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	<title>M&#233;moire des luttes</title>
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		<title>Les Blancs, il faut les manger crus</title>
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		<dc:creator>Guillaume Beaulande </dc:creator>

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		<description>&#171; Les blancs, il faut les manger crus &#187; : la plaisanterie aux allures de fable de l'Africaine Mama Bontidad a fait son chemin dans l'esprit de ses enfants et a rejoint, par le parcours sinueux de l'Histoire, la cruelle r&#233;alit&#233;. C'est l'apparition d'une nouvelle forme de Sida mena&#231;ant les pays riches qui fait de la bonne Mama Bontidad, une sorte d'oracle et de l'Histoire, une tragique ironie, par les trouvailles d'un professeur de m&#233;decine, mari&#233; &#224; Adl&#233;e, une de ses descendantes. &lt;br /&gt;Plus qu'une (...)


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.medelu.org/IMG/arton541.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;140&quot; height=&quot;223&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les blancs, il faut les manger crus &#187;&lt;/strong&gt; : la plaisanterie aux allures de fable de l'Africaine Mama Bontidad a fait son chemin dans l'esprit de ses enfants et a rejoint, par le parcours sinueux de l'Histoire, la cruelle r&#233;alit&#233;. C'est l'apparition d'une nouvelle forme de Sida mena&#231;ant les pays riches qui fait de la bonne Mama Bontidad, une sorte d'oracle et de l'Histoire, une tragique ironie, par les trouvailles d'un professeur de m&#233;decine, mari&#233; &#224; Adl&#233;e, une de ses descendantes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus qu'une histoire d'amiti&#233; entre Kind&#233; l'Africain, l'id&#233;aliste combattant, et Brandy, le noir am&#233;ricain d&#233;sabus&#233; un brin cynique, la relation entre les personnages se tisse sur une fraternit&#233; qui les transcende, une culture de l'h&#233;ro&#239;sme rendu n&#233;cessaire par leur entr&#233;e en R&#233;sistance. Nous les suivons &#224; Londres en 1940, dans les r&#233;seaux fran&#231;ais de la R&#233;sistance en 1944, dans le barrio Chino &#224; Barcelone, dans l'Espagne de Franco. Ils se retrouvent ainsi dans les m&#233;andres de l'Histoire, dans une guerre &#233;trang&#232;re, dans un combat qu'ils font leur, au contact d' Orwell, du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, de Schumann, de L&#233;o Hamon...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une grande fresque en somme o&#249; l' Histoire n'a pas &#171; une grande hache &#187; mais un coutelas passant sous son fil certaines id&#233;es pr&#233;con&#231;ues, les r&#233;&#233;critures et les &#171; brouillons de l'histoire &#187;. Tout le XX&#232;me si&#232;cle ou presque est l&#224;, depuis 1929 &#224; nos jours, fait de tra&#238;tres, d'id&#233;ologies rances et de complicit&#233;s haineuses, mais aussi d'amiti&#233;s sinc&#232;res, d'ind&#233;fectibles amours filiales et de fraternit&#233; par del&#224; les g&#233;n&#233;rations et les origines. Le parcours, les choix des personnages, forc&#233;ment subjectifs, viennent servir le r&#233;tablissement de la fameuse &#171; v&#233;rit&#233; objective &#187;, celle qu'ont v&#233;cue jusque dans leurs chairs ces protagonistes pr&#233;cipit&#233;s dans les &#233;v&#233;nements. De la guerre civile espagnole &#224; nos jours donc, en passant par la R&#233;sistance, la vie dans les camps racont&#233;e avec une rare pudeur, le retour des d&#233;port&#233;s, la d&#233;colonisation et Mai 68&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un roman au rythme enlev&#233;, au style s&#251;r, o&#249; l'humour corrosif de quelques portraits refaits au vitriol se coule dans le flot tragique de l'Histoire. Une &#233;criture franche et massive nous atteint comme une chevrotine en plein coeur, ponctu&#233;e &#231;a et l&#224; de nuances inattendues, tant&#244;t emmen&#233;e par des dialogues cisel&#233;s, tant&#244;t parcourue par d'intimes monologues int&#233;rieurs, dans une langue parfois crue, toujours juste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A la crois&#233;e du roman &#224; th&#232;se et de la fresque historique, le r&#233;cit repose de surcro&#238;t sur une intrigue romanesque dr&#244;le et originale, qui nous am&#232;ne &#224; nous interroger sur le monde d'aujourd'hui et ses psychoses pand&#233;miques. Ce livre de Jean Estivill renvoie chacun &#224; son emprise sur l'Histoire, &#224; la force de l'engagement des anciens, au courage qu'il faut pour ne pas se laisser embrumer par les faiseurs de v&#233;rit&#233; quels qu'ils soient, &#224; la persistance de la m&#233;moire, enfin, dont nous sommes les h&#233;ritiers autant que les d&#233;fenseurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;hr /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(1) Jean Estivill est Historien. Professeur d'Histoire-g&#233;ographie et l'auteur de nombreux articles publi&#233;s notamment dans le cadre de L'Arac (Association R&#233;publicaine des Anciens Combattants).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Avanc&#233;es et contradictions de la gauche au Br&#233;sil</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>

<category domain="http://www.medelu.org/spip.php?rubrique7">Actualit&#233;s</category>


