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Quelques mots sur Fidel et la Révolution cubaine

Par Antoine Blanca  |  6 avril 2010     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Je suis un socialiste français, militant de l’Internationale socialiste, que certains esprits timides préfèrent qualifier de "social-démocrate", comme si cette appellation mal contrôlée atténuait l’intensité de leur engagement. Pour les hommes tels que moi, il est difficile de trouver des partenaires susceptibles de partager, au sein même de leur famille naturelle, la vision qu’ils assument de la Révolution cubaine.

Quand je veux expliquer ma position, argumenter en faveur de Fidel, on ne me laisse jamais aller au bout de ma pensée : "On ne défend pas les dictateurs !". Après la mort d’un gréviste de la faim (dans un hôpital où on l’avait transporté, et non en prison comme on le laisse entendre), une campagne de discrédit a été lancée à grande échelle. D’autant qu’un nouveau gréviste a pris le relais. Cette résolution, ainsi manifestée, a quelque chose de définitif qui ne peut qu’émouvoir. Mais cela ne doit pas nous empêcher de dire quelques vérités. Du moins de dire la mienne, de vérité.

1.- Cuba n’est pas le vaste "goulag" que l’on décrit. Même en accentuant beaucoup le trait, on a beaucoup de mal à compter les "vrais" prisonniers politiques sur l’île de José Marti. Il en va, il est vrai, autrement si l’on se réfère au "territoire cubain", puisque Guantànamo en fait partie et que le régime Bush Jr. y avait établi un grand centre de torture, un univers concentrationnaire particulièrement ignoble. Sous la bannière étoilée.

2.- Cuba n’est pas un pays stalinien. Ni Fidel, ni Raùl ne font l’objet d’un quelconque culte de la personnalité. La Révolution et le Mouvement du 26 juillet sont partout honorés. Mais les figures de leurs leaders vivants ne sont l’objet d’aucun culte. En outre, à travers un grand nombre d’associations et de sociétés philosophiques (comme la franc-maçonnerie), le débat citoyen est franc, large et permanent.

3.- Depuis la victoire du 1er janvier 1959, Fidel a toujours été demandeur de dialogue avec les Etats-Unis. Ce pays lui a fermé brutalement la porte au nez. Le choix laissé aux révolutionnaires était entre se soumettre ou se démettre. Ils ont alors cherché ailleurs les moyens de leur survie économique, sociale et culturelle. Ils n’ont eu d’autre recours que celui de rentrer dans le système communiste et dans le marché qu’il avait mis sur pied dans le cadre du Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM). Ensuite, c’est vrai, Fidel n’a pas fait les choses à moitié. C’est sa manière.

4.- Fidel n’a jamais été un allié passif des Soviétiques. Son indépendance, il l’a manifestée sur différents terrains. Et d’abord en Afrique, dès décembre 1975 en Angola où il avait brutalement pris le contre-pied de la stratégie attentiste des Russes. A la même date, lors du 1er congrès du Parti communiste cubain (une caricature de celui du PCUS dans sa présentation), les sept membres du bureau politique élu provenaient tous du M26, aucun du traditionnel PSP (le PC cubain originel).

5.- Comment peut-on expliquer que, vingt ans après le démembrement de l’URSS et la disparition du bloc soviétique, la Révolution cubaine continue de faire face au blocus criminel imposé par Washington ? Pourrait-elle le faire sans un soutien majoritaire de la population ? En dépit des difficultés inouïes de la vie quotidienne.

Je voudrais ajouter, avant de conclure ce court exposé, que je ne suis l’inconditionnel de personne et que, par exemple, je pense que certains changements peuvent être apportés au système politique cubain sans être pour autant attentatoires à l’honneur de l’oeuvre patriotique entreprise. Et, quand je parle de patrie, je ne la limite pas à Cuba, mais l’étends aux vingt Amériques latines.

Mais comment taire mon indignation devant tant de manipulations et de silences complices. Comment oublier les cinq jeunes Cubains maintenus sans justification dans les geôles nord-américaines. Privés de visites familiales. Comment ne pas se souvenir des neuf membres de l’IRA, grévistes de la faim, que Mme Thatcher avait, elle, laissé mourir, l’un après l’autre, en prison, sans leur faire porter le moindre secours. Pour l’exemple. Et dans l’indifférence des pays frères européens et des Etats-Unis ?

Cuba essaie désespérément, au contraire, de sauver le gréviste Fariñas, comme il l’avait fait, hélas sans succès, pour son prédécesseur dans ce geste pathétique.
Avec tous les hommes de bonne volonté, nous souhaitons que ces moments difficiles soient surmontés. Et, avant tout, que Washington accepte d’ouvrir un dialogue véritable, entre égaux, avec La Havane.

C’est un tel dialogue qu’un certain exil, puissamment doté en moyens financiers et en outils de propagande, veut empêcher. Seul ce dialogue, pourtant, est susceptible de favoriser des relations civilisées entre Etats voisins. Tous les citoyens y trouveraient leur compte.

Antoine Blanca
http://inter-socialiste.over-blog.com/





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