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LES SIGNALEMENTS DE JACQUES PERVILLÉ, président du comité Attac 94 Nord

La corrida de Bruxelles

Par Jacques Pervillé  |  17 juillet 2015     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Le spectacle de la corrida de Bruxelles a mis en scène la mise à mort de la Grèce ; il nous a dévoilé la vraie nature de la construction européenne.
Témoignages et analyses de ce drame.

Quelle coopération européenne ?

1.- L’accord de Berlin (Jean-Marie Harribey)
http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2015/07/12/l’allemagne-n’allegera-pas-les-souffrances-de-la-grece-elle-a-interet-a-nous-briser/

2.- Sur la stratégie grecque : Yanis Varoufakis sur l’Eurogroupe et sur sa démission
http://blogs.mediapart.fr/blog/monica-m/140715/yanis-varoufakis-sur-leurogroupe-et-sur-sa-demission

3.- Article de Yanis Varoufakis, The Guardian, 10 juillet 2015 : « L’Allemagne n’allègera pas les souffrances de la Grèce : elle a intérêt à nous briser. »
http://www.theguardian.com/commentisfree/2015/jul/10/germany-greek-pain-debt-relief-grexit

 

Stratégie de confrontation en terrain hostile

4.- Ce que Tsipras aurait pu faire ou faire semblant...

Tsipras pouvait se tourner vers Moscou, dans un premier temps pour se donner de l’oxygène. Poutine avait déjà acté les livraisons de combustibles et la Grèce n’était plus sous embargo russe depuis janvier dernier.
Dans la foulée, Tsipras envoyait l’Otan se faire voir – la Grèce est dans l’OTAN depuis 1952 – et signait un pacte d’assistance mutuelle en cas d’agression caractérisée surtout pour parer à la menace d’un coup d’Etat militaire. Une sortie de l’euro, avec retour à la drachme pour une salutaire dévaluation, achevait le pré-processus. Sur six mois, le peuple grec retrouvait un peu d’oxygène

(...)

Nous sommes gouvernés par les financiers et leurs valets des gouvernements et des parlements.
Leurs crédo et leur serment sont le transfert des richesses du travail des peuples vers leurs comptes en banque.
Ils se foutent de la démocratie et sont sans pitié, ce sont nos ennemis à combattre.
Les peuples d’Europe viennent de perdre un combat et l’occasion de reprendre la main sur leur existence.

(...)

5.- Grèce : la défaite de la stratégie d’Alexis Tsipras (Sabine Laurent, Roland Lepaysan, René Moré)

La sortie de l’euro était une option impossible dans les conditions de dégradation de l’économie grecque. Reste que ce plan est inacceptable.
Tsipras peut-il rester en place pour l’appliquer ? Il me semble que non, sauf à faire le contraire de ce pourquoi il a été élu.
N’oublions pas la responsabilité qui nous incombe, à nous les forces progressistes européennes politiques, syndicales, associatives.

(...)

Va-t-on enfin revenir sur terre et à la réalité, mettre à la poubelle le fétichisme ’’Europe-euro" et sortir de cette construction faite exclusivement par et pour les dominants financiers, servis par une classe politique aux ordres (avec quelques exceptions !).
Sans les lois favorisant cette domination, elle serait beaucoup plus difficile. Et ce n’est pas l’UE qui va déconstruire ce qu’elle a fait, avec à sa tête le champion de l’arnaque fiscale.
Il y a eu grosse erreur, c’est fréquent, le pire est de le savoir et persévérer. Alors, autant prendre le taureau par les cornes : tout à la poubelle, changement radical de politique, ça va secouer un moment mais avec un possible avenir.

(...)

Il est évident, maintenant, qu’Attac France doit prendre position en faveur de la sortie de l’euro, de l’Europe oligarchique, lieu de domination capable d’humiliation contraire à l’altermondialisme et à l’internationalisation des peuples. On ne changera rien de l’intérieur. Il faut travailler sur un programme de sortie et reconstruire une Europe en faveur de l’émancipation sociale et de la coopération. " Ceux qui rendent une révolution pacifique impossible rendront une révolution violente inévitable » ( John Fitzgerald Kennedy).

(...)

Syriza n’a pas su résoudre le dilemme entre la fidélité à son programme et la fidélité à ses électeurs.
Les électeurs grecs voulaient à la fois dire non à l’austérité et oui à l’euro. Beaucoup d’entre nous (mais pas tous) ont compris que les deux sont incompatibles.
Cette Europe, c’est avant tout un grand marché, le royaume du business. Et rien de plus.

Mais les grandes masses populaires en Europe se racontent un roman européen et y croient. Elles assimilent l’Europe à la liberté, la démocratie, la justice et l’humanisme.
Et dire que c’est faux ne suffira pas à enlever cette illusion car nous ne sommes pas dans le rationnel mais dans l’émotif. Ce sera long.

(...)
 
6.- Grèce : la défaite de la stratégie d’Alexis Tsipras (Didier Brisebourg)

Dans l’Union européenne, ce n’est pas le peuple qui gouverne, c’est la finance et les banques. Syriza ne l’a pas compris, ou bien trop tard.
Face au capitalisme, surtout quand il est menacé, il faut avoir une poigne de fer.
Cette poigne de fer, Alexis Tsipras ne l’a pas eue.
Il aurait du préparer un plan B pour répudier la dette unilatéralement et pour sortir de l’euro. L’euro n’est pas qu’une monnaie, c’est un outil au service d’une politique économique. Pour avoir méconnu cette réalité, Tsipras a été conduit à capituler.

(...)

7.- La défaite de la Grèce, la défaite de l’Europe (Romaric Godin)
 http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-defaite-de-la-grece-la-defaite-de-l-europe-491792.html

8.- Aucun avenir ne peut être bâti sur les décombres de la Grèce
 https://france.attac.org/newsletter/aucun-avenir-ne-peut-etre-bati-sur-les-decombres-de-la-grece

 

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