		<description>En octobre prochain, le Br&#233;sil retourne aux urnes : &#233;lection pr&#233;sidentielle - la plus importantes &#8211;, mais aussi renouvellement de la moiti&#233; des parlementaires au niveau f&#233;d&#233;ral et r&#233;gional (les &#201;tats), ainsi que des gouverneurs des &#201;tats. &#201;lu &#224; la pr&#233;sidence en 2002, le fondateur du Parti des travailleurs (PT), Luiz In&#225;cio &#171; Lula &#187; da Silva, a, pendant huit ans, domin&#233; le pays, au point que, selon divers sondages, il obtient aujourd'hui l'approbation de 80 % des Br&#233;siliens. Presque tout le monde, m&#234;me (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En octobre prochain, le Br&#233;sil retourne aux urnes : &#233;lection pr&#233;sidentielle - la plus importantes &#8211;, mais aussi renouvellement de la moiti&#233; des parlementaires au niveau f&#233;d&#233;ral et r&#233;gional (les &#201;tats), ainsi que des gouverneurs des &#201;tats. &#201;lu &#224; la pr&#233;sidence en 2002, le fondateur du Parti des travailleurs (PT), Luiz In&#225;cio &#171; Lula &#187; da Silva, a, pendant huit ans, domin&#233; le pays, au point que, selon divers sondages, il obtient aujourd'hui l'approbation de 80 % des Br&#233;siliens. Presque tout le monde, m&#234;me &#224; droite, admet qu'il est le pr&#233;sident le plus populaire de l'histoire de la R&#233;publique. S'il &#233;tait candidat, il serait probablement r&#233;&#233;lu facilement, mais la Constitution interdit trois mandats d'affil&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dilma contre Jos&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La candidate du PT qui aspire &#224; succ&#233;der &#224; Lula, Dilma Roussef, &#233;tait, il n'y a pas si longtemps, une technocrate assez peu connue. Au d&#233;but de la campagne officielle qui vient de commencer, elle devance cependant dans les sondages le principal candidat de la droite, Jos&#233; Serra (affili&#233; au Parti social-d&#233;mocrate br&#233;silien, PSDB). Le PT lui-m&#234;me pourrait augmenter le nombre de ses &#233;lus au Congr&#232;s- il a actuellement 83 d&#233;put&#233;s sur 513 -, et devenir ainsi le premier parti politique du pays. L'&#233;lection de Dilma constituerait un deuxi&#232;me &#171; tremblement de terre &#187; dans un pays domin&#233; pendant des si&#232;cles par des hommes riches et blancs dans un pays pauvre et m&#233;tiss&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une campagne &#233;lectorale polaris&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dilma dispose d'un avantage important sur la droite, du fait des changements qu'a connu le Br&#233;sil depuis huit ans. Le premier, le plus visible et le plus fondamental, est que 50 millions de Br&#233;siliens (25 % de la population) sont sortis de la pauvret&#233;. En effet, un vaste programme d'assistance, &#171; Z&#233;ro faim &#187;, a permis &#224; des millions de familles de recevoir jusqu'&#224; 200 r&#233;ais par mois (environ 120 dollars). Les familles s'alimentent mieux, les enfants vont davantage &#224; l'&#233;cole et, parall&#232;lement, une certaine dignit&#233; humaine a &#233;t&#233; r&#233;tablie pour ceux et celles qui subissaient la famine et la mis&#232;re depuis la domination coloniale au XVI&#232;me si&#232;cle [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] En 1978, moins de 8 % de la population br&#233;silienne recevait des aides (...)' &gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette v&#233;ritable r&#233;volution a chang&#233; bien des choses, notamment dans le vaste &lt;em&gt;Nordeste&lt;/em&gt;, zone de grande pauvret&#233;, territoire des anciens esclaves africains et des communaut&#233;s autochtones, pour qui le pr&#233;sident Lula est devenu une figure quasiment mythique. Entre-temps, l'&#233;conomie br&#233;silienne conna&#238;t une embellie qui dame le pion aux pays capitalistes du Nord affect&#233;s par la crise. Parall&#232;lement, le Br&#233;sil de Lula s'est affirm&#233; sur la sc&#232;ne internationale, en mettant en place un faisceau d'alliances qui diminue sa d&#233;pendance envers les &#201;tats-Unis tout en renfor&#231;ant la capacit&#233; de l'Am&#233;rique latine &#224; s'affirmer dans le monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;La droite d&#233;stabilis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De tels r&#233;sultats ont pour effet de d&#233;stabiliser la droite. Elle tente de discr&#233;diter Dilma en rappelant son pass&#233; d'ancienne gu&#233;rillera - elle a combattu la dictature militaire les armes &#224; la main au d&#233;but des ann&#233;es 1970. On la traite aussi de &#171; faire valoir &#187; de Lula, insinuant que le pr&#233;sident sortant va continuer de r&#233;gner &#171; dans l'ombre &#187;. La droite insiste aussi sur le fait que Lula a men&#233; une politique internationale qui indispose Washington, non seulement en Am&#233;rique latine, mais aussi ailleurs dans le monde o&#249;, reprenant &#224; son compte la phras&#233;ologie des n&#233;o-conservateurs &#233;tats-uniens, elle affirme que le Br&#233;sil se retrouve avec Cuba, le Venezuela, voire l'Iran, c'est-&#224;-dire, selon elle, des &#171; &#201;tats voyous &#187;. Pour le moment, en tout cas, ce ne sont pas arguments qui passent bien pour la majorit&#233; des Br&#233;siliens, et ils refl&#232;tent le d&#233;sarroi des &#233;lites traditionnelles du pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une domination s&#233;culaire remise en cause&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Colonis&#233; par les Europ&#233;ens il y a 500 ans, le Br&#233;sil est devenu alors le pays de l'esclavage et des plantations de sucre, de caf&#233; et de cacao, racont&#233; si merveilleusement par le g&#233;nial Jorge Amado. Les ma&#238;tres &#233;taient les ma&#238;tres, g&#233;n&#233;ration apr&#232;s g&#233;n&#233;ration, dans des enclaves urbaines tourn&#233;es vers l'Europe et, plus tard, les &#201;tats-Unis. Les domin&#233;s se r&#233;voltaient r&#233;guli&#232;rement, mais la violence extr&#234;me des dominants les remettait &#224; &#171; leur place &#187;, comme lors du coup d'Etat militaire de 1964 qui a &#233;labor&#233; une dictature &#171; efficace &#187; s&#233;vissant pendant plus de 20 ans.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au centre de ce dispositif se retrouvent plusieurs registres de pouvoir. Le premier est &#233;videmment &#233;conomique. Le Br&#233;sil, aujourd'hui encore, demeure le pays le plus in&#233;galitaire au monde : &#224; peine 1 % de la population concentre 50 % des richesses. Les quartiers riches des grandes villes, v&#233;ritables forteresses m&#233;di&#233;vales, emmur&#233;es et prot&#233;g&#233;es par des arm&#233;es priv&#233;es, se retrouvent devant les &lt;em&gt;favelas&lt;/em&gt; (bidonvilles) o&#249;, dans des conditions mis&#233;rables, s'entassent des millions de pauvres urbains qui fuient la famine structurelle du monde paysan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Violence et manipulation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le deuxi&#232;me registre de la domination est politique. Traditionnellement, la sc&#232;ne politique est domin&#233;e par des &#171; caciques &#187;, qui contr&#244;lent des r&#233;seaux de pouvoir et de manipulation. Surtout au niveau local, ces caciques s'assurent par divers moyens que les gens votent du &#171; bon c&#244;t&#233; &#187;. Aux fraudes &#233;lectorales pratiqu&#233;es sur une grande &#233;chelle ont succ&#233;d&#233; des syst&#232;mes plus sophistiqu&#233;s de financement opaque et de client&#233;lisme impliquant des institutions, des entreprises et des groupes sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque ces r&#233;seaux sont menac&#233;s (c'&#233;tait le cas dans les ann&#233;es 1950), les dominants s'appuient alors sur l'arm&#233;e. M&#234;me lorsque les militaires sont dans les casernes, la violence &#233;tatique n'est jamais loin au Br&#233;sil. La brutalit&#233; polici&#232;re, les r&#233;gimes d'incarc&#233;ration et disciplinaires moyen&#226;geux, la prolif&#233;ration de milices priv&#233;es op&#233;rant en dehors de la loi, et l'impunit&#233; dont b&#233;n&#233;ficient les d&#233;tenteurs de l'autorit&#233; &#233;tatique sont autant de moyens pour contr&#244;ler les &#171; classes dangereuses &#187;. Jusqu'&#224; r&#233;cemment, cette &#171; alternance &#187; de pouvoir dictatorial et de r&#233;gime d&#233;mocratique limit&#233; a r&#233;ussi &#224; maintenir les dominants au pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;La bataille des id&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le troisi&#232;me registre est celui de l'id&#233;ologie. Les dominants repr&#233;sentent la &#171; civilisation &#187;, le progr&#232;s, la modernit&#233;. Les domin&#233;s sont, au mieux, des d&#233;munis qu'il faut &#171; prot&#233;ger &#187;, au pire &#171; discipliner &#187;. L'&#201;glise catholique, du moins dans ses hauteurs hi&#233;rarchiques, les &#201;glises &#233;vang&#233;liques (en essor depuis une trentaine d'ann&#233;es) r&#233;p&#232;tent un message qui valorise la soumission et qui encourage les domin&#233;s &#224; esp&#233;rer une meilleure vie apr&#232;s la vie. Pour compl&#233;ter le tout, les grands conglom&#233;rats m&#233;diatiques, tous priv&#233;s - comme le gigantesque R&#233;seau &lt;em&gt;Globo&lt;/em&gt; -, produisent et reproduisent &#224; l'infini un monde de r&#234;ve, o&#249; les bons triomphent des m&#233;chants, sans jamais en remettre en question les fondements d'une soci&#233;t&#233; construite sur la violence et l'expropriation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, aujourd'hui, cet &#233;difice de la domination est l&#233;zard&#233;. Il n'est certes pas d&#233;truit, mais l'initiative a chang&#233; de mains. Le pouvoir de Lula, sorte de r&#233;volution bien tranquille marqu&#233;e de grands compromis, est globalement mena&#231;ant pour les dominants br&#233;siliens m&#234;me si leurs privil&#232;ges &#233;conomiques n'ont pas &#233;t&#233; touch&#233;s, du moins jusqu'&#224; cette date.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face &#224; cette situation, les principaux secteurs de la gauche br&#233;silienne, de m&#234;me que les mouvements sociaux les plus importants, affirment leur appui au gouvernement sortant et appellent la population &#224; voter &#171; contre la droite &#187;. Comme l'affirme Joao Pedro Stedile, un des principaux leaders du MST, une victoire de Dilma repr&#233;sentera un alignement des forces plus favorable aux mouvements sociaux, permettant de lutter pour de nouvelles avanc&#233;es, y compris en mati&#232;re de r&#233;forme agraire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;H&#233;sitations des couches moyennes et populaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En d&#233;pit d'une polarisation qui semble favoriser le PT et Dilma, on ne peut pas dire que les jeux sont faits. La droite dispose encore de plusieurs atouts. Mais, en parall&#232;le, il n'est pas certain que le PT puisse faire le plein des votes populaires. La situation est en effet plus ambigu&#235; dans les grands centres urbains du sud du pays, et notamment dans la m&#233;gapole de Sao-Paulo (15 millions et plus d'habitants). En r&#233;alit&#233;, les programmes sociaux du gouvernement Lula ont surtout aid&#233; les secteurs les plus d&#233;favoris&#233;s, et beaucoup moins les classes populaires et moyennes urbaines, disposant d'un emploi (relativement) stable et d'acquis sociaux. C'est le cas, notamment, des employ&#233;s du secteur public, des &#171; cols blancs &#187; des entreprises industrielles et de services, et d'une vaste couche de Br&#233;siliens qui n'ont pas &#171; directement &#187; b&#233;n&#233;fici&#233; du gouvernement Lula m&#234;me si, indirectement, ces secteurs ont profit&#233; de l'embellie &#233;conomique g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parmi ces h&#233;sitants, on compte aussi une partie de la classe ouvri&#232;re, qui a mal v&#233;cu la stagnation, voire le d&#233;clin relatif de l'industrie. Les politiques &#233;conomiques de Lula, en effet, ont mis&#233; sur la consolidation du secteur financier et des services, entretenue par une politique fiscale aust&#232;re et des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s, de m&#234;me que sur l'expansion de l'agro-industrie sous toutes ses formes. En huit ans, le Br&#233;sil est devenu le principal exportateur de soja et de viande au monde, ce qui a bien s&#251;r b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; la balance commerciale et &#224; la valeur nominale des taux de croissance. Dilma affirme cependant que le bilan demeure &#171; globalement &#187; positif au niveau de la cr&#233;ation d'emplois et de l'augmentation du salaire minimum (multipli&#233; par 4), mais il est clair que la bonne performance &#233;conomique des huit derni&#232;res ann&#233;es reste vuln&#233;rable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les limites de la &#171; stabilit&#233; macro &#233;conomique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fin de compte, les avanc&#233;es sociales r&#233;alis&#233;es sous le gouvernement Lula se sont faites, comme le Pr&#233;sident l'avait lui-m&#234;me annonc&#233;, dans le respect des grandes politiques macro-&#233;conomiques des gouvernements pr&#233;c&#233;dents, &#233;galement dans le sillon des options &#171; fondamentales &#187; pr&#233;conis&#233;es par la Banque mondiale et le FMI. Dans un sens, le Br&#233;sil a bien tir&#233; ses cartes du jeu, mais sans changer la donne, et m&#234;me en accentuant les vuln&#233;rabilit&#233;s traditionnelles d'un pays producteur et exportateur de ressources naturelles. Bien que l'envol&#233;e des prix de ces mati&#232;res ait permis une forte rentabilisation des investissements dans l'agro-industrie et dans le secteur minier, on ne peut pas dire que l'&#233;conomie br&#233;silienne en sorte structurellement renforc&#233;e, au contraire de ce qui s'est op&#233;r&#233; dans d'autres pays dits &#171; &#233;mergents &#187;, notamment la Chine et l'Inde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur d'autres plans, le gouvernement Lula n'a pas r&#233;alis&#233; de grandes r&#233;formes structurelles qui auraient r&#233;organis&#233; la soci&#233;t&#233; ou l'&#233;conomie br&#233;siliennes. Cette retenue est la plus flagrante au niveau de la r&#233;forme agraire, pourtant promise par le PT tout au long de ses luttes depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980. Certes, une certaine redistribution des terres s'est faite, mais elle est rest&#233;e confin&#233;e dans des limites tr&#232;s &#233;troites. Les agro-industries, pendant ce temps, ont renforc&#233; leurs positions et leurs capacit&#233;s. Pour le MST, le bilan est assez n&#233;gatif, m&#234;me si le mouvement reconna&#238;t avoir consolid&#233; ses positions dans un contexte o&#249; l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral a limit&#233; la r&#233;pression contre les initiatives d'occupation de terres, et appuy&#233; les mouvements agraires via divers projets sociaux et &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quelles alternatives ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;bat ne porte pas tellement sur ces constats qui rel&#232;vent des faits plut&#244;t que des interpr&#233;tations. La vraie question est plut&#244;t de savoir si Lula aurait pu faire autrement. Selon Frei Betto, un compagnon du PT de la premi&#232;re heure, le Br&#233;sil &#233;tait m&#251;r pour des changements plus courageux. Le PT a c&#233;d&#233; trop rapidement et trop facilement aux pressions des milieux financiers et a eu peur de se retrouver isol&#233;. Le gouvernement Lula a &#233;t&#233; &#171; plus catholique que le pape &#187; dans la gestion financi&#232;re, d&#233;gageant des surplus &#233;normes, officiellement pour r&#233;duire la dette, mais en fin de compte pour signaler aux dominants qu'il n'y aurait pas de restructuration majeure de l'&#233;conomie ni de redistribution de la richesse. Une fois dit cela, Betto pense qu'il faut continuer avec le PT, quitte &#224; mieux organiser la pression venant de l'ext&#233;rieur (des mouvements sociaux) et &#224; relancer les d&#233;bats internes dans un parti qui garde une tradition d'ouverture [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Entrevue avec Frei Betto, Caros Amigos, juillet 2010.' &gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est pas le point de vue de Plinio Sampaio, candidat pr&#233;sidentiel au nom du Parti Socialisme et Libert&#233; (P-SOL), une dissidence de gauche du PT cr&#233;&#233;e pendant le premier mandat de Lula. A l'&#226;ge v&#233;n&#233;rable de 80 ans, Sampaio, vieux routier du PT et des luttes sociales, tente avec de grandes difficult&#233;s de critiquer Lula sur sa gauche. Son parti, le P-SOL, qui avait obtenu un score honorable lors des &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes en 2006, est cependant en perte de vitesse [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; id=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Les diverses factions de la gauche radicale, dont le P-SOL, le PSTU et (...)' &gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Changer pas &#224; pas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les partisans de Lula r&#233;pliquent &#224; cela qu'il &#233;tait impossible de transformer 500 ans d'histoire de domination en quelques ann&#233;es, et qu'il faut tout simplement &#171; donner du temps au temps &#187;. Depuis 2002, la plupart des grands mouvements sociaux, notamment les syndicats regroup&#233;s au sein de la puissante conf&#233;d&#233;ration CUT, se sont retrouv&#233;s avec le gouvernement Lula [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; id=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] La CUT repr&#233;sente 38 % des salari&#233;s syndiqu&#233;s et 20 millions de (...)' &gt;4&lt;/a&gt;]. Une tr&#232;s grande quantit&#233; de cadres syndicaux et populaires ont &#233;t&#233; absorb&#233;s par l'appareil de l'&#201;tat &#224; tous les niveaux : dans le gouvernement directement ou comme responsables politiques de plusieurs grands dossiers [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb5&quot; name=&quot;nh5&quot; id=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] &#192; lui seul, le Pr&#233;sident de la R&#233;publique contr&#244;le plus de 22 000 postes &#171; (...)' &gt;5&lt;/a&gt;]. Cette intimit&#233; avec le pouvoir a r&#233;duit les capacit&#233;s critiques des mouvements, mais a aussi bouscul&#233; les classes traditionnelles qui g&#233;raient l'&#201;tat et ses appareils.