Bolivar ; ou à Lima, à Potosi, ou à La Paz ou à Cochabamba, je serais heureux d’être Péruvien ou Bolivien. Et si j’étais né au Panama, terre d’Omar Torrijos, terre de dignité qui a fait aussi partie de la Grande Colombie de Bolivar, je serais également fier d’être Panaméen. Mais il se trouve que je suis né et que j’ai grandi à Caracas, berceau du Libertador. Je suis né dans cette Caracas toujours agitée, rebelle, révolutionnaire. Et me voici élu Président.
Ces accusations folles seront un jour évoquées comme des manifestations de la crise de schizophrénie et d’impuissance qui frappe la droite internationale quand elle tente de s’attaquer à la révolution bolivarienne.

Par ailleurs, le président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello, a récemment annoncé la découverte de conspirations et des projets d’attentat contre vous.

Nicolás Maduro : En effet. Avec le ministre de l’Intérieur, Rodríguez Torres, et le président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello, nous avons dévoilé un projet d’assassinat prévu pour le 24 juillet dernier, fête de la naissance de Bolivar, à l’occasion des cérémonies du 190e anniversaire de la bataille navale de Maracaïbo. Ils avaient un plan assez élaboré, que nous sommes parvenus à neutraliser [2], et ils comptaient sur l’appui de la droite internationale. Je peux vous révéler que, parmi ces soutiens, apparaît le nom d’Alvaro Uribe [ancien président de la Colombie], un homme obsédé par le Venezuela et par les enfants de Chavez. Il y avait également la vieille mafia de Miami, celle de Luis Posada Carriles, elle-même soutenue par d’importantes instances de pouvoir aux Etats-Unis. L’Administration de Barack Obama s’est refusée à démanteler cette mafia de Posada Carriles, un terroriste avéré, poursuivi par les lois de notre pays pour avoir fait exploser en plein vol un avion de Cubana de Aviación en octobre 1976...

Je peux vous assurer que nous allons continuer à nous défendre, à neutraliser ces projets néfastes... et à vaincre. A Dieu ne plaise qu’ils réussissent un jour leur coup, car il se produirait alors une situation au Venezuela que je ne veux pas même imaginer... La droite n’a vraiment pas intérêt à ce que cela se produise. Parce qu’elle disparaîtrait du paysage politique de notre pays pour longtemps... La Révolution prendrait alors un tout autre caractère. Sans aucun doute. Beaucoup plus radical, beaucoup plus socialiste, beaucoup plus anti impérialiste. Prions donc pour que leurs projets de mort ne se réalisent jamais. Ils passeraient un très mauvais quart d’heure. Et moi je verrais tout cela du ciel...

Pensez-vous que l’échec de l’opposition dans sa tentative de déstabilisation est dû à la politique que vous avez mise en place depuis le 14 avril, ou bien à un changement d’attitude de l’opposition elle-même qui mise désormais sur les élections municipales du 8 décembre ?

Nicolás Maduro : La raison principale c’est la solidité institutionnelle de la démocratie vénézuélienne. Et aussi, en effet, la décision que j’ai prise, en m’appuyant sur cette solidité, de mettre en échec très rapidement les tentatives d’insurrection et de recours à la violence. Ne pas tolérer qu’elles s’étendent. Ils ont tenté de provoquer une sorte d’insurrection dans les principales villes du pays, les 15 et 16 avril, au lendemain des élections.

Avec quel degré de violence ?

Nicolás Maduro : Ils ont assassiné onze personnes de milieux modestes, dont deux enfants, une petite fille et un garçon. Ils ont aussi causé une centaine de blessés, dont on parle trop peu. Des gens gravement estropiés qui garderont des séquelles toute leur vie.
L’opposition a montré à cette occasion son véritable visage putschiste. Elle faisait semblant d’avoir de bonnes manières démocratiques mais, dès le décès [le 5 mars 2013] du commandant Chavez, elle a décidé d’ignorer le résultat des élections et tenté d’imposer par la force – avec l’aide internationale probable des Etats-Unis et d’autres gouvernements de droite – une opération de déstabilisation de la Révolution. Nous sommes parvenus à les neutraliser et à les stopper très vite. Désormais, ils n’ont d’autre choix que de revenir aux urnes s’ils veulent gagner des espaces politiques dans les mairies. Nous les avons contraints à revenir sur le droit chemin démocratique. Si nous n’avions pas fait respecter la Constitution, ils auraient conduit notre pays sur le sentier de la guerre civile.

Lors de récentes déclarations, vous avez lancé des mises en garde en direction de votre propre camp contre ceux qui pourraient briser l’unité de la révolution. Craignez-vous une division du chavisme ?

