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UN MINISTRE ADEPTE DU FRANC-PARLER…

Victorin Lurel rend hommage au « dictateur » Chavez

Par Bernard Cassen  |  11 mars 2013     →    Version imprimable de cet article Imprimer

En France, des plateaux de télévision aux studios de radio, tout comme sur Twitter, la plupart des commentaires sur la mort de Hugo Chavez ont fait assaut d’ignorance, d’inepties, voire d’ignominies. Seules, chez les dirigeants politiques, deux fortes voix ont été à la hauteur de l’événement : celle de Jean-Luc Mélenchon et du Parti de gauche, et celle du ministre des outre-mer, Victorin Lurel. Par charité, on ne commentera pas le « minimum syndical » du message de condoléances du président de la République.

Contrairement à la plupart des « experts » spécialistes du n’importe quoi, des responsables de la droite et du patronat exhalant une hargne de classe, et de quelques ténors et deuxièmes couteaux de la gauche de gouvernement que la figure de Chavez renvoyait, par contraste, à leur abdication devant l’ordre établi, Mélenchon et Lurel savaient, eux, de quoi ils parlaient. Le premier pour avoir étudié « sur pièces et sur place » les réalisations du gouvernement bolivarien ; le second, parce que fils de la Caraïbe post-coloniale, ancien président de la région Guadeloupe, et donc naturellement sensible aux inégalités sociales criantes d’une région dont le Venezuela fait aussi partie. Plus que d’autres, il est en mesure d’apprécier, en voisin, les progrès accomplis en quatorze années de présidence Chavez en termes de redistribution des richesses, d’éradication de l’analphabétisme, d’accès gratuit à la santé et à l’éducation.

A Caracas, le ministre a fait une déclaration sans aucune ambiguïté : « Toutes choses égales par ailleurs, Chavez c’est De Gaulle plus Léon Blum. De Gaulle parce qu’il a changé fondamentalement les institutions, et puis Léon Blum, c’est-à-dire le Front populaire, parce qu’il lutte contre les injustices. Moi je dis, et ça pourra m’être reproché, (...) que le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez puisqu’on prétend que c’est un dictateur. Il a pendant ces quatorze ans respecté les droits de l’homme". Ridiculiser le qualificatif de « dictateur » accolé à un président qui avait gagné démocratiquement treize élections sur quatorze, et associer dans le même hommage Chavez, le Front populaire et le fondateur de la Cinquième République n’était pas à la portée de n’importe quel ministre du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Non sans courage, Victorin Lurel l’a fait, sur le ton de l’évidence. Face à la menace de « recadrage », rien n’autorise à penser qu’il pourrait accepter de se renier.

En ne se désolidarisant pas de son ministre des outre-mer, François Hollande – une fois n’est pas coutume - pourrait avoir l’audace de résister au Medef dont la présidente s’est étranglée d’indignation : "Comment peut-on dire d’un homme qui était un dictateur, un démagogue, qui incarne le populisme dans toute son horreur, puisse avoir les qualités que prétend notre ministre ?". Ce « populisme dans toute son horreur », Laurence Parisot le subit déjà à PSA, à Florange, chez Renault et dans toutes les autres entreprises en voie de liquidation ou de « restructuration » où les salariés en lutte osent redresser la tête. Ce n’est pas pour le tolérer à Caracas…





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