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Chronique - octobre 2009

En Amérique latine, une intégration politique

Par Bernard Cassen  |  5 octobre 2009     →    Version imprimable de cet article Imprimer

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Le mot qui revient en permanence dans le débat politique en Amérique latine est celui d’intégration. Et le modèle qui a longtemps servi de référence est celui de la construction européenne. Dès 1960, soit deux ans après la naissance de la Communauté économique européenne (CEE), était créé le Mercado comun centroamericano (MCCA), suivi, en 1961, de l’Asociacion Latinoamericana de Libre Comercio (ALALC), precursora de la ALADI (Asociacion Latinoamericana de Integracion (1980). Puis les structures se sont multipliées : CARICOM (ex CARIFTA) pour les Caraïbes (1973), Pacto Andino devenu Comunidad Andina de Naciones (1977), el Mercado Comun del Sur (MERCOSUR) créé par le traité d’Asuncion de 1991. Toutes ces institutions reposaient sur un principe emprunté à la CEE, devenue Union européenne (UE) en 1993 : le développement de chacun des Etats membres passe par la création de marchés régionaux fondés sur les règles du libre-échange et sans mécanismes de régulation politique.

Sauf pour le MERCOSUR, cette approche n’a donné, dans le meilleur des cas, que des résultats dérisoires, et cela pour une raison évidente : les échanges intra-zone ne représentent qu’une fraction minime du commerce extérieur des pays concernés, le gros de leurs exportations et de leurs importations se faisant avec les Etats-Unis. Ces derniers n’entendent aucunement renoncer à leur hégémonie régionale, et utilisent tous les moyens, en particulier les traités bilatéraux, pour la préserver. Face à eux, et jusqu’à une date récente, ils avaient des Etats d’un très faible poids politique, et dont la plupart des élites ont leur tête et leurs comptes en banque à Miami.

L’objectif de Washington était simple : créer une zone de libre-échange de l’Alaska à la Terre de Feu, c’est-à-dire recoloniser le reste de l’Hémisphère en créant des relations totalement asymétriques entre « le requin et les sardines », comme le disait Fidel Castro à propos de l’Organisation des Etats américains (OEA). Telle était la signification de l’ALCA ( Area de libre comercio de las Americas) lancée au Premier Sommet des Amériques en décembre 1994 à Miami et qui, sous l’impulsion de Hugo Chavez, allait être enterrée au Sommet de Mar del Plata en 2005. Entre temps, en janvier 1994, était entré en vigueur un mini-ALCA : le Tratado de libre comercio de America del Norte (TLCAN) réunissant les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Pour ce dernier pays, le bilan a été catastrophique, notamment pour son agriculture. C’est d’ailleurs ce bilan qui a constitué le meilleur argument contre l’ALCA.

Ces dernières années, c’est moins le commerce que la volonté politique qui a été le moteur de l’intégration latino-américaine. L’Alliance bolivarienne des peuples d’Amérique (ALBA), née en 2004, regroupe, sur des bases rompant avec les dogmes néolibéraux du FMI et de l’OMC, neuf pays (Bolivie, Cuba, Equateur, Honduras, Nicaragua, Venezuela et trois micro-Etats de la Caraïbe anglophone). L’Union des nations sud-américaines (UNASUR), créée en 2008, rassemble les douze pays d’Amérique du Sud en laissant les Etats-Unis à la porte. Lors du récent Sommet de Bariloche (Argentine), l’UNASUR a pris une position ferme contre l’installation de 7 bases militaires américaines en Colombie qui, tout comme la Quatrième flotte déployée dans l’Atlantique Sud, sont perçues comme une menace directe contre la souveraineté et les ressources naturelles du reste du sous-continent.

Par des voies diverses, mais convergentes, l’unité latino-américaine se fait dans le cadre d’une vision géopolitique d’autonomie vis-à-vis de Washington. Une leçon pour l’Europe…





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