Nicolás Maduro : Les forces de division et de fragmentation ont toujours menacé toutes les révolutions. Les ambitions de pouvoir exprimées par des groupes ou des individus constituent une négation du projet même de notre Révolution bolivarienne qui est de nature socialiste et exige don de soi et sacrifice. Si le commandant Chavez est devenu président ce n’est pas par ambition personnelle, mais parce que des circonstances historiques l’ont placé à la tête du pays. Et si moi-même je suis président, ce n’est pas non plus par ambition ou parce que je représenterais un quelconque groupe économique ou politique, non, je le suis parce que le commandant Chavez m’y a préparé, m’a choisi et que le peuple vénézuélien a ratifié ce choix lors d’élections libres et démocratiques.

Les forces de désagrégation existeront toujours. Mais notre révolution possède suffisamment de ressources morales, politiques et idéologiques pour surmonter toute tentative de division. La déclaration à laquelle vous faites allusion, je l’ai faite dans le Llano [grand ouest du Venezuela] parce que je voyais, devant moi, un élu qui prétend être chaviste mais qui, en sous-main, est financé par de grands propriétaires terriens. Il tient des discours prétendument chavistes mais, en fait, il sème la division. Il n’est pas impossible que, lorsque cet individu découvrira qu’il n’a pas été désigné par la révolution comme candidat à la mairie pour les prochaines élections, il se présente sur sa propre liste... Concernant le scrutin du 8 décembre, nous sommes en mesure de présenter des candidatures unitaires dans presque toutes les communes du pays. Et nous devrons battre ces candidats de la division qui se disent chavistes mais qui sont, en définitive, les alliés de la contre-révolution.

Par rapport à la pratique gouvernementale précédente, vous avez introduit plusieurs changements : une critique de l’insécurité, la dénonciation de la corruption et, surtout, ce que vous appelez le "gouvernement de rue". Pourquoi avez-vous senti le besoin d’aborder ces questions ? Et quel bilan faites-vous du ‘gouvernement de rue’ ?

Nicolás Maduro : A propos du "gouvernement de rue", je dois dire qu’il nous a permis d’établir, au cours de cette nouvelle étape, une méthode pour disposer d’une direction collective de la Révolution. Grâce à ce mode de gouvernement [qui consiste, pour le président et ses ministres, à aller régulièrement dans les régions – estados – du pays et tenter de résoudre les problèmes concrets qui se posent à l’échelle locale] nous avons supprimé les intermédiaires entre le pouvoir populaire local et l’instance concernée du gouvernement central. Nous apportons des solutions concrètes à des problèmes précis, et nous contribuons ainsi à construire le socialisme, le pouvoir communal, l’économie socialiste... Nous consolidons aussi notre système de santé publique, gratuit et de qualité, et notre système d’éducation publique. Le ‘gouvernement de rue’ constitue une révolution dans la révolution.

C’est une façon de combattre la bureaucratisation ?

Nicolás Maduro : De la terrasser. En proposant un nouveau système alternatif. Parce que le modèle de gouvernement dont nous avions hérité exprimait, en quelque sorte, la façon de gouverner un Etat bourgeois, lui-même héritier du système colonial en Amérique latine. Le président Chavez avait su le contourner au moyen des Missions qui constituent un nouveau modèle de mise en oeuvre des politiques publiques. A ces Missions, nous ajoutons désormais le "gouvernement de rue" qui est d’ailleurs une consigne du commandant Chavez. Il nous avait demandé, à Elias Jaua [actuel ministre des Affaires étrangères] qui était alors vice-président [équivalent à premier ministre] et à moi, qui étais à l’époque vice-président politique, de construire un système de gouvernement régionalisé - « populaire  » disait-il – que j’ai appelé "gouvernement de rue".

Ce sont des décisions et des orientations qui se situent dans le cadre de la philosophie d’un modèle socialiste où le pouvoir n’est pas détenu par des élites, ni par des élites bourgeoises ni par de nouvelles élites qui se bureaucratisent et s’embourgeoisent. Nous souhaitons que le pouvoir se démocratise, qu’il constitue une sorte de vaccin contre le bureaucratisme, contre l’embourgeoisement, et que, dans la mesure du possible, ils nous permette d’avancer vers l’ ’efficience socialiste’.

Si l’opposition l’emporte aux élections municipales du 8 décembre, il est probable qu’elle réclamera un référendum révocatoire pour 2015. Comment voyez-vous cette échéance ?

