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Une exposition universelle vitrine des multinationales

Milan ou Lampedusa ?

Par João Pedro Stedile  |  28 mai 2015     →    Version imprimable de cet article Imprimer

I - La faim dans le monde

Il existe plus d’un milliard de personnes dans le monde qui connaissent la faim tous les jours. Mais aucune ne sait où se trouve Milan sur une carte.

A peu près 50 entreprises transnationales contrôlent le commerce mondial des céréales, des produits laitiers, des aliments en général, des poisons, des engrais chimiques et des supermarchés. Elles sont toutes présentes à l’exposition universelle de Milan.

Dès les années 1950, le Brésilien Josué de Castro, alors directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), soutenait dans son livre La Géographie de la faim que ce problème n’avait pas des causes naturelles. Il était le résultat de la manière dont les entreprises et les gouvernements contrôlaient les prix, la production et la distribution des aliments dans le monde.

II – Les causes de la faim

Les grandes entreprises de l’agro-alimentaire, associées au capital financier, contrôlent l’accès aux biens de la nature, à la terre, à l’eau, à la biodiversité. Elles contrôlent aussi le commerce des produits agricoles et imposent leurs prix et leurs taxes, indépendamment des coûts de production et des pays.

Elles imposent la propriété privée des êtres vivants et des semences, par l’intermédiaire du registre des semences transgéniques, uniquement pour faire davantage de bénéfices avec la vente simultanée de semences empoisonnées. Et comme personne n’en connaît les conséquences sur la santé des hommes, la moindre des choses serait d’instaurer le droit de précaution !

Ces entreprises ne produisent pas des aliments, mais des marchandises à des fins uniquement lucratives.

Elles veulent transformer le monde en une grande porcherie ou chaque être humain, s’il a de l’argent, pourra acheter les mêmes rations, que ce soit à Hong kong, au Mexique, à Los Angeles, Londres, Le Cap ou Bombay.

Les entreprises transnationales imposent la monoculture à grande échelle qui assure le maximum de bénéfices. Elles tuent la biodiversité avec leurs poisons ; elles dérèglent le climat et provoquent de nombreuses maladies chez tous les êtres vivants. Et elles gagnent encore plus d’argent en vendant des médicaments pour soigner les maladies qu’elles ont elles-mêmes créées.

Ces mêmes entreprises qui, aujourd’hui, détruisent la nature avec leurs poisons, ont aidé à tuer des millions d’êtres humains dans les chambres à gaz des camps de concentration de la Seconde guerre mondiale. Et, plus tard, elles ont tué des milliers de Vietnamiens avec leur agent orange. Et maintenant elles distribuent le glyphosate, comme s’il était nécessaire !

III - Ce que nous voulons

Les aliments ne peuvent pas être des marchandises. Les aliments sont un droit que possède tout être humain pour perpétuer sa vie sur cette planète, en bonne entente avec tous les autres êtres vivants.
Les personnes ont besoin d’aliments qui sont l’énergie permettant de reproduire la vie sur cette planète. L’être humain peut et doit produire ses propres aliments dans son habitat propre. C’est ce qu’il a fait tout au long de l’histoire de l’humanité.

Le rôle des gouvernements et des Etats est de développer des politiques publiques d’appui et d’organisation de la production d’aliments dans chaque région. Mais la majorité des responsables politiques et des dirigeants sont les otages des grandes entreprises qui financent leurs campagnes électorales.
Les mouvements paysans luttent pour l’adoption de techniques agro-écologiques en vue de produire davantage d’aliments de manière saine et en harmonie avec les autres être vivants. Personne n’est coupable de souffrir de la faim, de ne pas avoir de travail, de terre, d’eau ni de foyer pour vivre.

Nous ne réglerons pas le problème de la faim en faisant des expositions universelles pour améliorer l’image des entreprises qui causent la faim. Mieux vaudrait organiser une exposition d’aliments et de pratiques productives à Lampedusa !

 

Illustration : Marco

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