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En termes de r&#233;alisations, les syndicalistes qui font maintenant partie de l'appareil du pouvoir pr&#233;tendent que le gouvernement Lula est en train de changer le Br&#233;sil. Des initiatives comme le Programme d'acc&#233;l&#233;ration de la croissance (PAC) - consistant en investissements dans les infrastructures - non seulement cr&#233;ent des milliers d'emplois, mais visent aussi &#224; la modernisation de l'&#233;conomie. Ils cr&#233;ent ainsi un &#171; cercle vertueux &#187; de nature similaire &#224; celui qui a domin&#233; pendant les Trente Glorieuses dans les pays capitalistes avanc&#233;s [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb6&quot; name=&quot;nh6&quot; id=&quot;nh6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] Selon l&amp;#39;Instituto de Pesquisa Econ&#244;mica Aplicada (Ipea), on note une (...)' &gt;6&lt;/a&gt;]. Cette opinion est partag&#233;e par les autres partis de gauche qui &#339;uvrent avec le PT au sein d'une alliance &#233;lectorale [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb7&quot; name=&quot;nh7&quot; id=&quot;nh7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] Notamment le Parti communiste du Br&#233;sil (PCdB), le Parti socialiste (...)' &gt;7&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Recomposition du politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'exp&#233;rience des deux gouvernements Lula, certes limit&#233;e dans le temps, ouvre de nouveaux espaces pour la reconfiguration du politique au Br&#233;sil. Le projet de Lula, largement h&#233;g&#233;monique au sein du PT, est de refonder le Parti &#171; des travailleurs &#187; pour en faire une vaste alliance de centre-gauche, capable de rallier la majorit&#233; de la population autour de transformations se faisant dans la stabilit&#233;, et non dans la confrontation. Encore r&#233;cemment, Lula affirmait que les riches n'avaient jamais &#233;t&#233; aussi confortables au Br&#233;sil et il le disait s&#233;rieusement. La grande revue faiseuse d'opinion, &lt;em&gt;Carta Capital&lt;/em&gt;, pourtant si proche des &#233;lites, conclut qu'il faut assurer la continuit&#233; en faisant &#233;lire Dilma lors des &#233;lections d'octobre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De l'autre c&#244;t&#233; de l'&#233;quation, ce projet vise &#224; rallier les couches populaires les plus d&#233;favoris&#233;es (b&#233;n&#233;ficiaires des programmes sociaux), tout en assurant aux couches moyennes des espaces de promotion &#224; travers la modernisation de l'&#201;tat. Y sont convi&#233;s les &#171; cadres et comp&#233;tents &#187;, soit les intellectuels, animateurs des mouvements sociaux, jeunes entrepreneurs publics et priv&#233;s, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le p&#233;ril d'une alliance arc-en-ciel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette alliance &#171; arc-en-ciel &#187; implique de diluer le PT dans une architecture complexe d'alliances avec plusieurs secteurs politiques [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb8&quot; name=&quot;nh8&quot; id=&quot;nh8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Le PMDB h&#233;rite du MDB, parti d&amp;#39;opposition tol&#233;r&#233; par les militaires dans (...)' &gt;8&lt;/a&gt;]. &#192; court terme, l'enjeu est de rallier, voire d'absorber le PMDB (Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien), formation fourre-tout ancr&#233;e dans les &#233;lites locales. Le tournant est clair puisque le candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence associ&#233; &#224; Dilma est Michel Tener, chef nominal de ce parti qui est en fait une sorte de constellation de champions du syst&#232;me de magouilles et de client&#233;lisme qui s&#233;vit au niveau local.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me est qu'une alliance structurelle avec le PMDB, voire la fusion dans un grand parti de centre-gauche, pourrait tirer le PT &#171; vers le bas &#187;, notamment en termes de pratiques de gestion. D&#233;j&#224;, en 2005, le PT avait subi de durs revers suite au scandale des commissions ill&#233;gales et cach&#233;es vers&#233;es aux parlementaires pour acheter leur vote. Le coup avait &#233;t&#233; dur pour un parti qui s'&#233;tait toujours r&#233;clam&#233; de l'&#233;thique, de la lutte contre la corruption et de la transparence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'imm&#233;diat, la recomposition pose un s&#233;rieux d&#233;fi &#224; la droite. Le PSDB, en tant que repr&#233;sentant de la couche &#171; moderne &#187; des dominants, peine &#224; les rallier dans leur ensemble. Pour les uns, mieux vaut miser sur une certaine stabilit&#233; &#187; avec le PT, quitte &#224; accepter certaines r&#233;formes sociales. Pour les autres, il faut au contraire tout faire pour le d&#233;stabiliser, quitte &#224; mettre en p&#233;ril l'&#233;conomie du pays, et cela pour &#233;viter un d&#233;placement plus fondamental du centre de gravit&#233; du pouvoir vers une nouvelle &#233;lite non traditionnelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'impr&#233;visible dans le pr&#233;visible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est probable que le projet initi&#233; par Lula se poursuivra dans les prochaines ann&#233;es, avec la &#171; Pr&#233;sidente &#187; Dilma ou m&#234;me sans elle. La plupart des acteurs en conviennent : le mod&#232;le mis en place est &#171; gagnant &#187;, et il serait p&#233;rilleux d'en changer. D'autres facteurs entrent cependant en compte, qui pourraient changer la donne fondamentale. Au sein m&#234;me du PT, des divergences subsistent, pas tellement sur le fond, mais sur le rythme et les modalit&#233;s des transformations en cours. Une certaine radicalisation n'est pas impensable, m&#234;me s'il serait illusoire de penser &#224; une r&#233;orientation strat&#233;gique. Par exemple, la gestion publique pourrait &#234;tre un peu plus audacieuse au niveau macro-&#233;conomique, en diminuant, par exemple, l'importance du secteur financier (caract&#233;ris&#233; par ses tendances sp&#233;culatives) par une plus grande r&#233;gulation par l'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il serait en revanche surprenant de voir l'alliance du PT bouger plus radicalement sur la r&#233;forme agraire. Le secteur de l'agro-industrie se situe tellement au centre de la croissance &#233;conomique que le gouvernement post Lula aurait les plus grandes difficult&#233;s &#224; laisser beaucoup d'espace aux paysans pauvres et moyens. Ce qui ne veut pas dire pour autant que des programmes de revitalisation de l'agriculture familiale sont impensables [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9&quot; name=&quot;nh9&quot; id=&quot;nh9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] En 2006, l&amp;#39;&#201;tat a subventionn&#233; l&amp;#39;agriculture commerciale &#224; la hauteur de (...)' &gt;9&lt;/a&gt;]. Par ailleurs, le MST est la cible num&#233;ro un des dominants, tous confondus, y compris de certains proches du PT. On lui reproche ses pratiques &#171; ill&#233;gales &#187; et des actes &#171; violents &#187;, r&#233;sultat de certains d&#233;rapages au sein de l'organisation, mais qui servent d'excuses &#224; la droite pour appeler &#224; sa criminalisation. Il reste que le MST constitue le c&#339;ur du mouvement social r&#233;sistant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;nigme Marina&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'ext&#233;rieur du PT, d'autres initiatives peuvent avoir un impact. Parmi celles-ci se trouve le projet de Marina Silva, l'ex-ministre de l'environnement de Lula, aujourd'hui candidate du Parti Vert PV). Marina joue sur deux tableaux en m&#234;me temps, ce qui fragilise sa position. D'une part, elle veut capter une partie des d&#233;&#231;us du PT, en se livrant &#224; une critique du gouvernement dont elle a fait partie jusqu'&#224; 2008, et en faisant la promotion des int&#233;r&#234;ts des couches populaires, paysannes et autochtones dont elle est issue. D'autre part, elle veut attirer une client&#232;le de classes moyennes sensibles &#224; la question environnementale et qui peuvent &#234;tre s&#233;duites par un discours &#171; &#233;co-capitaliste &#187; (comme le promeut Fernando Gabeira, candidat du PV au poste de gouverneur de l'&#201;tat de Rio). Le pari est risqu&#233;, car les deux terrains ne sont pas compl&#233;mentaires, au contraire. N&#233;anmoins, la personnalit&#233; originale et sympathique de Marina peut d&#233;boucher sur un pourcentage de suffrages important et une influence &#224; long terme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;La lutte pour l'int&#233;gration r&#233;gionale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Restent les facteurs externes. Jusqu'&#224; aujourd'hui, Lula a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une assez grande marge de man&#339;uvre. Le projet des &#201;tats-Unis et du Canada d'imposer la Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques (ZLEA ou ALCA en espagnol et en portugais) a &#233;t&#233; enterr&#233; en 2004, laissant la place &#224; des initiatives r&#233;gionales de divers types. L'int&#233;gration latino-am&#233;ricaine, projet mille fois annonc&#233;, avance lentement, face &#224; de grandes difficult&#233;s et des conflits entre divers p&#244;les qui aspirent &#224; une certaine h&#233;g&#233;monie (le Br&#233;sil, l'Argentine, le Venezuela, etc.). Parall&#232;lement, Lula a profit&#233; de l'affaiblissement de l'h&#233;g&#233;monie des &#201;tats-Unis et de l'Union europ&#233;enne sur l'&#233;chiquier international, tant dans les n&#233;gociations de nature &#233;conomique et commerciale ( G-20 et OMC) que sur des dossiers politiques comme celui du Moyen-Orient. Mais ces circonstances propices pourraient changer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le retour des tensions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Washington, dans une position de repli, regarde d'un &#339;il attentif cette situation et attend son heure pour des interventions plus vigoureuses, comme cela a &#233;t&#233; le cas au Honduras l'an pass&#233;. Les tensions r&#233;gionales (notamment avec la Colombie) peuvent &#234;tre attis&#233;es. Ces conflits pourraient s'envenimer, surtout si les diverses tentatives de d&#233;stabilisation du gouvernement d'Hugo Chavez s'intensifient, pla&#231;ant le Br&#233;sil dans une position inconfortable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'&#233;chelle internationale, en d&#233;pit des avanc&#233;es &#233;voqu&#233;es plus haut, le Br&#233;sil et les autres pays dits &#171; &#233;mergents &#187; restent dans un positionnement fragile que les alli&#233;s occidentaux veulent utiliser pour verrouiller &#224; leur avantage des crises comme celle de l'Iran o&#249; le Br&#233;sil a voulu jouer dans la &#171; cour des grands &#187; en court-circuitant l'offensive &#233;tats-unienne qui se pr&#233;pare. Washington a averti Lula qu'il y avait des limites &#224; ces &#171; interf&#233;rences &#187;, ce qui a d'ailleurs &#233;t&#233; repris par la droite br&#233;silienne qui accuse Lula de pactiser avec les &#171; terroristes &#187;. Ce sont en tout cas des tensions qui pourraient faire basculer le Br&#233;sil d'une mani&#232;re ou d'une autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] En 1978, moins de 8 % de la population br&#233;silienne recevait des aides de l'&#201;tat. En 2008, cette proportion est de 58 %.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh2&quot; name=&quot;nb2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Entrevue avec Frei Betto, &lt;em&gt;Caros Amigos&lt;/em&gt;, juillet 2010.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh3&quot; name=&quot;nb3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Les diverses factions de la gauche radicale, dont le P-SOL, le PSTU et le PCB, n'ont pas r&#233;ussi &#224; s'entendre sur une plateforme minimale et, &#224; c&#244;t&#233; de Sampaio, il y a deux autres candidats se pr&#233;sentant au nom d'un programme critique face &#224; Lula.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh4&quot; name=&quot;nb4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] La CUT repr&#233;sente 38 % des salari&#233;s syndiqu&#233;s et 20 millions de salari&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh5&quot; name=&quot;nb5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] &#192; lui seul, le Pr&#233;sident de la R&#233;publique contr&#244;le plus de 22 000 postes &#171; politiques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh6&quot; name=&quot;nb6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Selon l'Instituto de Pesquisa Econ&#244;mica Aplicada (Ipea), on note une croissance de 7,2 % par an des revenus des 10 % les plus pauvres et de 2,4 % pour les 50 % les plus pauvres. Dans le m&#234;me temps, le revenu moyen des 50 % les plus riches a &#233;t&#233; r&#233;duit de 1,4%.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh7&quot; name=&quot;nb7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Notamment le Parti communiste du Br&#233;sil (PCdB), le Parti socialiste br&#233;silien (PSB), le Parti d&#233;mocratique du travail (PDT).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh8&quot; name=&quot;nb8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Le PMDB h&#233;rite du MDB, parti d'opposition tol&#233;r&#233; par les militaires dans les ann&#233;es 1970, et dont le r&#244;le &#233;tait de donner une fa&#231;ade d&#233;mocratique &#224; la dictature. Premi&#232;re force politique au niveau municipal, le PMDB a &#233;galement le plus grand nombre de d&#233;put&#233;s au Congr&#232;s (89). Sous le gouvernement Lula, plusieurs ministres appartenant au PMDB ont fait leur marque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9&quot; name=&quot;nb9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] En 2006, l'&#201;tat a subventionn&#233; l'agriculture commerciale &#224; la hauteur de 50 milliards de r&#233;ais contre 10 milliards vers&#233;s &#224; l'agriculture familiale. Voir &#224; ce sujet Damien Larrouqu&#233;, &lt;em&gt;Lula et la r&#233;forme agraire timor&#233;e&lt;/em&gt;, Observatoire politique de l'Am&#233;rique latine et des Cara&#239;bes, juin 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&lt;em&gt;Ne soyons pas des &#233;cologistes ben&#234;ts&lt;/em&gt;</title>
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<category domain="http://www.medelu.org/spip.php?rubrique7">Actualit&#233;s</category>


