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Chronique - février 2011

Haro sur les fonctionnaires en Europe

Par Bernard Cassen  |  1er février 2011     →    Version imprimable de cet article Imprimer

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C’est dans The Economist que l’on trouve exposées avec le plus de radicalité – et aussi de talent - les thèses ultra-libérales. On sait la grande influence de cet hebdomadaire britannique sur les décideurs politiques, et cela bien au-delà du monde anglo-saxon : ses préconisations se transforment souvent en feuille de route des gouvernements, en premier lieu en Europe. C’est pourquoi on doit prendre très au sérieux le titre en Une de son numéro daté du 8 janvier dernier [1] et le contenu du dossier ainsi annoncé : « La bataille qui est devant nous. Vers une confrontation avec les syndicats du secteur public ».

La thèse de The Economist est d’une simplicité biblique et peut se résumer en trois points : a) tous les Etats européens font face à des déficits publics abyssaux ; b) pour réduire les dépenses publiques, il faut couper dans les effectifs, les salaires et les systèmes de retraite des fonctionnaires ; c) à cette fin, les gouvernements mettront d’autant plus facilement l’opinion de leur côté qu’ils encouragement la dénonciation des « privilèges » des « nantis » du secteur public (notamment la stabilité de l’emploi) censés vivre aux crochets de l’ensemble des contribuables.

A aucun moment le dossier ne rappelle que les déficits publics sont en grande partie la conséquence des aides colossales accordées par les Etats aux banques et aux autres responsables de la crise actuelle. Ni non plus que ces déficits ont été creusés par les cadeaux fiscaux faits aux riches. Il n’est pas davantage précisé que, en échange de leur rémunération, les fonctionnaires rendent des services indispensables au bon fonctionnement de la société. En particulier les enseignants qui sont particulièrement attaqués dans ce dossier. Il faut que le journaliste qui a écrit un des articles soit totalement ignorant de leurs conditions de travail pour oser écrire que « soixante-cinq ans devrait être l’âge minimum de la retraite pour des gens qui passent leur vie dans des salles de classe ».

The Economist se félicite que plusieurs gouvernements européens - dont deux dirigés par des « socialistes », ceux de la Grèce et de l’Espagne - aient déjà baissé les salaires de leurs fonctionnaires et que, dans toute l’Union européenne, des « réformes » - il serait plus juste de parler de contre-réformes - des systèmes de retraite soient réalisées ou en cours.

Les libéraux sont par principe hostiles aux fonctionnaires et aux autres salariés du secteur public. D’une côté, parce qu’ils privent le secteur privé de nouveaux espaces de profit ; d’un autre côté, parce que, protégés par leur statut, ils peuvent être plus combatifs que leurs camarades du privé, au point de faire parfois des grèves « par procuration » pour l’ensemble des salariés. C’est cette solidarité que les gouvernements veulent à tout prix casser afin de réduire la capacité de résistance des populations aux mesures d’austérité mises en place partout en Europe. Les déficits publics constituent ainsi un prétexte inespéré pour modifier les rapports de force sociaux au détriment du travail.

Défendre les services publics c’est défendre le seul patrimoine dont disposent les catégories les plus pauvres de la population. L’enjeu de la chasse aux fonctionnaires et à leurs syndicats à laquelle appelle The Economist n’est pas, ou très peu, financier. Il est politique et civilisationnel.

Notes

[1] « The battle ahead. Confronting the public-sector unions »





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