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Une lettre de François Houtart

29 décembre 2010     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Les nombreux amis du sociologue et prêtre François Houtart sont restés abasourdis à la lecture du quotidien de Bruxelles Le Soir qui a publié, le 29 décembre 2010, un article intitulé : "Le chanoine Houtart avoue des abus sexuels".

Dans une lettre adressée au journal belge - que nous reproduisons ci-dessous - François Houtart s’explique. Son texte est présenté par le journaliste Ricardo Gutiérez.

 

Dans la réponse qu’il nous adresse, depuis Quito, en Equateur, François Houtart commence par expliquer les raisons du récent retrait de la campagne en faveur de sa candidature au prix Nobel de la paix 2011…

Il confirme qu’une de ses cousines a exigé l’interruption de la campagne, « ce que le Comité ne pouvait accepter sans une décision de ma part », précise-t-il.

« Le message que je reçus en Amérique latine (où je me suis rendu sept fois cette année) fut certes un déclencheur de la décision d’arrêter la campagne, mais il n’enleva rien à l’importance des raisons avancées. Je n’avais accepté cette candidature que sur l’insistance du courant altermondialiste, pour mettre l’idée du changement possible en valeur. Je n’avais jamais cru en un résultat positif possible. Au fur et à mesure du développement de la campagne, je prenais conscience de ce que cela pourrait signifier, d’assumer un tel contexte alors que je serais proche de mes 87 ans, début 2012. Depuis l’été, je recevais en moyenne une demande d’interview par jour, surtout pendant mes déplacements en Amérique latine, en Asie et en Afrique. Le caractère personnalisé de la campagne me paraissait trop occulter le fait de l’effort collectif en jeu. Dès la fin de l’été, j’en avais parlé aux deux principaux membres du Comité, me demandant s’il ne valait pas mieux présenter un organisme tel le Forum social mondial. »

« Le message de ma cousine était un rappel que seul je pouvais comprendre. Il y a environ 40 ans, rentrant d’une conférence dans le sud du pays, je fus invité par ses parents, aujourd’hui décédés, à loger chez eux, dans la région de Liège. En traversant la chambre d’un des garçons de la famille, j’ai en effet touché ses parties intimes à deux reprises, ce qui l’a réveillé et effrayé. Ce fut évidemment un acte inconsidéré et irresponsable. »

« Dans les jours qui suivirent, j’eus des contacts avec mes cousins, ses parents, respectivement à Louvain et à Liège. Pour une part, j’étais préoccupé des conséquences pour leur fils. C’est alors qu’ils me dirent qu’il avait été vu par un psychologue. Par ailleurs, cet événement m’avait aussi bouleversé personnellement, car j’étais conscient de la contradiction que cela signifiait avec ma foi chrétienne et ma fonction de prêtre, auxquelles j’étais profondément attaché. Je leur dis que j’étais prêt à renoncer à l’exercice du sacerdoce et d’assumer toutes les conséquences. Je n’ai donc jamais pensé, ni affirmé, que c’était une situation normale ni ordinaire. »

« Ils me proposèrent alors de consulter un professeur du grand séminaire de Liège, prêtre et psychologue. Celui-ci me conseilla de rester dans le sacerdoce et de me concentrer sur les tâches universitaires en sociologie des religions. J’avais alors le choix entre le travail purement académique dans le domaine ou une tâche en liaison avec l’engagement social. En vertu des problèmes existant surtout dans le tiers-monde et que j’avais pu côtoyer, c’est la deuxième option que j’ai choisie. Je l’ai menée de toutes mes forces au cours de ces quarante années, je crois pouvoir le dire, sans désir de protagonisme personnel, mais sur la base d’une conviction profonde, à la fois sociale et religieuse. »

« J’ai toujours été fort reconnaissant de l’attitude de pardon de mes cousins, qui me permit de continuer cet engagement. Dans une conversation récente avec celle de leurs filles qui avait pris le contact, celle-ci me rappela que, pour ses parents et sa famille, pardon ne signifiait pas absence de souffrance, ce que je reconnus, en demandant que sa génération puisse aussi accepter ma demande de pardon. »

« Voilà pourquoi ce rappel s’ajoutant aux raisons évoquées me fit prendre la décision d’arrêter la campagne, ce que le Comité exécuta après quelques jours, attendant mon retour d’Amérique latine.





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