		<description>Militants associatifs ou politiques, les &#233;cologistes ben&#234;ts sont ceux qui voient le monde &#224; travers la seule crise environnementale, en oubliant la crise sociale. Ceux qui d&#233;fendent une &#233;cologie qui ne serait &#171; ni de droite ni de gauche &#187; (Daniel Cohn-Bendit). Ceux qui pr&#233;tendent sauver les &#233;cosyst&#232;mes sans mettre fin au capitalisme (Yann Arthus Bertrand). &lt;br /&gt;Pourtant, l'effondrement financier de 2008 aurait du les r&#233;veiller&#8230; Eh bien non. Au contraire, ils d&#233;fendent le capitalisme vert, qui permet &#224; (...)


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&lt;a href="http://www.medelu.org/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.medelu.org/IMG/arton539.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;272&quot; height=&quot;400&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Militants associatifs ou politiques, les &#233;cologistes ben&#234;ts sont ceux qui voient le monde &#224; travers la seule crise environnementale, en oubliant la crise sociale. Ceux qui d&#233;fendent une &#233;cologie qui ne serait &#171; ni de droite ni de gauche &#187; (Daniel Cohn-Bendit). Ceux qui pr&#233;tendent sauver les &#233;cosyst&#232;mes sans mettre fin au capitalisme (Yann Arthus Bertrand).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, l'effondrement financier de 2008 aurait du les r&#233;veiller&#8230; Eh bien non. Au contraire, ils d&#233;fendent le capitalisme vert, qui permet &#224; l'ordre &#233;conomique mondial de se fait une seconde jeunesse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous ne devons pas nous laisser berner. C'est bien &#224; une r&#233;organisation politique qu'il faut &#339;uvrer. Cela passe par des prises de position claires : contre l'OMC, pour un protectionnisme &#233;cologique et social &#224; l'&#233;chelle des Etats, pour un nouvel internationalisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;em&gt;Ancien membre d'Attac, &lt;strong&gt;Aur&#233;lien Bernier &lt;/strong&gt;a travaill&#233; dix ans pour l'Agence de l'environnement et de la ma&#238;trise de l'&#233;nergie (Ademe). Il collabore au Monde diplomatique.&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Michel Marchand&lt;/strong&gt; travaille &#224; l'Institut fran&#231;ais de recherche pour l'exploitation de la mer (IFREMER) et est sp&#233;cialiste des pollutions chimiques marines.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;Pr&#233;sentation : &lt;a href=&quot;http://abernier.vefblog.net/20.html#Sortie_du_livre_Ne_soyons_pas_des_ecologistes_bene&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://abernier.vefblog.net&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>



	<item>
		<title>&lt;em&gt;Cinq Cubains &#224; Miami&lt;/em&gt; par Maurice Lemoine</title>
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<category domain="http://www.medelu.org/spip.php?rubrique7">Actualit&#233;s</category>


		<description>Cinq cubains &#224; Miami de Maurice LEMOINE &lt;br /&gt;A para&#238;tre le 7 octobre 2010 &lt;br /&gt;Document&#233; aux meilleures sources, &lt;br /&gt;un roman plus &#171; vrai &#187; qu'un document. &lt;br /&gt;6 octobre 1976, La Barbade : un attentat d&#233;truit en vol un DC-8 de la Cubana de Aviaci&#243;n (soixante-treize morts). &lt;br /&gt;12 avril au 4 septembre 1997 : une s&#233;rie d'explosions frappe les h&#244;tels de La Havane. &#192; l'origine de ces actions terroristes qui, depuis 1959, ont fait plus de 3 400 morts &#224; Cuba : Miami ; la tr&#232;s honorable &#171; Fondation &#187; ; quelques (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.medelu.org/IMG/arton538.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;140&quot; height=&quot;225&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Cinq cubains &#224; Miami &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;de &lt;font color=&quot;#CC0000&quot;&gt;&lt;strong&gt;Maurice LEMOINE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;A para&#238;tre le 7 octobre 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Document&#233; aux meilleures sources,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;un roman plus &#171; vrai &#187; qu'un document.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6 octobre 1976, La Barbade : un attentat d&#233;truit en vol un DC-8 de la Cubana de Aviaci&#243;n (soixante-treize morts).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;12 avril au 4 septembre 1997 : une s&#233;rie d'explosions frappe les h&#244;tels de La Havane. &#192; l'origine de ces actions terroristes qui, depuis 1959, ont fait plus de 3 400 morts &#224; Cuba : Miami ; la tr&#232;s honorable &#171; Fondation &#187; ; quelques personnages t&#233;n&#233;breux : Luis Posaril, Pepper N&#225;ndez, Jorge Maskano, le docteur Orlando&#8230; Une m&#234;me obsession les habite : en finir avec le r&#233;gime et faire la peau de Fidel Castro.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;but des ann&#233;es 1990 : les services de renseignement cubains agissent. &#192; leur instigation, cinq hommes abandonnent leurs familles et partent pour la Floride, &#171; trahissant &#187; la r&#233;volution &#8211; Gerardo, Tony, Fernando, Ram&#243;n et Ren&#233;. Agissant clandestinement, prenant des risques, jouant au chat et &#224; la souris, pr&#234;chant le faux pour savoir le vrai, ils infiltrent les r&#233;seaux criminels. La qualit&#233; des informations qu'ils recueillent et transmettent permettent &#224; La Havane de communiquer au FBI, par l'interm&#233;diaire du pr&#233;sident Clinton, un dossier exhaustif et pr&#233;cis sur les commanditaires de ces op&#233;rations r&#233;sidant en territoire am&#233;ricain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#CC0000&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Las ! Ce sont ces cinq agents qu'arr&#234;tera le FBI, en septembre 1998. Jug&#233;s &#224; Miami &#8211; une ville que l'anti-castrisme radical tient compl&#232;tement &#8211; ils seront condamn&#233;s au terme d'un proc&#232;s ubuesque &#224; des peines d&#233;mesur&#233;es &#8211; de quinze ann&#233;es &#224; perp&#233;tuit&#233; &#8211; pour avoir &#171; espionn&#233; les &#201;tats-Unis &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les personnes, lieux et &#233;v&#233;nements pr&#233;sent&#233;s dans ce roman devraient, selon la formule consacr&#233;e, &#234;tre enti&#232;rement imaginaires. N&#233;anmoins, ils rappellent, &#224; de nombreux &#233;gards, l'histoire d'une &#238;le &#8211; Cuba &#8211;, d'une ville &#8211; Miami &#8211; et de cinq Cubains incarc&#233;r&#233;s dans les pires &#233;tablissements p&#233;nitenciers am&#233;ricains : Gerardo Hern&#225;ndez, Ram&#243;n Laba&#241;ino, Ren&#233; Gonz&#225;lez, Fernando Gonz&#225;lez et Antonio Guerrero.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;lant fiction (tr&#232;s peu) et r&#233;alit&#233; (beaucoup), Cubains de l'&#238;le et cubanos de Miami, personnages connus (Fidel Castro, George Bush p&#232;re et fils, Bill Clinton) et anonymes, terroristes internationaux et agents de la CIA, emmenant le lecteur de Cuba &#224; l'Angola, du Salvador au Nicaragua, de l'Union sovi&#233;tique aux &#201;tats-Unis, ce roman haletant raconte la guerre secr&#232;te qui oppose Cuba et ses opposants de l'exil, l'histoire tumultueuse des relations entre La Havane et Washington, mais l&#232;ve aussi le voile sur l'un des scandales judiciaires majeurs de notre temps.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_422 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.medelu.org/local/cache-vignettes/L450xH301/Cinq_Cubains_a_Miami-3f8ab.jpg' width='450' height='301' alt=&quot;&quot; style='height:301px;width:450px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 27 mai 2005, le Groupe de travail sur les d&#233;tentions arbitraires des Nations unies (GT) a &#233;mis l'opinion que la privation de libert&#233; des Cinq a &#171; un caract&#232;re arbitraire &#187; et a requis du gouvernement des &#201;tats-Unis qu'il adopte &#171; les mesures n&#233;cessaires pour rem&#233;dier &#224; cette situation &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dix prix Nobel ont lanc&#233; un appel en faveur des Cinq : Jos&#233; Ramos-Horta, Wole Soyinka, Adolfo P&#233;rez Esquivel, Nadine Gordimer, Rigoberta Mench&#250;, Jos&#233; Saramago, Zhores Alferov, Dar&#237;o Fo, G&#252;nter Grass, Mairead Corrigan Maguirre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 16 juin 2009 la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis a annonc&#233; qu'elle ne r&#233;examinera pas cette affaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un Comit&#233; international pour la libert&#233; des Cinq a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;. Face &#224; l'intransigeance de Washington, c'est sur le terrain de la solidarit&#233; internationale que l'affaire sera r&#233;solue.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;em&gt;&#201;crivain, journaliste, sp&#233;cialiste de l'Am&#233;rique latine, ancien r&#233;dacteur en chef du &lt;/em&gt;Monde diplomatique&lt;em&gt;, &lt;strong&gt;Maurice Lemoine&lt;/strong&gt; a notamment publi&#233; : &lt;/em&gt;Sucre amer&lt;em&gt; (Encre, 1980) ; &lt;/em&gt;Los compa&#241;eros&lt;em&gt; (Encre, 1982) ; &lt;/em&gt;Les Cent portes de l'Am&#233;rique latine&lt;em&gt; (L'Atelier, 1990) ; &lt;/em&gt;Am&#233;rique centrale : Les naufrag&#233;s d'Esquipulas&lt;em&gt; (L'Atalante, 2002) ; &lt;/em&gt;Ch&#225;vez Presidente&lt;em&gt; (Flammarion, 2005).&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ouvrage publi&#233; avec le soutien de M&#233;moires des Luttes. &lt;a href=&quot;http://www.medelu.org&quot;&gt;www.medelu.org&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;ditions Don Quichotte - 13, rue S&#233;guier 75006 Paris.&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;mailto:contact@donquichotte.com&quot;&gt;contact@donquichotte.com&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.donquichotte-editions.com&quot;&gt;www.donquichotte-editions.com&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#CC0000&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour toute demande d'entretien, intervention publique, conf&#233;rence, rencontre-d&#233;bat sur l'affaire des Cinq de Miami : &lt;a href=&quot;mailto:mlemoineau@gmail.com&quot;&gt;mlemoineau@gmail.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>L'&#233;nigme r&#233;solue du g&#233;n&#233;ral McChrystal</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sami Na&#239;r</dc:creator>

