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La Révolution bolivarienne : respect de la loi et de la démocratie

Par Adolfo Pérez Esquivel  |  4 avril 2014     →    Version imprimable de cet article Imprimer

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C’est faire preuve d’une sidérante mauvaise foi ou d’une ignorance crasse que de parler de « dictature » dans un pays comme le Venezuela où, depuis 1998, les partisans de la Révolution bolivarienne ont remporté 17 élections sur 18 dans des conditions de transparence et de sincérité reconnues par tous les observateurs internationaux. Et où la Constitution permet aux citoyens de révoquer à mi-mandat leurs élus, en premier lieu le président de la République. Cette possibilité n’est pas seulement théorique. En 2004, l’opposition l’avait mise en œuvre contre le président Chavez qui remporta haut la main le référendum.

Dans la contribution qui suit, Adolfo Pérez Esquivel dénonce le terrorisme médiatique orchestré par Washington et la droite latino-américaine pour tenter de déstabiliser le gouvernement de Nicolas Maduro, comme elle l’avait fait contre ceux de Hugo Chavez. Le Prix Nobel de la paix argentin rappelle que la Révolution bolivarienne est une révolution dans la rue et dans les urnes, et qu’elle continuera à l’être. C’est, écrit-il, « ce qui la rend si dangereuse pour certains et si nécessaire pour d’autres ».

Le Venezuela est actuellement menacé par des tentatives de coup d’Etat venant de la droite latino-américaine et du gouvernement des États-Unis, ce qui n’est en soi pas nouveau et qui ne peut faire l’ombre d’un doute. Tous les pays d’Amérique latine, via la Communauté d’Etats d’Amérique latine et de la Caraïbe (Celac), l’Union des nations sud-américaines (Unasur), le Mercosur et l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (Alba), ont fait des déclarations communes reconnaissant la tentative de déstabilisation de la démocratie vénézuélienne et exprimant leur solidarité, ainsi que la nécessité d’un dialogue.

La solidarité avec le peuple vénézuélien et son gouvernement est un grand défi pour toute notre Amérique. L’intensité de la violence sans limite, qui a provoqué morts, blessures et dommages matériels, est à la fois préoccupante et douloureuse.

L’ancien président Hugo Chavez a remporté ses dernières élections avec une marge de plus de 10%. Comme il n’a malheureusement pas pu assumer sa charge jusqu’au bout, de nouvelles élections ont été organisées sous l’égide d’observateurs internationaux, levant tout doute quant à la légitimité du nouveau président. Nicolas Maduro a gagné, le projet bolivarien initié par Chavez a ainsi une nouvelle fois gagné, parce que la majorité des Vénézuéliens comprend que le pays s’est amélioré et est devenu plus égalitaire.

En effet, c’est grâce à ce processus que le Venezuela a pu, pour la première fois de son histoire, être maître de ses propres ressources pétrolières et les mettre au service du peuple, du continent, et même des États-Unis lorsqu’ils furent dévastés par l’ouragan Katrina. Pendant la dernière décennie, le gouvernement a augmenté les dépenses sociales de plus de 60,6%, et le Venezuela est aujourd’hui le pays présentant le niveau d’inégalité le plus bas de la région après l’avoir réduit de 54% et avoir diminué la pauvreté de 44%. Sur le plan de l’éducation, le Venezuela se trouve à la seconde place en Amérique latine, et à la cinquième place à l’échelle mondiale, avec proportionnellement le plus grand nombre d’étudiants. Plus de 13 721 cliniques ont été créées dans des quartiers auparavant délaissés par l’État, et le système de santé publique comptabilise près de 95 000 médecins. Enfin, entre autres réussites, plus de 500 000 logements ont été construits, le pays s’est doté d’une véritable politique publique de formation à la pratique sportive.

Cependant, certains secteurs de l’opposition (pas tous) aux intentions putschistes ne se résignent pas à leur défaite électorale et tentent d’obtenir, en utilisant la violence, ce qu’ils n’ont pas pu atteindre avec des élections libres. Ainsi le président Nicolas Maduro, depuis le début de son mandat il y a dix mois, a été confronté en permanence à des actions de déstabilisation visant à le destituer.