Nicolás Maduro : Nous y sommes prêts. Et nous dirons toujours la vérité au peuple. Mais il faut savoir que si l’opposition obtenait un résultat important le 8 décembre, elle relancerait son projet de déstabilisation dans le but d’affaiblir notre patrie, de mettre fin à notre indépendance et d’abattre la révolution du commandant Chavez qui a repris le concept de République bolivarienne. L’opposition tenterait, en premier lieu, d’imposer des scénarios violents de déstabilisation, puis les Etats-Unis accourraient pour réduire notre niveau d’indépendance et briser l’union de l’Amérique latine que nous sommes en train de forger.

Nous avons donc une grande responsabilité. Parce que nous défendons un projet qui peut permettre de bâtir un autre monde possible dans notre région, et créer, à l’échelle internationale, un monde multipolaire, débarrassé des hégémonies économique, militaire et politique de l’impérialisme américain. La construction d’un autre monde, où seraient enfin respectés les droits des pays du Sud – et même ceux de l’Europe, une Europe libérée du néolibéralisme –, dépend de ce qui se passera en Amérique latine. Si nous parvenons, ici, à bâtir un bloc puissant d’Etats qui refusent définitivement d’être l’ « arrière-cour » des Etats-Unis, alors il y aura davantage d’équilibre dans le monde. Et la clé de voûte de ce bloc en construction, c’est le Venezuela. C’est la raison des attaques portées contre nous.

Comment expliquez-vous le résultat qu’a obtenu l’opposition à l’élection du 14 avril dernier, et comment comptez-vous gagner les élections municipales du 8 décembre ?

Nicolás Maduro : Une fraction de l’électorat a toujours voté, dans tous les scrutins, en faveur de l’opposition. En revanche, le 14 avril, une bonne partie de ceux qui n’ont pas voté pour nous ont voulu nous sanctionner. Par mécontentement, à cause de choses mal faites, des problèmes non résolus... Mais ces électeurs n’ont jamais soutenu les aventures putschistes et antibolivariennes de la droite. C’est donc à eux que nous devons nous adresser en premier lieu, pour leur dire que nous sommes désormais dans la rue, au contact de leurs problèmes quotidiens et que nous travaillons à faire changer les choses. Ils savent que la tâche n’a pas été facile. Et que la plus grande prouesse a été, à la veille du scrutin du 14 avril, de surmonter la tragédie historique du décès du commandant Chavez. Surmonter le deuil collectif. Quand une personne entre en deuil, elle peut sombrer dans un désespoir total et ne plus croire en rien. C’est ce qui est arrivé à une partie du peuple vénézuélien. Et les experts en guerre psychologique qui harcèlent notre pays en ont profité pour porter, à cet instant précis, leurs attaques les plus venimeuses... C’est pourquoi notre victoire de 14 avril n’en a que plus de mérite.

Ce que nous sommes en train de faire – le "gouvernement de rue", le redressement de l’économie, l’accent mis sur des problèmes cruciaux comme l’insécurité citoyenne ou la lutte contre la corruption... – devrait nous aider à remporter une grande victoire le 8 décembre prochain. Et ce succès nous ouvrira de nouveau le chemin pour avancer vers la construction du socialisme du XXIe siècle.

Jusqu’où comptez-vous aller dans la lutte contre la corruption ?

Nicolás Maduro : Jusqu’aux ultimes conséquences. Nous allons tout passer au crible. Nous avons affaire à une droite très corrompue, héritière d’une IVe République gangrénée et décadente. Mais nous combattons aussi la corruption nichée dans le camp révolutionnaire et au sein de l’Etat. Il n’y aura pas de quartier ! J’ai constitué une équipe secrète d’enquêteurs incorruptibles qui a déjà mis au jour plusieurs affaires énormes. Plusieurs personnalités de très haut rang ont déjà été arrêtées et nous allons continuer à frapper fort. Elles seront jugées, et j’espère qu’elles iront là où est leur vraie place : en prison.

Quel jugement portez-vous sur l’économie vénézuélienne ? Plusieurs études soulignent le niveau trop élevé de l’inflation.

Nicolás Maduro : L’économie vénézuélienne est en état de transition vers un nouveau modèle de production, diversifié et socialiste. De surcroît, nous voulons nous insérer dans un nouveau cadre économique, celui de l’intégration sud-américaine et latino-américaine. Il ne faut pas oublier que nous sommes désormais membres du [Marché commun du sud] Mercosur – dont nous assumons d’ailleurs, actuellement, la présidence pro-tempore – mais nous sommes également membres de l’ALBA [Alliance bolivarienne des peuples de notre Amérique] et fondateurs de Petrocaribe. Ces trois organisations rassemblent, aux plans géographique, démographique et économique, vingt-quatre pays qui constituent – Mercosur, plus ALBA, plus Petrocaribe – pour ainsi dire, la quatrième économie du monde... Nos objectifs sont de transformer l’économie du Venezuela et de l’intégrer à ce nouveau cadre géoéconomique, pour mieux nous articuler à l’économie planétaire. C’est pour cela que je dis que nous sommes en période de transition.