<category domain="http://www.medelu.org/spip.php?rubrique42">Les analyses de Sami Na&#239;r</category>


		<description>Les d&#233;clarations du g&#233;n&#233;ral McChrystal avaient &#224; juste titre d&#233;fray&#233; la chronique internationale et entra&#238;n&#233; sa destitution imm&#233;diate par le pr&#233;sident Obama. Dans l'histoire heurt&#233;e de l'arm&#233;e am&#233;ricaine, de la guerre de Cor&#233;e &#224; celle du Vietnam, en passant par celle d'Irak, il ne manque pas d'exemples d'officiers de haut rang qui jettent l'&#233;ponge en plein champ de bataille en raison de d&#233;saccords, ou qui se font renvoyer pour incomp&#233;tence professionnelle. &lt;br /&gt;Le g&#233;n&#233;ral McChrystal ne fait pas partie du lot (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les d&#233;clarations du g&#233;n&#233;ral McChrystal avaient &#224; juste titre d&#233;fray&#233; la chronique internationale et entra&#238;n&#233; sa destitution imm&#233;diate par le pr&#233;sident Obama. Dans l'histoire heurt&#233;e de l'arm&#233;e am&#233;ricaine, de la guerre de Cor&#233;e &#224; celle du Vietnam, en passant par celle d'Irak, il ne manque pas d'exemples d'officiers de haut rang qui jettent l'&#233;ponge en plein champ de bataille en raison de d&#233;saccords, ou qui se font renvoyer pour incomp&#233;tence professionnelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le g&#233;n&#233;ral McChrystal ne fait pas partie du lot : il n'est ni incomp&#233;tent ni d&#233;fenseur de valeurs sup&#233;rieures. C'est un technicien, un professionnel des armes, une sorte de Rambo de la guerre afghane. Cela explique sans doute qu'il se soit livr&#233; &#224; des saillies vulgaires, mais non, comme il l'a fait, qu'il se soit immol&#233; en direct. Comment un homme investi d'une si haute responsabilit&#233; a-t-il pu se permettre de tels propos ? Cela restait une &#233;nigme pour la plupart des dirigeants militaires et politiques engag&#233;s dans l'aventure afghane.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le voile commence maintenant &#224; &#234;tre lev&#233;. Au d&#233;pit, d'ailleurs, du pr&#233;sident Obama lui-m&#234;me. Le site WikiLeaks a publi&#233; des documents de l'arm&#233;e am&#233;ricaine, class&#233;s &#171; secret &#187;, sur la guerre en Afghanistan, de 2004 &#224; fin 2009. Il en ressort que l'OTAN s'est rendue parfois coupable d'atrocit&#233;s contre la population civile et que la strat&#233;gie anti-insurrectionnelle est un grave et irr&#233;m&#233;diable &#233;chec. D&#233;j&#224;, le rapport de l'association Afghanistan Rights Monitor (ARM) avait fourni des chiffres dramatiques : les six premiers mois de l'ann&#233;e 2010 se sont sold&#233;s par 1 074 morts civils et plus de 1 500 bless&#233;s, dont au moins 36% imputables aux troupes de l'OTAN !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On comprend mieux pourquoi le g&#233;n&#233;ral McChrystal a quitt&#233; en catastrophe le navire afghan. Non pas qu'il s'indignait du nombre de victimes civiles, mais plut&#244;t parce qu'il avait pris la mesure du d&#233;sastre militaire &#224; venir &#8211; et n'en entendait pas porter le chapeau. Les raisons qu'il a invoqu&#233;es pour se faire mettre &#224; la porte tiennent &#224; peu pr&#232;s dans l'analyse suivante : &#171; A Washington, on ne me donne pas les moyens de gagner la guerre sur le terrain. Non seulement j'ai de plus en plus de difficult&#233;s &#224; me faire entendre, mais m&#234;me les alli&#233;s sont en train de se retirer petit &#224; petit, et ont fix&#233; leur retrait total &#224; moyenne &#233;ch&#233;ance. Notre intervention est impopulaire ; le soutien &#224; Hamid Karza&#239; ne fait qu'aggraver les choses. Cette guerre n'est pas gagnable. D'o&#249; le dilemme : ou bien je continue &#224; demander des moyens en vain, ou bien je devrai quitter le champ de bataille dans la d&#233;faite. Dans les deux cas, je suis vaincu &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et c'&#233;tait bien l&#224; le probl&#232;me de fond, car chacun sait d&#233;sormais aux Etats-Unis que cette guerre peut se transformer en un nouveau Vietnam. La strat&#233;gie vendue par le g&#233;n&#233;ral Petraeus &#224; George Bush en 2008, et qui a servi &#224; d&#233;finir la mission de McChrystal au nom de l'OTAN (&#171; afghanisation &#187; du conflit, r&#233;gionalisation, d&#233;veloppement-reconstruction) est incapable de venir &#224; bout de l'insurrection parce qu'elle est construite sur des pr&#233;suppos&#233;s erron&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'id&#233;e qu'un gouvernement dirig&#233; par Karza&#239; puisse obtenir une l&#233;gitimit&#233; permanente, c'est-&#224;-dire apr&#232;s le retrait des forces am&#233;ricaines, oublie que ce monsieur sera toujours contest&#233; parce qu'il est arriv&#233; dans les fourgons de l'arm&#233;e d'occupation ; l'id&#233;e que l'on peut &#171; retourner &#187; le peuple afghan contre les Talibans si on am&#233;liore significativement ses moyens d'existence ne tient pas compte du caract&#232;re archa&#239;que de la soci&#233;t&#233; afghane, fond&#233;e sur des solidarit&#233;s tribales autrement plus fortes que la seule &#171; logique du ventre &#187; &#224; laquelle ob&#233;it la vision am&#233;ricaine ; l'id&#233;e que les voisins de l'Afghanistan (Pakistan, Inde, Iran, Russie) peuvent contribuer &#224; la victoire am&#233;ricaine oublie les insurmontables contradictions entre les uns et les autres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; Le pi&#232;ge afghan s'est bel et bien referm&#233; sur les Etats-Unis, et ils ne s'en sortiront pas si facilement. Et c'est bien la conclusion que l'on peut retirer des documents confidentiels de l'arm&#233;e et des services secrets divulgu&#233;s opportun&#233;ment par la presse et sur Internet. McChrystal &#233;tait tr&#232;s bien plac&#233; pour comprendre cette situation. Bref, sa &#171; gaffe &#187;, m&#234;me si elle lui a fait passer un moment difficile, lui aura quand m&#234;me permis de sortir du bourbier afghan avant d'avoir totalement &#233;chou&#233;. Il a fendu sa carri&#232;re en deux, mais il pourra au moins dire, le moment venu, qu'il n'a pas perdu cette guerre ingagnable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>La bataille Venezuela</title>
		<link>http://www.medelu.org/spip.php?article536</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.medelu.org/spip.php?article536</guid>
		<dc:date>2010-08-31T09:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ignacio Ramonet</dc:creator>

<category domain="http://www.medelu.org/spip.php?rubrique23">Chroniques du mois</category>