La violence et les attaques à l’encontre du Venezuela sont des attaques à l’encontre de tous les gouvernements démocratiques du continent. La situation vénézuélienne n’est pas un processus isolé : les tentatives de coup d’Etat progressent en tant que nouvelles méthodes en Amérique latine. Certains essais ont échoué, comme en Équateur, en Bolivie, en Argentine, et même au Venezuela en 2002, mais d’autres tentatives ont fonctionné, comme au Paraguay et au Honduras, où les États-Unis ont implanté de nouvelles bases militaires.

Les grandes multinationales de la communication comme CNN, Fox et celles venant d’Europe manipulent l’information et diffusent de la propagande de guerre au nom de la paix, et de haine au nom de la liberté. Leur but est de démontrer qu’elles sont déterminantes pour destituer n’importe quel président et de la sorte, elles espèrent ainsi recevoir de plus importantes aides du Département d’État nord-américain. Mais, nous, les Latino-américains, nous savons que ces opérateurs sont un acteur politique de plus, qu’ils défendent les intérêts privés et ceux des grandes puissances à l’aide de jeux de mensonges qui ont pour objectif de suspendre les consciences.

Nous devons donc apprendre de l’histoire, parce que le coup d’Etat qui a échoué en 2002 a été conduit de la même manière, et il est pour cette raison considéré comme le premier coup d’Etat médiatique de l’histoire. Ceci a été démontré dans le documentaire La révolution ne sera pas télévisée, que je vous recommande.

La paix, qui est une dynamique dans les relations entre les personnes et les peuples, ne s’offre pas, elle se conquiert par la vérité, la justice et le respect des droits de l’homme dans la construction démocratique.

D’un côté, il faut donc enquêter sur les meurtres d’étudiants commis par des personnes masquées afin que justice soit rendue aux victimes. De l’autre, il est nécessaire de soutenir le Plan de Paz y Convivencia Nacional (plan de paix et cohabitation nationale), lancé par le gouvernement, et soutenu par une importante marche populaire, qui cherche à la fois à construire une paix citoyenne et à lutter contre la criminalité en encourageant le désarmement de la population et des consciences.

Dans son discours, Nicolas Maduro s’est exprimé avec une grande clarté : « Celui qui portera un t-shirt rouge avec le visage de Chavez, sortira un pistolet et agressera un autre Vénézuélien, celui-ci n’est ni chaviste, ni révolutionnaire, et il ira lui aussi en prison. » On ne voit pas l’opposition faire la même chose.

En réalité, la campagne qui traite le Venezuela de dictature est honteuse, étant donné que ce pays est le premier État-nation de l’histoire à avoir instauré et appliqué le système du référendum révocatoire à la moitié du mandat présidentiel de manière à renforcer la démocratie. En effet, lorsqu’il a été organisé en 2004, Chavez a de nouveau gagné, de la même manière qu’il avait remporté treize autres élections depuis 1998.

Si un jour ce gouvernement vient à perdre des élections, il l’acceptera comme il l’a fait lors de sa seconde tentative pour réformer la constitution en 2007, mais jamais il ne baissera un seul de ses drapeaux, parce que les bolivariens continueront à travailler pour un Venezuela et une « Patria Grande » (Grande Patrie) meilleurs. La révolution bolivarienne, révolution des urnes et de la rue, a toujours vaincu en appliquant la loi et la démocratie, et elle continuera à le faire : c’est ce qui la rend si dangereuse pour certains et si nécessaire pour d’autres.

C’est pour cette raison que nous affirmons notre solidarité et notre soutien au peuple et au gouvernement vénézuéliens, pour la défense de leurs institutions démocratiques et des politiques sociales, économiques et culturelles qui ont été rendues possibles grâce à la participation populaire.

Buenos Aires, 22 février 2014.

Source : ALAI AMLATINA http://www.alainet.org/active/71543

Traduction : Aloïse Denis

Edition : Mémoire des luttes





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