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Jaume Cabré, Confiteor

Par Ramón Chao  |  13 octobre 2013     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Traduit du catalan par Edmond Raillard

Editions Actes Sud, Arles, 2013, 770 pages, 26 €.

 

Avant de partir définitivement en maison de repos, Adrià Ardevol, professeur sexagénaire atteint de la maladie d’Alzheimer, offre à son meilleur ami le manuscrit relatant les souvenirs de sa vie. Par l’intransigeance de son père, autrefois séminariste, et de sa mère, qui lui impose la pratique du violon, Adrià Ardevol doit devenir un grand virtuose, sans se soucier si cela fait son bonheur ou non.

Le titre du roman nous renvoie à une prière liturgique qui signifie « j’avoue, je confesse ». Il faut savoir que le personnage d’Adrià est athée, comme l’a voulu son père après avoir quitté les ordres ; donc, il ne demande pas pardon à Dieu, mais à Sara, la femme de sa vie : indulgence pour les péchés de sa famille, pour ceux de ces ancêtres, pour ces coups du sort qui ont fissuré leur vie ensemble ou séparés…

C’est un bouquin de 770 pages très difficiles à lire, de style décousu, qui fait passer le lecteur d’une histoire à une autre sans transition aucune – parfois dans la même phrase au seul détour d’une virgule –, capable de nous faire sauter de siècles sans un signe de ponctuation. A travers ces embuches, Adrià réussit à déployer l’histoire européenne de l’Inquisition à la Seconde guerre mondiale, des monastères d’Europe au camp de Birkenau, des bois mythiques des pays cathares aux luthiers de Crémone, des ramblas de Barcelone aux via de Rome, revenant toujours aux racines du mal qui la hantent.

J’ai dû relire les premières lignes pour être sûr qu’il ne s’agissait par d’erreurs typographiques. Non ; c’était bien un style voulu. Je me suis plié alors au jeu aléatoire où aucune chronologie n’est valable, de même que la syntaxe, qui essaye de suivre le fil de sa pensée. Je finis par comprend que Adriá écrit cette autobiographie alors que la maladie commence déjà à ronger ses cellules. Cette trouvaille inattendue, qui n’est ni maladroite, ni vraiment gênante, juste incroyable et novatrice, nous enfonce encore plus dans les souvenirs d’Adrià, dans ses méandres, ses délires, et l’histoire. On remercie Edmond Raillard pour sa traduction, réussie grâce à ses connaissances linguistiques certes, mais aussi de l’esprit catalan.

Ramon Chao





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