		<description>Dans la dispute pour l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique en Am&#233;rique latine, deux &#233;preuves d&#233;cisives se d&#233;roulent les prochaines semaines : &#233;lections l&#233;gislatives au Venezuela, le 26 septembre, et scrutin pr&#233;sidentiel au Br&#233;sil, le 3 octobre. Si la gauche d&#233;mocratique ne venait pas &#224; l'emporter dans ce pays-g&#233;ant, le pendule politique s'inclinerait, &#224; l'&#233;chelle continentale, vers la droite qui gouverne d&#233;j&#224; dans sept pays : Chili, Colombie, Costa Rica, Honduras, Mexique, Panama et P&#233;rou. Mais une telle (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la dispute pour l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique en Am&#233;rique latine, deux &#233;preuves d&#233;cisives se d&#233;roulent les prochaines semaines : &#233;lections l&#233;gislatives au Venezuela, le 26 septembre, et scrutin pr&#233;sidentiel au Br&#233;sil, le 3 octobre. Si la gauche d&#233;mocratique ne venait pas &#224; l'emporter dans ce pays-g&#233;ant, le pendule politique s'inclinerait, &#224; l'&#233;chelle continentale, vers la droite qui gouverne d&#233;j&#224; dans sept pays : Chili, Colombie, Costa Rica, Honduras, Mexique, Panama et P&#233;rou. Mais une telle &#233;ventualit&#233; semble peu probable ; Jos&#233; Serra, candidat du Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne (PSDB), pourra difficilement s'imposer face &#224; Dilma Rousseff, du Parti des travailleurs (PT), candidate soutenue par le tr&#232;s populaire pr&#233;sident sortant Luiz Inacio Lula da Silva, qui, si la Constitution l'avait permis, e&#251;t &#233;t&#233; facilement r&#233;&#233;lu pour un troisi&#232;me mandat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'affaire &#233;tant pour ainsi dire r&#233;gl&#233;e au Br&#233;sil, les forces conservatrices internationales concentrent leurs attaques sur l'autre front, le Venezuela, dans l'espoir d'affaiblir le pr&#233;sident Hugo Chavez et la R&#233;volution bolivarienne. Ce qui s'y joue, c'est la d&#233;signation des 165 d&#233;put&#233;s &#224; l'Assembl&#233;e nationale (il n'y a pas de S&#233;nat). Avec une particularit&#233; : les &#233;lus sortants sont presque tous &#171; chavistes &#187;, l'opposition ayant refus&#233; de participer au pr&#233;c&#233;dent scrutin de 2005. Cette fois, elle n'a pas commis la m&#234;me erreur ; un assemblage h&#233;t&#233;roclite de partis et d'organisations [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Acci&#243;n Democr&#225;tica (social-d&#233;mocrate), Alianza Bravo Pueblo (droite), (...)' &gt;1&lt;/a&gt;], agr&#233;g&#233;s par la haine anti-Chavez, se pr&#233;sente sous le sigle commun du MUD (Mesa de la Unidad Democr&#225;tica, &lt;em&gt;Table de l'unit&#233; d&#233;mocratique&lt;/em&gt;) contre le Parti socialiste unifi&#233; du Venezuela (PSUV) [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Fond&#233; en 2007, le PSUV r&#233;unit presque toutes les forces politiques qui (...)' &gt;2&lt;/a&gt;] du pr&#233;sident.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;In&#233;vitablement, la majorit&#233; bolivarienne verra ses rangs diminuer dans la nouvelle Assembl&#233;e. De combien de d&#233;put&#233;s ? Le gouvernement pourra-t-il poursuivre son programme de grandes r&#233;formes ? L'opposition aura-t-elle les moyens de freiner la r&#233;volution ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tels sont les enjeux. En sachant que 60 % des parlementaires (soit 99 si&#232;ges) sont &#233;lus au scrutin uninominal, et les autres 40 % (soit 66 si&#232;ges) &#224; la proportionnelle. La liste qui d&#233;passe les 50 % des suffrages obtient automatiquement 75 % des si&#232;ges r&#233;serv&#233;s au scrutin proportionnel. Ceci est fort important, car la Constitution pr&#233;voit que les lois organiques [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; id=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Une loi organique compl&#232;te la Constitution et pr&#233;cise l&amp;#39;organisation des (...)' &gt;3&lt;/a&gt;] doivent &#234;tre vot&#233;es par les deux tiers des d&#233;put&#233;s, et que les grandes lois qui habilitent le pr&#233;sident &#224; l&#233;gif&#233;rer par d&#233;cret, doivent l'&#234;tre par les trois cinqui&#232;mes des d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela signifie que si l'opposition obtenait 56 si&#232;ges (sur 165), elle pourrait emp&#234;cher l'adoption de toute loi organique ; avec 67 si&#232;ges, elle rendrait impossible le vote de lois habilitantes. Or, jusqu'&#224; pr&#233;sent, ce sont pr&#233;cis&#233;ment les lois habilitantes qui ont permis la r&#233;alisation des principales r&#233;formes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; pourquoi la bataille Venezuela mobilise tant d'&#233;nergies et de ressources au sein des droites internationales. Cela explique aussi la hargne et l'agressivit&#233; des nouvelles campagnes de diffamation lanc&#233;es, &#224; l'&#233;chelle mondiale, contre le pr&#233;sident Hugo Chavez. Ces derniers mois, les accusations les plus malveillantes se sont succ&#233;d&#233;es. Les m&#233;dias de haine ont d'abord fait grand bruit autour des probl&#232;mes de restrictions d'eau et de coupures d'&#233;lectricit&#233; (aujourd'hui r&#233;solus) dont ils rendaient coupable le gouvernement, sans mentionner la seule et vraie cause : le changement climatique responsable de la s&#233;cheresse du si&#232;cle qui a frapp&#233; l'hiver dernier le pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils ont ensuite r&#233;p&#233;t&#233; &#224; sati&#233;t&#233; les accusations sans preuve avanc&#233;es par l'ancien pr&#233;sident de Colombie, Alvaro Uribe, &#224; propos d'un suppos&#233; &quot;&lt;em&gt;Venezuela, sanctuaire des terroristes&lt;/em&gt;&quot;. D&#233;nonciations aujourd'hui abandonn&#233;es par le nouveau pr&#233;sident Juan Manuel Santos apr&#232;s sa rencontre du 10 ao&#251;t avec Hugo Chavez. Celui-ci avait, une fois encore, redit que les gu&#233;rillas doivent abandonner la lutte arm&#233;e : &quot;&lt;em&gt;Le monde actuel n'est pas celui des ann&#233;es 1960. Les conditions ne se pr&#234;tent plus, en Colombie, &#224; une prise du pouvoir. En revanche, la lutte arm&#233;e est devenue le pr&#233;texte principal de l'Empire pour p&#233;n&#233;trer &#224; fond en Colombie et, &#224; partir de l&#224;, agresser le Venezuela, l'Equateur, le Nicaragua et Cuba &lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; id=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Clar&#237;n, Buenos Aires, 25 juillet 2010.' &gt;4&lt;/a&gt;].&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Puis il y a eu les affolantes campagnes sur l'ins&#233;curit&#233;. Comme si le probl&#232;me - auquel les autorit&#233;s s'attaquent avec des moyens redoubl&#233;s [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb5&quot; name=&quot;nh5&quot; id=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Cf. Maurice Lemoine, &quot;En proie &#224; l&amp;#39;ins&#233;curit&#233;, Caracas br&#251;le-t-elle (...)' &gt;5&lt;/a&gt;] - &#233;tait nouveau. Voici, par exemple, ce qu'on pouvait lire - d&#233;j&#224; en juillet 1995 ! - dans un reportage sur la saga de l'ins&#233;curit&#233; dans capitale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne : &quot;&lt;em&gt;Une v&#233;ritable psychose de peur hante Caracas.(...) La violence a atteint un tel degr&#233; de folie que les d&#233;linquants ne se contentent plus de voler.(...) On frappe pour le plaisir de frapper, on tue pour le plaisir de tuer. On s'acharne, on se saoule de cruaut&#233;. En une semaine, plusieurs personnalit&#233;s - dont un c&#233;l&#232;bre joueur de base-ball (Gustavo Polidor), un chirurgien et un avocat - ont &#233;t&#233; assassin&#233;es sous les yeux de leur famille. L'ins&#233;curit&#233; est partout. Une cinquantaine de chauffeurs d'autobus de la capitale ont &#233;t&#233; tu&#233;s depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e&lt;/em&gt;... [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb6&quot; name=&quot;nh6&quot; id=&quot;nh6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] Ignacio Ramonet, &quot;Le Venezuela, vers la guerre sociale ?&quot;, (...)' &gt;6&lt;/a&gt;]&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contre toute &#233;vidence, les m&#233;dias de haine r&#233;p&#232;tent &#233;galement que les libert&#233;s politiques seraient amput&#233;es et que la censure emp&#234;cherait toute libert&#233; d'expression. Ils oublient de signaler que 80 % des stations de radio et des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision appartiennent au secteur priv&#233;, alors qu'&#224; peine 9% sont publiques [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb7&quot; name=&quot;nh7&quot; id=&quot;nh7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] Ils &quot;oublient&quot; &#233;galement de signaler que, au Honduras, par (...)' &gt;7&lt;/a&gt;]. Ou que, depuis 1999, quinze &#233;lections d&#233;mocratiques se sont tenues, et qui n'ont jamais &#233;t&#233; contest&#233;es par aucun organisme international de supervision. Comme le souligne le journaliste Jos&#233; Vicente Rangel : &quot;&lt;em&gt;Chaque citoyen peut adh&#233;rer &#224; n'importe lequel des milliers de partis politiques, syndicats, organisations sociales ou associations, et se d&#233;placer sur l'ensemble du territoire national pour d&#233;battre de ses id&#233;es et opinions sans limitation d'aucune sorte &lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb8&quot; name=&quot;nh8&quot; id=&quot;nh8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] www.abn.info.ve/node/12781' &gt;8&lt;/a&gt;].&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis la premi&#232;re &#233;lection d'Hugo Chavez, en 1999, l'investissement social a quintupl&#233; par rapport &#224; la moyenne de celui r&#233;alis&#233; entre 1988 et 1998. Cela a permis d'atteindre, avec cinq ans d'avance, presque tous les Objectifs du mill&#233;naire fix&#233;s par l'ONU pour 2015 [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9&quot; name=&quot;nh9&quot; id=&quot;nh9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/specials/2009/chavez_10/newsid_7837000/783' &gt;9&lt;/a&gt;]. Le taux de pauvret&#233; a chut&#233; de 49,4 % en 1999 &#224; 30,2 % en 2006, et celui de mis&#232;re de 21,7 % &#224; 7,2% [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb10&quot; name=&quot;nh10&quot; id=&quot;nh10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php ?45387' &gt;10&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De r&#233;sultats aussi prometteurs, m&#233;ritent-ils vraiment tant de haine ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Acci&#243;n Democr&#225;tica (social-d&#233;mocrate), Alianza Bravo Pueblo (droite), Copei (d&#233;mocrate-chr&#233;tien), Fuerza Liberal (ultralib&#233;ral), La Causa R (ex-communistes), MAS (Mouvement au socialisme, gauche conservatrice), Movimiento Republicano (n&#233;olib&#233;ral), PPT (Patrie pour tous, droite), Podemos (Pour la d&#233;mocratie sociale, gauche conservatrice), Primero Justicia (ultralib&#233;ral) et Un Nuevo Tiempo (social-lib&#233;ral).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh2&quot; name=&quot;nb2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Fond&#233; en 2007, le PSUV r&#233;unit presque toutes les forces politiques qui soutiennent la R&#233;volution bolivarienne : Movimiento Quinta Rep&#250;blica, Movimiento Electoral del Pueblo, Movimiento Independiente Ganamos Todos, Liga Socialista, Unidad Popular Venezolana, etc. Le Parti communiste du Venezuela (PCV) n'a pas int&#233;gr&#233; le PSUV, mais il soutient la plupart de ses options et a sign&#233; avec lui un accord &#233;lectoral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh3&quot; name=&quot;nb3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Une loi organique compl&#232;te la Constitution et pr&#233;cise l'organisation des pouvoirs publics. Dans la hi&#233;rarchie des lois, elle se situe au-dessous de la Constitution, mais au-dessus des lois ordinaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh4&quot; name=&quot;nb4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;em&gt;Clar&#237;n&lt;/em&gt;, Buenos Aires, 25 juillet 2010.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh5&quot; name=&quot;nb5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Cf. Maurice Lemoine, &quot;En proie &#224; l'ins&#233;curit&#233;, Caracas br&#251;le-t-elle ?&quot;, &lt;em&gt;Le Monde diplomatique&lt;/em&gt;, Paris, ao&#251;t 2010.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh6&quot; name=&quot;nb6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Ignacio Ramonet, &quot;Le Venezuela, vers la guerre sociale ?&quot;, &lt;em&gt;Le Monde diplomatique&lt;/em&gt;, juillet 1995.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh7&quot; name=&quot;nb7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Ils &quot;oublient&quot; &#233;galement de signaler que, au Honduras, par exemple, pendant le premier semestre de cette ann&#233;e, neuf journalistes ont &#233;t&#233; assassin&#233;s...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh8&quot; name=&quot;nb8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/www.abn.info.ve/node/12781&quot;&gt;www.abn.info.ve/node/12781&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9&quot; name=&quot;nb9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.elpueblosoberano.net/?ohMSu5ux&quot;&gt;http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/specials/2009/chavez_10/newsid_7837000/7837964.stm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh10&quot; name=&quot;nb10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?45387&quot;&gt;www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php ?45387&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>L'organe peut-il cr&#233;er la fonction ?</title>
		<link>http://www.medelu.org/spip.php?article535</link>
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		<dc:date>2010-08-31T09:12:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Cassen</dc:creator>

<category domain="http://www.medelu.org/spip.php?rubrique23">Chroniques du mois</category>