A propos de l’inflation, je dois vous dire que nous avons essuyé de très violentes attaques spéculatives contre notre monnaie. Mais nous commençons à nous en sortir. Et nous subissons également un sabotage de la distribution de certains produits de première nécessité qui se sont raréfiés et dont les prix ont explosé. Ces pénuries produisent également de l’inflation. Mais, là encore, nous commençons à mieux contrôler la situation et je suis certain que les choses vont se normaliser d’ici la fin de ce semestre.

Concernant notre monnaie, nous allons la stabiliser. Comme nous avons commencé à rétablir l’approvisionnement des produits manquants. Mais, pour sortir de ce modèle rentier et dépendant, la clé est la diversification de notre production aussi bien alimentaire qu’industrielle. Nous faisons actuellement d’importants investissements dans des secteurs décisifs de la production alimentaire, de l’agro-industrie et de l’industrie lourde. Nous en appelons à des capitaux étrangers pour qu’ils nous apportent devises et technologie. J’ai récemment visité plusieurs Etats européens et je suis optimiste sur la prochaine venue d’investisseurs de France, d’Italie et du Portugal... Et nous voulons aussi que des investisseurs brésiliens, indiens ou chinois apportent chez nous non seulement des capitaux mais aussi de la technologie de pointe pour développer et diversifier nos industries intermédiaires. Afin que notre pays se dote peu à peu d’autres moteurs de développement, et ne dépende pas uniquement des hydrocarbures.

Je m’empresse toutefois de dire qu’il n’est pas question de renoncer à nos richesses pétrolières qui demeurent un moteur de croissance extrêmement puissant et devraient garantir notre développement pendant encore quasiment un siècle. N’oublions pas que le Venezuela détient les plus grandes réserves de pétrole de la planète et les quatrièmes réserves de gaz... Notre économie est extrêmement puissante. Dès 2014, nous devrions assister à une formidable reprise de notre dynamique économique et de la croissance vénézuélienne.

Comment expliquez-vous ces problèmes de pénuries diverses, qui ont été souvent critiquées dans les médias internationaux ?

Nicolás Maduro : L’accaparement spéculatif et l’organisation de pénuries artificielles font partie de l’arsenal traditionnel de toutes les contre-révolutions. Nous affrontons une “guerre silencieuse” conduite contre nous par des acteurs politiques alliés à des acteurs économiques, locaux et internationaux, qui, ayant constaté le très grave état de santé du commandant Chavez entre décembre 2012 et mars 2013, ont décidé de s’attaquer à des points sensibles de l’économie vénézuélienne. Il faut dire aussi qu’ils ont été encouragés par nos propres erreurs en matière de contrôle des changes ; erreurs que nous avons corrigées depuis. Ces forces anti-bolivariennes s’en sont pris avec succès aux rouages de notre système d’approvisionnement de produits importés. Ce qui a causé les pénuries...

Il faut dire aussi que le pouvoir d’achat des Vénézuéliens n’a cessé d’augmenter. Songez que le taux de chômage est d’à peine 6%, et que le salaire minimum urbain est le plus élevé d’Amérique latine. Un autre aspect crucial, récemment souligné par la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture], c’est que nous sommes le pays au monde qui combat le plus efficacement la faim. Tout cela a créé, chez nos compatriotes, des possibilités de consommation inconnues jusqu’à présent. La consommation croît de 10% par an... Soit à un rythme supérieur à la capacité de production du pays et à la capacité des organismes d’Etat chargés des importations.

La dernière fois que j’ai parlé personnellement avec le commandant Chavez, le 22 février 2013, lorsque nous avons évalué la situation économique et évoqué les pénuries, il m’a dit : “Ils ont déclenché une guerre économique en profitant de ma maladie ; ils misent sur une nouvelle élection présidentielle. Dans cette perspective, la bourgeoisie va créer toutes sortes de désordres économiques pour ensuite, avec l’appui impérial, tenter de donner un coup de griffe à la révolution bolivarienne.”

