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APRÈS LES ELECTIONS EN EQUATEUR

Quatre leçons à tirer de la victoire de Rafael Correa

Par Atilio A. Boron  |  20 février 2013     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Avec un pourcentage et une différence de voix entre lui et son rival le plus immédiat – qu’auraient bien voulu avoir Obama, Hollande et Rajoy –, la victoire écrasante de Rafael Correa donne quelques leçons qu’il est bon de récapituler.

D’abord, et le plus évident : la confirmation du mandat populaire, pour continuer sur le chemin tracé mais, comme l’a dit Correa lors de sa conférence de presse, en avançant plus vite et plus profondément. Le président réélu sait que les quatre années à venir seront cruciales pour assurer l’irréversibilité des réformes qui, au terme de dix ans de gestion, auront abouti à la refondation d’un Équateur meilleur, plus juste et plus soutenu. Lors de la conférence de presse en question, il a précisément dit : « Ou nous changeons le pays maintenant ou nous ne le changeons plus ». Le projet de créer un ordre social basé sur le socialisme du « sumak kawsay  » - le « bien vivre » de nos peuples originaires - exige d’agir avec rapidité et détermination. Mais cela, la droite nationale et l’impérialisme le savent bien aussi, et c’est pourquoi on peut prédire qu’ils vont redoubler leurs efforts pour éviter que se renforce le processus de la « révolution citoyenne ».

La deuxième leçon : si un gouvernement obéit au mandat populaire et met en place des politiques publiques dont bénéficient les majorités nationales - ce qui finalement est le sens de la démocratie - la loyauté de l’électorat peut être considérée comme acquise. La manipulation des oligarchies médiatiques, la conspiration des classes dominantes et les stratagèmes de l’impérialisme s’écrasent contre le mur de la fidélité populaire.

Troisièmement, et comme corollaire du point précédent, le triomphe écrasant de Correa démontre que la thèse conformiste si répandue dans la pensée politique conventionnelle, à savoir que « le pouvoir use », est seulement valable en démocratie quand le pouvoir est exercé au bénéfice des minorités riches ou quand les processus de transformation sociale perdent leur consistance, hésitent et finissent par se diluer. Quand, en revanche, on gouverne avec en vue le bien-être des victimes du système, il se passe ce qui s’est passé hier en Équateur : si, lors de la présidentielle de 2009, Correa avait gagné dès le premier tour avec 51 % des voix, hier il a obtenu, selon le décompte disponible au moment d’écrire cet article (25 % des dépouillements), 57 %. Au lieu de l’ « usure », nous nous trouvons face à une consolidation et à une progression du pouvoir présidentiel.

Quatrième et dernier point : avec cette élection, on dépasse la paralysie décisionnelle provoquée par une Assemblée nationale qui s’est opposée avec intransigeance à certaines des initiatives les plus importantes proposées par Correa. Bien que peu de chiffres soient encore disponibles à ce sujet, il ne fait aucun doute que l’Alianza Pais disposera d’une majorité absolue de députés et des chances d’obtenir une majorité qualifiée des deux tiers.

Conclusion : les temps ont changé. L’élection, en forme de plébiscite, d’un président qui a conduit un processus de formidable changements sociaux et économiques en Équateur, qui joue le rôle important dans l’intégration latino-américaine, qui a fait entrer son pays dans l’ALBA, qui a mis fin à la présence militaire des Etats-Uns dans la base de Manta, qui a réalisé un audit exemplaire de la dette extérieure en réduisant significativement son montant, qui octroie l’ asile à Julian Assange et qui retire l’Équateur du Ciadi, n’est pas quelque chose que l’on voit tous les jours.

Félicitations Rafael Correa, salut à l’Équateur !

(Traduit de l’espagnol par Estelle et Carlos Debiasi).

 

Source  : http://alainet.org/active/61708

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