		<description>Une nouvelle institution europ&#233;enne, cr&#233;&#233;e par le trait&#233; de Lisbonne, a officiellement &#233;t&#233; mise en place le 26 juillet dernier par les 27 ministres des affaires &#233;trang&#232;res de l'Union europ&#233;enne (UE), et elle devrait &#234;tre pleinement op&#233;rationnelle au d&#233;but 2011. Il s'agit du Service europ&#233;en pour l'action ext&#233;rieure (SEAE), en d'autres termes d'un service diplomatique europ&#233;en. A sa t&#234;te, une personnalit&#233; qui combine les fonctions de Haute Repr&#233;sentante de l'UE pour les affaires &#233;trang&#232;res et les (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une nouvelle institution europ&#233;enne, cr&#233;&#233;e par le trait&#233; de Lisbonne, a officiellement &#233;t&#233; mise en place le 26 juillet dernier par les 27 ministres des affaires &#233;trang&#232;res de l'Union europ&#233;enne (UE), et elle devrait &#234;tre pleinement op&#233;rationnelle au d&#233;but 2011. Il s'agit du Service europ&#233;en pour l'action ext&#233;rieure (SEAE), en d'autres termes d'un service diplomatique europ&#233;en. A sa t&#234;te, une personnalit&#233; qui combine les fonctions de Haute Repr&#233;sentante de l'UE pour les affaires &#233;trang&#232;res et les politiques de s&#233;curit&#233; et de vice-pr&#233;sidente de la Commission : la baronne britannique Catherine Ashton.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le SEAE comprendra entre 6 et 7 000 agents bas&#233;s &#224; Bruxelles (environ 2 500) ou dans les actuelles d&#233;l&#233;gations de la Commission dans 136 pays (environ 4 500). Pour 60 % d'entre eux, il s'agira de personnels europ&#233;ens d&#233;j&#224; en place et, pour le gros tiers restant, de diplomates nationaux des 27 Etats membres de l'UE. Ce dispositif est impressionnant, mais une question de simple bon sens se pose : quelle politique &#233;trang&#232;re &#171; europ&#233;enne &#187; ce service est-il cens&#233; mener ? En d'autres termes, existe-il une politique &#171; europ&#233;enne &#187; distincte des 27 politiques nationales, et particuli&#232;rement de celles des grands Etats (Allemagne, Espagne, France, Italie, Pologne, Royaume-Uni) qui, pour des raisons historiques, ont des int&#233;r&#234;ts, des zones d'influence et des pr&#233;occupations g&#233;opolitiques qui ne co&#239;ncident pas et qui, dans certains cas, peuvent m&#234;me diverger ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette question renvoie &#224; la nature m&#234;me de l'UE. Elle oppose, d'un c&#244;t&#233;, les &#171; europ&#233;istes &#187;, partisans de la supranationalit&#233;, pour lesquels l'Europe existe ind&#233;pendamment des Etats qui la composent &#8211; ce qui est la logique profonde du Parlement europ&#233;en et de la Commission - et, d'un autre c&#244;t&#233;, ceux pour qui la souverainet&#233; et la l&#233;gitimit&#233; r&#233;sident seulement, et pour l'avenir pr&#233;visible, dans les Etats. La mise en place du SEAE a vu s'affronter ces deux conceptions : la majorit&#233; du Parlement europ&#233;en aurait voulu que le nouveau service fasse partie int&#233;grante de la Commission et m&#232;ne sa politique de mani&#232;re autonome par rapport aux Etats membres de l'UE. Pour les gouvernements, au contraire, et comme l'a rappel&#233; le secr&#233;taire d'Etat fran&#231;ais aux affaires europ&#233;ennes Pierre Lellouche, &lt;em&gt;&#171; la cl&#233; de la l&#233;gitimit&#233; de l'action diplomatique, c'est le Conseil europ&#233;en &#187;&lt;/em&gt;. La &#171; double casquette &#187; de Lady Ashton ne doit pas faire illusion : ce sont prioritairement les gouvernements qui encadreront ses activit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'id&#233;e que la fonction cr&#233;e l'organe est un des acquis de la biologie et, en politique, c'est elle qui justifie la cr&#233;ation d'institutions nationales et internationales. Mais, dans le cas du SEAE, l'organe peut-il cr&#233;er la fonction ? Concr&#232;tement, une politique &#233;trang&#232;re europ&#233;enne commune peut-elle surgir, par g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e, de l'existence d'un tel outil ? Si le SEAE avait exist&#233; en 2003, quelle position aurait-il pu prendre sur l'invasion de l'Irak condamn&#233;e par la France et l'Allemagne, mais chaleureusement approuv&#233;e par la quasi totalit&#233; des autres Etats membres de l'UE, Royaume-Uni et Espagne (celle de Jos&#233; Maria Aznar) en t&#234;te ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur les dossiers de politique internationale qui font consensus entre les Vingt-Sept, et si toutes les parties jouent le jeu, le SEAE pourra jouer un r&#244;le utile de mise en coh&#233;rence des diplomaties nationales et des actions ext&#233;rieures de la Commission, notamment sur le plan budg&#233;taire. Pour les autres dossiers, les Etats conserveront la main car les int&#233;r&#234;ts nationaux, que les &#171; europ&#233;istes &#187; veulent diaboliser en les qualifiant d'&#233;go&#239;smes nationaux, ne dispara&#238;tront pas d'un coup de baguette magique. Et c'est seulement si elle les respecte que la construction europ&#233;enne pourra retrouver une partie de la l&#233;gitimit&#233; qu'elle a perdue dans de larges secteurs des opinions publiques d'Europe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>La corruption de la d&#233;mocratie</title>
		<link>http://www.medelu.org/spip.php?article502</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.medelu.org/spip.php?article502</guid>
		<dc:date>2010-07-31T21:35:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ignacio Ramonet</dc:creator>

<category domain="http://www.medelu.org/spip.php?rubrique23">Chroniques du mois</category>


		<description>L' &quot;affaire Bettencourt&quot; qui secoue la France avec sa tornade de perquisitions, de haines familiales, de ch&#232;ques dissimul&#233;s, d'enregistrements furtifs, de d&#233;lits fiscaux, de connivences politico-financi&#232;res, et de soup&#231;ons de financement occulte du parti du pr&#233;sident Nicolas Zarkozy, r&#233;v&#232;le la profonde crise morale que traverse le pays. &lt;br /&gt;Propri&#233;taire de l'empire de cosm&#233;tiques et parfums L'Or&#233;al, &#224; la t&#234;te d'une fortune de quelque 17 milliards d'euros, Liliane Bettencourt est au centre (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L' &quot;affaire Bettencourt&quot; qui secoue la France avec sa tornade de perquisitions, de haines familiales, de ch&#232;ques dissimul&#233;s, d'enregistrements furtifs, de d&#233;lits fiscaux, de connivences politico-financi&#232;res, et de soup&#231;ons de financement occulte du parti du pr&#233;sident Nicolas Zarkozy, r&#233;v&#232;le la profonde crise morale que traverse le pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Propri&#233;taire de l'empire de cosm&#233;tiques et parfums L'Or&#233;al, &#224; la t&#234;te d'une fortune de quelque 17 milliards d'euros, Liliane Bettencourt est au centre d'un hallucinant feuilleton devenu affaire d'Etat. Des conversations vol&#233;es &#224; son domicile ont en effet r&#233;v&#233;l&#233; que le ministre du travail, Eric Woerth, aurait us&#233; de son influence - quand il &#233;tait ministre du budget et par cons&#233;quent responsable de l'administration fiscale - pour faire recruter par la propri&#233;taire de L'Or&#233;al sa propre &#233;pouse, Florence, (avec un salaire annuel d'environ 200 000 euros) pour g&#233;rer de la fortune de la milliardaire... Au passage, Eric Woerth, &#233;galement tr&#233;sorier du parti pr&#233;sidentiel UMP, aurait per&#231;u, en liquide, des dons de dizaines de milliers d'euros pour financer la campagne &#233;lectorale de Sarkozy en 2007 [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] En France, la loi de financement des partis politiques du 11 avril (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]... En &#233;change, l'ancien ministre du budget est soup&#231;onn&#233; d'avoir ferm&#233; les yeux sur une partie du patrimoine non d&#233;clar&#233; au fisc de Mme Bettencourt : notamment, plusieurs comptes en Suisse et une &#238;le des Seychelles estim&#233;e &#224; un demi milliard d'euros... Bien entendu, M. Woerth nie en bloc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette consternante affaire acquiert une dimension particuli&#232;rement scabreuse quand on sait que ce m&#234;me Eric Woerth est charg&#233; de conduire la s&#233;v&#232;re r&#233;forme des retraites qui frappera des millions de salari&#233;s modestes... Dans une atmosph&#232;re de fortes tensions sociales et d'&#233;meutes de d&#233;class&#233;s (enfants d'immigr&#233;s, tziganes) cette &quot;affaire Bettencourt&quot; r&#233;veille le vieil affrontement entre les &#233;lites et le peuple. &quot;&lt;em&gt;Le climat de la soci&#233;t&#233;&lt;/em&gt;, constate le philosophe Marcel Gauchet, &lt;em&gt;se trouve aujourd'hui impr&#233;gn&#233; de r&#233;volte latente et d'un sentiment de distance radicale &#224; l'&#233;gard du personnel dirigeant [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Le Monde, Paris, 18 juillet 2010.' &gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/em&gt;.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La France n'est pas la seule d&#233;mocratie rong&#233;e para la corruption de certains responsables politiques et par la confusion permanente que nombre d'entre eux entretiennent entre la fonction publique et les profits priv&#233;s. On se souvient, par exemple, du r&#233;cent scandale des abus des notes de frais des parlementaires britanniques qui contribua sans doute &#224; l'&#233;chec &#233;lectoral des travaillistes anglais le 6 mai dernier. Dans l'Italie de Silvio Berlusconi, presque vingt ans apr&#232;s l'op&#233;ration &quot;&lt;em&gt;mane pulite&lt;/em&gt;&quot; qui avait d&#233;capit&#233; la classe politique, la corruption, comme une m&#233;tastase, se r&#233;pand &#224; nouveau devant l'impuissance d'une gauche paralys&#233;e et d&#233;pourvue d'id&#233;es. La Cour des comptes italienne, dans son dernier rapport, confirme que le nombre de d&#233;lits de corruption active des fonctionnaires a enfl&#233; l'an dernier de plus de 150% [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; id=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Clar&#237;n, Buenos Aires, 17 f&#233;vrier 2010.' &gt;3&lt;/a&gt;]. Et que dire de l'Espagne, accabl&#233;e par les multiples cas de corruption de responsables politiques li&#233;s aux &quot;seigneurs du b&#226;timent&quot; enrichis par les complaisantes tol&#233;rances en mati&#232;re de construction et d'urbanisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A l'&#233;chelle internationale, la corruption atteint, &#224; l'&#232;re de la globalisation, une dimension structurelle. Sa pratique s'est banalis&#233;e ainsi que d'autres formes de la criminalit&#233; corruptrice : d&#233;tournement de fonds, manipulation de contrats publics, abus de biens sociaux, cr&#233;ation et financement d'emplois fictifs, fraude fiscale, occultation de capitaux provenant d'activit&#233;s illicites, etc. Il se v&#233;rifie ainsi que la corruption constitue un pilier fondamental du capitalisme. L'essayiste Mois&#233;s Na&#239;m affirme que, au cours des prochaines d&#233;cennies, &quot;&lt;em&gt;les activit&#233;s des r&#233;seaux ill&#233;gaux et leurs partenaires du monde l&#233;gal, public ou priv&#233;, auront un impact beaucoup plus important sur les relations internationales, les strat&#233;gies de d&#233;veloppement &#233;conomique, la promotion de la d&#233;mocratie, le commerce, les finances, les migrations, la s&#233;curit&#233; globale, enfin, sur la guerre et sur la paix, que ce que nous avions imagin&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; id=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Mois&#233;s Na&#237;m, Il&#237;cito, Debate, Madrid, 2006.' &gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/em&gt;.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon la Banque mondiale, chaque ann&#233;e, dans le monde, les flux d'argent provenant de la corruption, des affaires d&#233;lictueuses et de l'&#233;vasion fiscale et allant vers les paradis fiscaux atteignent la somme astronomique de 1.600 milliards d'euros... De ce montant, quelque 250 milliards correspondent &#224; la fraude fiscale r&#233;alis&#233;e dans la seule Union europ&#233;enne. Revers&#233;s dans l'&#233;conomie l&#233;gale, ces 250 milliards d'euros permettraient d'&#233;viter, &#224; eux seuls, les plans de rigueur et la casse des retraites qui provoquent actuellement tant de souffrances sociales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nul dirigeant ne doit oublier que la d&#233;mocratie est essentiellement un projet &#233;thique, fond&#233; sur la vertu et sur un syst&#232;me de nobles valeurs qui donne un sens &#224; l'exercice du pouvoir. Le sociologue Jos&#233; Vidal-Beneyto, dans un livre posthume qui vient de para&#238;tre [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb5&quot; name=&quot;nh5&quot; id=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Jos&#233; Vidal-Beneyto, La corrupci&#243;n de la democracia, Catarata, Madrid, (...)' &gt;5&lt;/a&gt;], nous le rappelle : &quot;&lt;em&gt;Lorsque, dans une d&#233;mocratie, les principales forces politiques, en pleine harmonie mafieuse, se mettent d'accord pour tromper les citoyens&lt;/em&gt;&quot;, la d&#233;mocratie se discr&#233;dite, la politique se d&#233;grade, l'abstention se renforce et, plus dangereux encore, l'extr&#234;me droite s'amplifie. Et de conclure : &quot;&lt;em&gt;Un gouvernement se corrompt par la corruption, et quand il y a de la corruption au sein d'une d&#233;mocratie, c'est la d&#233;mocratie elle-m&#234;me qui se retrouve corrompue&lt;/em&gt;.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] En France, la loi de financement des partis politiques du 11 avril 2003, limite les dons des personnes physiques &#224; 7500 euros par an.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh2&quot; name=&quot;nb2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;, Paris, 18 juillet 2010.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh3&quot; name=&quot;nb3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;em&gt;Clar&#237;n&lt;/em&gt;, Buenos Aires, 17 f&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh4&quot; name=&quot;nb4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Mois&#233;s Na&#237;m, &lt;em&gt;Il&#237;cito,&lt;/em&gt; Debate, Madrid, 2006.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh5&quot; name=&quot;nb5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Jos&#233; Vidal-Beneyto, &lt;em&gt;La corrupci&#243;n de la democracia&lt;/em&gt;, Catarata, Madrid, 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Tous ensemble, comme les moutons de Panurge !</title>
		<link>http://www.medelu.org/spip.php?article503</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.medelu.org/spip.php?article503</guid>
		<dc:date>2010-07-31T20:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Cassen</dc:creator>

