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L’Europe contemporaine au vitriol

Par Ramón Chao  |  1er mars 2013     →    Version imprimable de cet article Imprimer

LA GRANDE EMBROUILLE
EDUARDO MENDOZA
(traduit par François Maspero)
Seuil, Paris, 2013
256 pages, 21 euros

Eduardo Mendoza (Barcelone, 1943) est considéré, par de nombreux lecteurs, comme l’un des meilleurs écrivains espagnols contemporains. Ils n’ont pas tort. La preuve : cette Grande Embrouille. On y trouve son habituelle prose satirique et son écriture émaillée de culture et d’archaïsmes qui confèrent à ses romans ce charme si discret et si désuet. 
Autre caractéristique de son style : l’emploi d’un langage sérieux et distancé pour décrire les situations les plus abracadabrantesques. Ce qui fait de La Grande embrouille une hilarante parodie de la « série noire », truffée de personnages surréalistes et de situations cocasses.

Voici, par exemple, comment démarre ce roman : « On a sonné. J’ai ouvert. Je n’aurais jamais dû. Sur le palier, un fonctionnaire de la poste, le regard impavide et l’attitude farouche acquise au cours de longues années de dressage féroce sous la férule de petits chefs sans états d’âme, brandissait une lettre recommandée, libellée à mon nom et à mon adresse ».

Après cette entame énigmatique, le héros anonyme des précédents romans de Mendoza – Le Mystère de la crypte ensorcelée, Le Labyrinthe aux olives et L’Artiste des dames – reprend le rôle du détective loufoque déjà présent dans les titres cités, et dont celui-ci est en quelque sorte la suite. Mendoza lui-même rassure toutefois le lecteur en lui garantissant de pouvoir aborder les présentes aventures sans le besoin connaître les précédentes. Il précise à peine que son anti-héros « a été jadis enfermé – injustement –, même si la question n’est pas là, dans un centre pour délinquants souffrant de troubles mentaux ».

On est immédiatement immergé dans le suspense : contre sa volonté, au seul motif de l’amitié, et sans un euro en poche, le personnage principal est projeté dans la peau d’un flic improbable de la Barcelone d’aujourd’hui. Dans un hôpital psychiatrique, il avait partagé sa cellule avec le « Beau Rómulo » qui lui avait proposé un coup faramineux : empêcher une action terroriste avant que les services de sécurité de l’Etat n’interviennent. Son refus et l’étrange disparition de Rómulo le placent donc en première ligne d’une histoire aux répercussions internationales. Rien de moins qu’empêcher un attentat contre la chancelière allemande Angela Merkel...

Il ne sera pas seul dans cette périlleuse mission. On y retrouve aussi une bande sui generis composée de « Quesito », adorable adolescente ; de « Pollo Morgan », qui vient de s’élever au rang de statue vivante à Las Ramblas ; de la « Moski », une Russe ancienne militante des Jeunesses staliniennes, venue en Espagne après la chute de Mur à la recherche de révolutionnaires authentiques, mais qui gagne sa vie dans les bistrots en malmenant un accordéon. Et, comme il leur faut un moyen de transport, cette Moski engagera Mahlenik, un livreur de pizzas et sa camionnette.

Tout ce beau monde se réunit chez Monsieur Armengol, propriétaire du restaurant On sert du chien, où, en plus de ce plat exquis, les clients les plus affamés peuvent déguster, à la carte : « Une carotte – ou – Rien – ou – Une banane (min. deux personnes) ».

Reprenant la grande tradition du roman picaresque espagnol, Eduardo Mendoza manie la satire comme un bâton de dynamite et passe l’Europe contemporaine – celle de l’austérité, du chômage massif et des coupes budgétaires –, au crible du ridicule. Une satire au vitriol de l’Union européenne en crise, avec les changements dans les rapports sociaux, familiaux et de travail, le monde inique des affaires, de la corruption, de la finance et de la politique. Il offre ainsi au lecteur un roman désopilant et d’une impitoyable lucidité.





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