Mais nous sommes en train de sortir de cette difficile période. Le peuple du Venezuela n’a jamais manqué de nourriture. Jamais. Vous pouvez aller dans n’importe quel quartier populaire, comme ceux que j’ai connus dans les années 1980 où les enfants étaient faméliques et où les gens mangeaient parfois de la nourriture pour chiens... Allez dans le quartier le plus humble du pays, entrez chez qui vous voudrez, ouvrez le garde-manger et vous y trouverez de la viande, du riz, de l’huile, du lait... Nous garantissons au peuple la nourriture. Il n’en a jamais manqué dans les pires moments de la “guerre économique” qui a été conduite contre nous.
C’est d’ailleurs pour cela que nous avons une stabilité sociale et politique. Cette guerre est très différente des sabotages d’il y a une décennie. A l’époque, en 2002-2003, le “patron des patrons”, Carmona Estanga, n’hésitait pas à réclamer en public, devant les médias, un boycottage général. Et le chef de la vieille bureaucratie syndicale, Carlos Ortega, faisait de même en proclamant la grêve générale. Ils s’affichaient sans la moindre gêne ; assumaient le sabotage de l’économie. Et ils avaient réussi à provoquer de très graves pénuries qui ont failli conduire le pays à l’exposion sociale. Maintenant, non. C’est la “guerre silencieuse’”, la “guerre molle’” selon les consignes de Washington. En 2002-2003, les Etats-Unis étaient gouvernés par George W. Bush. Il était brutal. Il disait : “Je vais envahir !”, et il envahissait ; “Nous allons renverser tel gouvernement !”, et il le renversait.

Maintenant, c’est le “soft”, le mou, le dissimulé. Nous avons affaire à une droite fascistoïde mais qui est tout sourire et qui déclare : “Ce gouvernement est nul parce qu’il ne peut résoudre les pénuries.” Alors que ce sont eux qui organisent ces pénuries. Ils ont tout un plan, avec l’aide d’agents économiques internationaux, pour nuire à notre pays. Mais nous sommes en train de surmonter cette épreuve, et nous nous vaccinons. La prochaine fois, ils ne pourront plus ultiliser contre nous ces mêmes mécanismes.

Dans le champ de l’économie vénézuélienne, quelle place pour le secteur privé ?

Nicolás Maduro : Historiquement, le secteur privé au Venezuela s’est peu développé. Nous n’avons jamais eu une véritable bourgeoisie nationale. Le secteur privé, pour l’essentiel, est apparu avec la découverte et l’exploitation du pétrole au début du XXe siècle, mais plutôt comme un facteur lié à l’appropriation de la rente pétrolière. Presque toutes les grandes fortunes de la bourgeoisie vénézuélienne sont liées à la manipulation du dollar, soit pour importer des produits (la bourgeoisie commerciale ou compradore), soit pour s’approprier une part de la rente et placer les capitaux dans de grandes banques à l’étranger. Nous n’avons pas eu une bourgeoisie productive comme le Brésil ou l’Argentine, par exemple. Ce n’est que maintenant, depuis 1999, que nous voyons surgir un secteur privé désireux de participer à l’essor de la production industrielle ou agro-industrielle dans notre pays.

Pour le modèle socialiste vénézuélien, le secteur privé a un rôle à jouer dans la diversification de notre économie. Depuis toujours, le commandant Chavez a favorisé les relations avec le secteur privé. Aussi bien dans la petite que dans la moyenne ou la grande entreprise. Il a favorisé la création d’entreprises mixtes (Etat-privé), et les investissements de capitaux privés internationaux. Au Venezuela, nous avons mis au point toute une réflexion économique pour déterminer dans quels secteurs encourager les investissements étrangers. Quels capitaux nous voulons et dans quelles conditions ils peuvent investir chez nous. Un exemple : bien que notre pétrole soit nationalisé, il existe diverses modalités permettant des investissements étrangers dans la Ceinture pétrolifère de l’Orénoque ; on y trouve des entreprises du monde entier dans le cadre, toujours, de sociétés mixtes : 40% de capital international, 60% vénézuélien. Ces investisseurs paient les royalties (avant ceux-ci n’étaient que de 1%, désormais ils s’élèvent à 33%). Le Venezuela offre toutes les garanties constitutionnelles pour accueillir des capitaux internationaux privés.

Allez-vous maintenir le contrôle des changes ?

Nicolás Maduro : Le contrôle des changes fonctionne avec succès. En février dernier, pour nous défendre contre une attaque spéculative brutale qui visait notre économie et notre monnaie, nous avons dû corriger le taux de change du bolivar [3]. Le Venezuela va donc garder le contrôle des changes, mais nous souhaitons le perfectionner. Nous devons renforcer notre monnaie, la prémunir contre des attaques spéculatives et améliorer notre système de gestion des devises convertibles.

Vous m’avez parlé d’“efficience socialiste”. Quels progrès avez-vous constaté au cours de ces cent jours en matière d’“efficience”, notamment dans le champ économique ?

