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« L’équipe de choc de la CIA »
par Hernando Calvo Ospina

Par Estelle Leroy Debiasi  |  3 décembre 2009     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Tout a commencé en 1954 avec l’idée de renverser par un coup d’Etat le premier président élu démocratiquement au Guatemala, dont les réformes ne plaisaient pas à United Fruit Company. Ce fut les prémices de la formation de l’Equipe de choc de la CIA. « Le groupe d’agents en actions clandestines et terroristes le plus efficace et le plus loyal produit par la CIA » explique Hernando Calvo Ospina, auteur de ce livre  [1]. Une équipe qui allait prendre forme lors de l’offensive contre la révolution cubaine,ou Projet Cuba, plus connue comme l’opération de la Baie des cochons qui aura lieu en avril 1961.Ce qui explique que ce groupe fut largement constitué de membres d’origine cubaine.

Cuba mais aussi Angola, Congo, Chili, Nicaragua, Argentine, Watergate, Irangate, Contragate… tel est son palmarès. Son action s’est faite aussi sentir plus ou moins directement sur le sol européen, en France, en Italie… Après l’échec de la Baie des cochons, un changement de stratégie fut imposé par Kennedy, localiser l’ennemi interne et mener des actions de contre-insurrection était devenu « un axe de la politique de sécurité pour la région ».

C’est un voyage passionnant dans l’espace et le temps qu’Hernando Calvo Ospina propose au fil des opérations menées par cette équipe "créée et dirigée pour effectuer les pires actions de la politique extérieure étasunienne". Et voilà qu’on assiste à une vraie épidémie de coups d’Etat en Amérique du sud dès 63, à commencer par renversement du président Jao Goular en 1964… en passant par l’intense opération de propagande menée au Chili - dès 1961- pour empêcher Allende d’arriver au pouvoir, ce à quoi il parviendra en 1971.

Cette équipe a mené l’opération de désinformation et de sabotage économique la plus perfectionnée connue jusqu’alors. Suivra la mise en place du sinistre Plan Condor. « S’appuyant sur cette équipe, la CIA assuma la fonction de coordination de toutes les activités contre-insurectionnelles en Amérique Latine ». Désinformer, déstabiliser, renverser…et imposer un nouveau régime. Un schéma bien rodé.En parallèle ce fut l’Afrique mais aussi le Watergate... En 1972, quatre des plombiers du Watergate étaient d’ex membre du projet Cuba.

On retrouve aussi des personnages récurrents qui jalonnent ces tranches d’histoire peu glorieuse. Tel George Bush qui apparaît dans la mouvance de cette équipe bien avant ses fonctions officielles en janvier 1976. Mais aussi Posada Carriles, au lourd passé, reconnu terroriste que Bush fils finira par libérer. Ou encore Orlando Bosch Avila qui sera également libéré par Bush père cette fois, malgré l’opposition du FBI. Tous deux ont été membres du Coru (commando des organisations révolutionaires unies), groupement actif pendant Condor, ayant participé à plus de trente actions terroristes, et tous deux sont les principaux responsables de l’attentat contre la Cubana Aviacion.

On retrouve aussi des personnages qui ont accédé à des fonctions officielles de haut vol comme Frank Carlucci, conseiller de la dictature brésilienne, membre du gouvernement Reagan, chargé en tant qu’ambassadeur au Portugal de freiner la Révolution des Œillets, ou John Negroponte, ambassadeur eu Nigaragua, instigateur des Contras, qui sera nommé par Bush fils en Irak avant de devenir le conseiller de Hilary Clinton.

Ce livre précis et documenté est étayé par les documents issus notamment des différentes Commission Church ou Kerry, ou les documents déclassifiés par la CIA en juin 2007, baptisés Family Jewels (bijoux de famille). Mais surtout comme le souligne l’auteur, ce groupe formé à mener les actions douteuses de la politique extérieure étasunienne n’est pas un vestige d’un lointain passé. Plusieurs de ses membres sont encore à des postes clefs. Nombreux sont ceux ont joui d’une réelle impunité notamment durant l’ère Bush, alors que plusieurs membres de l’Equipe de choc gravitaient dans le premier cercle du pouvoir.

Estelle Leroy Debiasi pour El Correo, le 2 décembre 2009

P.-S.

Hernando Calvo Ospina, journaliste et écrivain colombien, résidant en France, collaborateur du Monde Diplomatique, auteur notamment de « Colombie, Derrière le rideau de fumée ».

Notes

[1] « L’équipe de choc de la CIA » par Hernando Calvo Ospina, aux éditions Le Temps des Cerises, 180 pages, 14 euros.





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