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Reportage inédit au cœur des Philippines

par Philippe Revelli

Par Philippe Revelli  |  2 juin 2015     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Philippe Revelli est journaliste, photographe, écrivain et documentariste. Il réalise actuellement un carnet de reportage inédit aux Philippines.

Les cinq premiers épisodes sont disponibles. Dans son périple qui le mène de Mindanao au sud du pays à Davao (troisième ville du pays), le journaliste nous raconte les luttes sociales et écologiques de ce « pays d’Asie où le plus grand nombre de personnes ont été tuées pour avoir défendu leur terre ou s’être mobilisées pour la protection de l’environnement ».

Le carnet est accompagné de galeries photo qui feront découvrir au lecteur le pays, sa population et les acteurs des luttes paysannes ou indigènes qui s’y déroulent.

Mémoire des luttes présente l’ensemble de ces épisodes et recommande à ses lecteurs et lectrices de découvrir et de suivre Philippe Revelli sur son site : http://philipperevelli.com

Ça commence par deux jours en ferry (Manille-Cagayan de Oro). Mer calme, traversée sans histoire : l’occasion, avant de rentrer dans le vif du sujet, de planter le décor et prévenir d’éventuels lecteurs de ce qui les attend.

Où il sera question (par ordre alphabétique) de : billard, café, Davao, escadrons de la mort, flics à la gâchette facile, jambes brisées à coups de marteau, paysans dressant des barricades, ressources minières.

De grands projets sont à l’étude pour le « développement » du front de mer de Davao, et les habitants des terrains convoités par les investisseurs encouragés à aller voir ailleurs.

Un quart d’heure de grève a suffit aux travailleurs de la compagnie bananière SUMIFRU pour contraindre la direction à renoncer à imposer un salaire « aux pièces ». Qui dit mieux ?

Un peu plus d’une centaine il y a deux semaines, ils sont aujourd’hui près de quatre cents indigènes manobos, hébergés sur le campus de l’UCCP Haran de Davao, et chaque jour amène son lot de nouveaux réfugiés fuyant leur village pour échapper aux harcèlement dont ils sont victimes de la part de l’armée et des groupes paramilitaires.

Une mission du groupe Exodus for Peace & Justice se rend dans une communauté indigène perdue dans la montagne. Je profite de l’occasion.

Depuis un peu plus d’un mois qu’ils campent sur le campus de l’UCCP Haran (United Church of Christ of the Philippines), les indigènes de Talaingod, Kapalong et Butuan se faisaient discrets, évitaient d’apparaître en public. Mais c’est fini. Désormais ils manifestent, presque quotidiennement…

Les représentants de l’AFP (Armed Forces of the Philippines) affirment que les programmes « Paix et développement » visant à « gagner les cœurs » sont un succès. Un point de vue que contestaient les manifestants rassemblés, lundi matin, devant le siège de l’Eastern Mindanao Command (EastMinCom).

Suite aux accusations de harcèlement portées par des dirigeants paysans contre l’armée et les groupes paramilitaires, une mission composée de représentants paysans, de l’organisation de défense des droits humains Karapatan et de syndicalistes se rend dans le district de Paquibato.

Samedi 13 juin, la Nouvelle armée du peuple (NPA) libère un « prisonnier de guerre », détenu depuis deux mois. Un geste humanitaire qui réponde aux appels de la famille et de défenseurs des droits humains. Les médias locaux sont conviés à assister à l’événement.

Aïda Seisa (au centre sur la photo – voir au ci-dessus) et moi avions beaucoup discuté (et rit) pendant les trois jours de la mission à Paquibato. La nouvelle de sa disparition, dimanche soir, m’a laissé abasourdi.

Plusieurs heures durant, les militants de Karapatan ont interrogé des témoins, relevé, mesuré, photographié les impacts de balles sur les murs de la maison et les douilles ramassées sur les lieux du « massacre de Paquibato »….

Écoles indigènes, grève dans les bananeraies, exploitation minière, disparition d’Aïda Seisa… de bonnes et de mauvaises nouvelles pour clore ce carnet de reportage.

SMS reçu il y a une heure : Ricky Basig (à droite sur la photo), dirigeant indigène croisé lors de la mission à Kasunugan a été abattu, hier soir, par des soldats du 67ème bataillon d’infanterie.

 

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