Nicolás Maduro : En premier lieu, une notable amélioration du système de la Cadivi [Commission de l’administration des devises], l’organisme qui gère le contrôle des changes au Venezuela. Réellement, la Cadivi a beaucoup perfectionné les contrôles préalables, les contrôles postérieurs et l’attribution des devises nécessaires aux divers agents économiques. Une autre avancée importante : la création du Sicad [Système complémentaire de l’administration des devises], un mécanisme de mise aux enchères qui fonctionne parfaitement et auquel le public en général a désormais accès. N’importe qui peut s’adresser au Sicad pour obtenir des devises, sans avoir à passer au préalable par une quelconque administration. Ce sont des progrès concrets.
Nous avons également constitué un état-major pour diriger l’économie ; il est présidé par Nelson Merentes, le vice-président chargé des finances. En font partie tous les ministres des champs économiques. Chaque ministre doit superviser, soutenir et piloter un secteur de production. Nous avons déterminé 58 secteurs de production principaux au Venezuela. Il s’agit d’un suivi permanent - il pourrait être quotidien, pour l’instant il n’est qu’hebdomadaire – avec un engagement personnel du ministre responsable du secteur, sur l’avancée de la production de tel ou tel produit, quels investissemnts sont nécessaires, quels obstacles en empêchent la commercialisation, etc. C’est un mécanisme fondamental pour bien piloter l’économie. Or bien gouverner l’économie est au moins aussi important que gouverner la politique. Surtout si nous nous proposons de construire le socialisme.

Le capitalisme est le règne de l’anarchie. Et quand l’anarchie domine le champ économique c’est le plus fort qui l’emporte, c’est-à-dire le capital financier. Aujourd’hui, par exemple, qui gouverne réellement l’Europe ? Le capitalisme financier. Au sein de l’Union européenne, les marchés financiers sont en train de démanteler l’Etat-providence construit après la Seconde guerre mondiale. Au Venezuela non. Nous renforçons notre gouvernement économique pour édifier le socialisme. A quoi doit servir l’économie ? A garantir aux citoyens l’accès à des soins de santé, à l’école gratuite, à l’alimentation, au logement... Et à qui devons-nous cette conscience de droits universels ? A la Révolution française et aux Lumières qui sont parvenues jusqu’à nous, adaptées au métissage latino-américain, grâce à Simon Rodriguez et à Bolivar. Cela fait partie du plus important patrimoine de l’humanité. Même si le capital financier l’ignore radicalement.

Durant ces cent jours de gouvernement, nous avons le sentiment que la crise la plus grave qu’a connue le Venezuela, en matière de politique extérieure, s’est produite avec la Colombie. Où en sont les relations avec Bogota ?

Nicolás Maduro : Au cours de ces cent jours, nous sommes parvenus à consolider l’axe central de nos relations stratégiques en vue de la construction d’une nouvelle géopolitique régionale et d’un nouveau bloc de forces pour garantir la nouvelle indépendance de l’Amérique latine. Le différend avec la Colombie a été abordé, évidemment, par la voie du dialogue. Nous avons tracé les lignes de conduite pour le surmonter. J’ai confiance en la parole du président [colombien] Juan Manuel Santos, et j’espère que les objectfs fixés lors de nos entretiens seront atteints. Je souhaite que nous ayons une relation de coexistence pacifique et positive entre deux modèles : un modèle socialiste, de révolution chrétienne du XXIe siècle, égalitaire et démocratique comme le nôtre ; et un autre modèle, que je n’ai pas à qualifier ici, mais qui est différent du vénézuélien. Nous sommes obligés de coexister comme des frères siamois. Nous avons d’ailleurs démontré par le passé que nous pouvons coexister, et j’espère que les secteurs politiques et économiques dominants en Colombie ainsi que le président Santos, chef de l’Etat, comprennent que la coexistence et le respect sont indispensables au développement de nos deux pays.

Que pouvez-vous nous dire sur les relations avec Washington ?

Nicolás Maduro : Je voudrais rappeler, d’abord, que Barack Obama est un président “occasionnel”. C’est une sorte de recours dû aux circonstances, choisi par les élites qui gouvernent de fait les Etats-Unis. Pourquoi Obama devient-il président ? Parce que son profil répondait aux intérêts du complexe industrialo-militaro-financier et communicationnel qui dirige les Etats-Unis dans un but de domination impériale. Tous ceux qui connaissent en profondeur l’histoire de la fondation de ce pays et de son expansionnisme savent que les Etats-Unis sont le plus grand empire qui ait jamais existé, et qu’ils n’ont pas abandonné leur projet de dominer le monde. Les élites américaines ont choisi Obama en fonction de leurs propres intérêts. Et elles ont obtenu, en partie, leur objectif : faire en sorte que leur pays, isolé et détesté à l’époque de George W. Bush, redevienne, grâce à Obama, une puissance influente. Regardez, par exemple, l’Europe, soumise comme jamais auparavant aux diktats de Washington.

A cet égard, ce qui est arrivé au président Evo Morales lorsque quatre Etats européens lui ont interdit leur espace aérien, est une très grave démonstration de la manière dont Washington domine les gouvernements européens. C’est vraiment révoltant et fort déconcertant. J’ignore si les peuples d’Europe sont au courant parce que, avec toutes les manipulations médiatiques, ces informations sont souvent marginalisées [4]. C’est très grave. Obama a réussi à redonner une influence politique à l’empire américain.

Je pense que les Etats-Unis se préparent à franchir une nouvelle étape en matière de domination politique et économique. Vis-à-vis de l’Amérique latine, leur objectif est de renverser les expériences progressistes qui s’y déroulent pour reconstruire leur “arrière-cour”. C’est dans un tel but qu’ils ont repris, avec un autre nom, l’idée de l’ALCA [Zone de libre-échange des Amériques]. Observez que c’est sous le mandat d’Obama qu’il y a eu : un coup d’Etat au Honduras dirigé par le Pentagone [en 2009] [5] ; une tentative de coup d’Etat contre [le président de l’Equateur] Rafael Correa, téléguidé par la CIA [en 2010] [6] ; un coup d’Etat au Paraguay contre le président Fernando Lugo [en 2012]... Que nul ne se laisse berner, si les Etats-Unis estimaient que les conditions redevenaient favorables, ils reviendraient remplir d’obscurité et de mort l’Amérique latine.

C’est pour cela que la relation de l’Administration Obama avec nous est schizophrénique. Ils pensent pouvoir nous tromper avec leur “diplomatie douce” ; et que nous allons accepter leur “baiser de la mort”. Nous leur avons dit très clairement : “Vous là-bas avec votre projet impérialiste” ; “Nous ici avec notre projet de libération.” La seule façon d’établir des relations stables et permanentes c’est qu’ils nous respectent. C’est pour cela que je dis : “Tolérance zéro à l’égard de l’irrespect yanquee et de leurs élites.” Plus jamais nous ne l’accepterons. S’ils continuent de nous agresser, nous répondrons encore plus fort.

Lors du récent Sommet de l’ALBA, vous avez proposé une sorte d’alliance ALBA-Mercosur-Petrocaribe. Est-ce une réponse à l’Alliance du Pacifique ? [7]

Nicolás Maduro : Non. C’est une nécessité historique. Il nous faut consolider les espaces économiques existants. Le Mercosur a connu une métamorphose très positive, et maintenant, avec l’incorporation du Venezuela, la prochaine arrivée de la Bolivie et la possible adhésion de l’Equateur, le Mercosur va occuper une place centrale en Amérique du Sud.
De son côté, Petrocaribe est une réalité merveilleuse qui a permis la stabilité énergétique, économique, financière et sociale de dis-huit pays des Caraïbes. Quant à l’ALBA, c’est une avant-garde où nous avons fait des tentatives économiques comme le SUCRE [Système unique de compensation régionale], une unité d’échange latino-américaine, ou la Banque de l’ALBA et d’autres essais, comme les “entreprises grand-nationales [8]” qui n’ont cessé de se développer.

Je pense que le moment est venu de rapprocher tous ces espaces déjà constitués pour définir un nouveau modèle économique. L’heure est arrivée d’unir cet immense espace Mercosur-Alba-Petrocaribe qui représente, je répète, presque la quatrième économie du monde. Il faut en faire un espace économique à nous et pas une zone de libre-échange illusoire. Car je considère que le libre-échange est une tromperie. Pensez-vous que, sur les mers, un requin et une sardine vont échanger librement ? Impossible. Le requin mangera toujours la sardine... Le libre-échange c’est revenir au vieux système des origines de la colonisation il y a 500 ans, quand on échangeait des petits miroirs contre des pépites d’or.
Nous devons consolider une zone économique complémentaire et diverse, avec ses propres mécanismes financiers et monétaires, pour devenir un puissant bloc économique sud-américain. Et, sur cette base, établir des relations commerciales et économiques avec la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud ; redéfinir nos relations avec l’Union européenne et les Etats-Unis. Pour qu’on ne nous fasse plus jouer le rôle de colonie.

Comment voyez-vous les relations avec l’Union européenne ?

Nicolás Maduro : L’Union européenne a raté l’occasion de devenir une grande puissance d’équilibre du monde. Tous les peuples de la planète espéraient que l’Union européenne s’érige en force d’équilibre du monde. Mais il semble que non. Il semble que le capital financier et les vieux réflexes colonialistes des élites qui ont dirigé l’Europe pendant 300 ans, sont en train de s’imposer et de réduire au silence les aspirations démocratiques de leurs propres citoyens.
Qu’attendons-nous de l’Union européenne ? Qu’elle change de politique. Qu’elle cesse d’être à genoux devant Washington [9], qu’elle s’ouvre au monde et qu’elle regarde l’Amérique latine comme une grande opportunité pour rétablir l’Etat-providence, et qu’elle établisse avec nous des relations d’égalité, de prospérité et de croissance.
Tout naturellement, nous pouvons sceller une alliance entre l’Union européenne et l’Amérique latine et la Caraïbe pour un développement conjoint. Nous y sommes prêts. Nous comprenons parfaitement la culture occidentale ; nous en faisons partie, même si nous avons nos propres particularités métisses. Mais je crois que les dirigeants européens ne nous comprennent pas. J’espère qu’on franchira cette étape.

Le président Chavez voulait faire du Venezuela un “pays puissance” dans un “monde multipolaire”. Est-ce que c’est toujours votre cap en matière de politique extérieure ?

Nicolás Maduro : Bien entendu. Chavez s’est non seulement appuyé sur Bolivar en tant que théoricien, inspirateur et symbole, mais il s’est inspiré de sa stratégie. Il a réussi à faire coexister dans le monde deux modèles : le capitaliste-néolibéral ; et le bolivarien-progressiste-socialiste. Partout aujourd’hui ces deux projets s’affrontent : celui du retour de l’hégémonie de l’impérialisme américain ; et celui du modèle d’un monde multipolaire.

Le commandant Chavez avait défini une stratégie fondée sur des axes de forces, des noyaux de forces et des anneaux de forces pour contrecarrer le monde dominé par l’impérialisme. Et surtout pour bâtir un nouveau système de relations internationales. L’humanité a besoin d’un autre cadre de relations internationales. Ou alors il faudrait se croiser les bras et accepter que l’Empire reconquière le monde, nous domine et nous exploite. Nous ne l’accepterons jamais.

 

(Entretien réalisé le 31 juillet 2013.)

Notes

[1] A Taguanes, le 31 juillet 1813, eut lieu l’une des principales batailles de la guerre d’Indépendance du Venezuela, remportée par le Libertador Simon Bolivar.

[2] Le 26 août dernier, le ministre vénézuélien de l’Intérieur, Miguel Rodríguez Torres, a annoncé l’arrestation de deux Colombiens soupçonnés de vouloir commettre un attentat contre le président Nicolas Maduro. Ils feraient partie, selon le ministre, d’une bande de dix personnes liées au mercenariat et au trafic de drogue en Colombie. Leurs noms : Víctor Johan Gueche Mosquera, 22 ans, et Erick Leonardo Huertas Ríos, 18 ans. Le ministre a précisé que, lors de leur arrestation, Huertas et Gueche, étaient en possession de fusils dotés de viseurs laser, d’uniformes de l’armée vénézuélienne ainsi que de photos du président Nicolás Maduro, et du président de l’Assemblée Nationale, Diosdado Cabello.

[3] Le 8 février 2013, alors que le président Hugo Chavez était malade, le gouvernement a dévalué le bolivar de 32 %, faisant passer le dollar de 4,3 à 6,3 bolivars.

[4] Lire Evo Morales, « Moi, président de la Bolivie séquestré en Europe », Le Monde diplomatique, Paris, août 2013.

[5] Lire Christophe Ventura, Entretien avec Manuel Zelaya, « La résistance est la voie pour restaurer la démocratie. », Mémoire des luttes, septembre 2010.
http://www.medelu.org/La-resistance-est-la-voie-pour

[6] Lire Ignacio Ramonet, Entretien avec Rafael Correa, « J’ai demandé une arme pour me défendre », Mémoire des luttes, janvier 2011.
http://www.medelu.org/J-ai-demande-une-arme-pour-me

[7] Lire Christophe Ventura, « Washington se relance dans le nouveau jeu latino-américain », Mémoire des luttes, mai 2013.
http://www.medelu.org/Washington-se-relance-dans-le

[8] Par allusion à la « grande nation » latino-américaine. Il s’agit d’entreprises dont les capitaux procèdent de plusieurs pays latino-américains et dont l’objectif est de renforcer l’intégration économique de l’Amérique latine.

[9] Lire Bernard Cassen, « L’Amérique latine et l’Europe : l’émancipation et la capitulation », Mémoire des luttes, janvier 2013.
http://www.medelu.org/L-Amerique-latine-et-l-Europe-l





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