<category domain="http://www.medelu.org/spip.php?rubrique23">Chroniques du mois</category>


		<description>Quand il s'agit de porter un jugement sur les politiques &#233;conomiques du Vieux Continent, et en particulier sur la monnaie unique europ&#233;enne, les r&#233;actions en provenance des Etats-Unis sont consid&#233;r&#233;es comme a priori suspectes. Pour autant, quand Barack Obama s'inqui&#232;te des cons&#233;quences n&#233;gatives des politiques restrictives mises en &#339;uvre partout en Europe, il n'a pas n&#233;cessairement tort parce qu'il est pr&#233;sident des Etats-Unis ! &lt;br /&gt;Comme lui, n'importe quelle personne dot&#233;e d'un minimum de bon sens (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand il s'agit de porter un jugement sur les politiques &#233;conomiques du Vieux Continent, et en particulier sur la monnaie unique europ&#233;enne, les r&#233;actions en provenance des Etats-Unis sont consid&#233;r&#233;es comme &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; suspectes. Pour autant, quand Barack Obama s'inqui&#232;te des cons&#233;quences n&#233;gatives des politiques restrictives mises en &#339;uvre partout en Europe, il n'a pas n&#233;cessairement tort parce qu'il est pr&#233;sident des Etats-Unis !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme lui, n'importe quelle personne dot&#233;e d'un minimum de bon sens aura en effet du mal &#224; comprendre comment, &#224; l'int&#233;rieur d'un ensemble &#233;conomique aussi int&#233;gr&#233; que l'est l'Union europ&#233;enne (UE), une juxtaposition de plans nationaux d'aust&#233;rit&#233; visant &#224; diminuer la dette publique pourrait conduire &#224; une croissance de l'ensemble des pays concern&#233;s. Un tel exemple de pens&#233;e magique t&#233;moigne du d&#233;sarroi, voire de la panique de gouvernements europ&#233;ens : ils ont perdu tous leurs rep&#232;res et oubli&#233; les le&#231;ons de la Grande D&#233;pression des ann&#233;es 1930 [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb8-1&quot; name=&quot;nh8-1&quot; id=&quot;nh8-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Lire Jacques Sapir : http://www.medelu.org/spip.php ?article439 et (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]. Ne ma&#238;trisant plus rien, et la plupart d'entre eux ne disposant plus de la confiance de leurs concitoyens, ils capitulent devant le plus puissant, celui de Berlin, qui s'est auto-proclam&#233; mod&#232;le &#224; suivre et leur a impos&#233; ses vues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me est que ce mod&#232;le allemand n'est pas transposable chez ses voisins, sauf &#224; s'auto-d&#233;truire. Il est en effet fond&#233; sur la d&#233;flation salariale &#8211; donc sur la stagnation de la consommation, notamment de produits import&#233;s - et sur les exc&#233;dents commerciaux, dont plus de la moiti&#233; se r&#233;alisent aux d&#233;pens de ses partenaires europ&#233;ens. Par d&#233;finition, les exc&#233;dents des uns sont les d&#233;ficits des autres, tout particuli&#232;rement au sein de l'UE o&#249; plus des deux tiers des &#233;changes s'effectuent intra-zone euro.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faudrait donc, pour stimuler la croissance par les exportations, regarder au-del&#224; de l'Allemagne. Mais o&#249; ? Vers les Etats-Unis, o&#249; le ch&#244;mage, qui battait d&#233;j&#224; tous les records, a recommenc&#233; &#224; monter et o&#249; la croissance est tr&#232;s inf&#233;rieure aux pr&#233;visions ? Vers la Chine, qui revoit &#224; la baisse sa production manufacturi&#232;re, ce qui conduit les multinationales pr&#233;sentes dans le pays &#224; revoir &#224; la baisse leurs esp&#233;rances de profit ? On revient ainsi au point de d&#233;part : c'est &#224; l'Europe de trouver en elle-m&#234;me les moteurs de son redressement, non seulement en s'affranchissant de la dictature des agences de notation et des march&#233;s financiers, mais aussi en prenant le contre-pied de la politique allemande.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le prix Nobel d'&#233;conomie am&#233;ricain Paul Krugman, le comportement du gouvernement d'Angela Merkel d&#233;fie toute rationalit&#233; &#233;conomique : &lt;em&gt;&#171; Cela n'a rien &#224; voir avec du r&#233;alisme. Il s'agit d'une posture moralisatrice : les Allemands ont tendance &#224; penser que les d&#233;ficits sont moralement mauvais et que des budgets en &#233;quilibre, eux, sont vertueux, et cela ind&#233;pendamment des circonstances ou de la logique &#233;conomique &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb8-2&quot; name=&quot;nh8-2&quot; id=&quot;nh8-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Paul Krugman, &#171; That &#8216;30s feeling &#187;, International Herald Tribune, 19-20 (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]. A la d&#233;charge de Berlin, il faut reconna&#238;tre que le comportement des autres gouvernements europ&#233;ens est tout aussi aberrant. Il rappelle celui des moutons de Panurge, personnage du &lt;em&gt;Quart Livre&lt;/em&gt; de Fran&#231;ois Rabelais. A bord d'un bateau transportant un troupeau de ces ruminants, Panurge en ach&#232;te un &#224; son propri&#233;taire, et le jette &#224; la mer. Attir&#233;s par ses b&#234;lements, les autres suivent son exemple et meurent noy&#233;s. Ce que l'on oublie parfois, et qu'il faut rappeler &#224; Mme Merkel, c'est que, &#224; la fin, Panurge est lui-m&#234;me entra&#238;n&#233; dans les flots par le dernier mouton&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh8-1&quot; name=&quot;nb8-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Lire Jacques Sapir : &lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/spip.php?article439&quot;&gt;http://www.medelu.org/spip.php ?article439&lt;/a&gt; et Samir Amin : &lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/spip.php?article442&quot;&gt;http://www.medelu.org/spip.php ?article442&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh8-2&quot; name=&quot;nb8-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Paul Krugman, &#171; That &#8216;30s feeling &#187;, &lt;em&gt;International Herald Tribune&lt;/em&gt;, 19-20 juin 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Les trois &#226;ges du bolivarisme</title>
		<link>http://www.medelu.org/spip.php?article501</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.medelu.org/spip.php?article501</guid>
		<dc:date>2010-07-25T22:10:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Estrade</dc:creator>

<category domain="http://www.medelu.org/spip.php?rubrique7">Actualit&#233;s</category>


		<description>Ce n'est pas jouer au provocateur que de dire que le bolivarisme n'est pas n&#233; avec le Libertador, mais avec ses h&#233;ritiers ; qu'il n'est pas n&#233; en juillet 1826 - au congr&#232;s de Panama -, mais, en juin 1856, du combat politique et des id&#233;es unionistes de Bilbao, Torres Caicedo et autres Latino-Am&#233;ricains qui en appel&#232;rent &#224; Bol&#237;var pour r&#233;sister, au nom de l'Am&#233;rique Latine, &#224; l'expansionnisme agressif des Etats-Unis d'Am&#233;rique. Gr&#226;ce &#224; eux, le dessein d'un g&#233;n&#233;ral d'&#233;pop&#233;e est devenu peu &#224; peu jusqu'&#224; (...)

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&lt;a href="http://www.medelu.org/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est pas jouer au provocateur que de dire que le bolivarisme n'est pas n&#233; avec le Libertador, mais avec ses h&#233;ritiers ; qu'il n'est pas n&#233; en juillet 1826 - au congr&#232;s de Panama -, mais, en juin 1856, du combat politique et des id&#233;es unionistes de Bilbao, Torres Caicedo et autres Latino-Am&#233;ricains qui en appel&#232;rent &#224; Bol&#237;var pour r&#233;sister, au nom de l'Am&#233;rique Latine, &#224; l'expansionnisme agressif des Etats-Unis d'Am&#233;rique. Gr&#226;ce &#224; eux, le dessein d'un g&#233;n&#233;ral d'&#233;pop&#233;e est devenu peu &#224; peu jusqu'&#224; nous, tout au long des g&#233;n&#233;rations, le projet collectif d'un nombre croissant de ses compatriotes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'y a rien d'original &#224; consigner cet &#233;tat de fait. Sans continuateurs de Marx, il n'y aurait pas de marxisme ; sans continuateurs de Charles de Gaulle, il n'y aurait pas de gaullisme ; sans continuateurs de Per&#243;n, il n'y aurait pas de p&#233;ronisme ; sans continuateurs de Bol&#237;var, il n'y a pas de bolivarisme. Cependant, c'est bien de Sim&#243;n Bol&#237;var et des &lt;em&gt;libertadores&lt;/em&gt; qui ont partag&#233; ses vues qu'il faut partir pour examiner les &#233;tapes du cheminement lent et chaotique du bolivarisme dans les esprits et dans les programmes de lutte en Am&#233;rique latine. Quelque huit g&#233;n&#233;rations se sont succ&#233;d&#233; depuis ces ann&#233;es fondatrices. Nous ne croyons pas &#224; la th&#233;orie des g&#233;n&#233;rations comme explication de l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s, mais ce moyen aide &#224; mesurer le temps &#233;coul&#233; dans une perspective d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A cette aune, et dans l'approche retenue ici, nous avons distingu&#233; huit &#233;poques g&#233;n&#233;rationnelles successives. Par commodit&#233;, nous les avons personnalis&#233;es. Nous parlerons donc, par exemple, de l'&#233;poque de Bol&#237;var, de l'&#233;poque de Jos&#233; Mart&#237;, de l'&#233;poque de Fidel Castro, de l'&#233;poque de Hugo Ch&#225;vez. Ce faisant, nous n'ignorons pas qu'une telle personnalisation traduit mal un processus chaque jour plus collectif et plus anonyme, en m&#234;me temps qu'elle entra&#238;ne l'&#233;limination injuste d'autres figures illustres du Panth&#233;on bolivarien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ouvrage de l'abb&#233; de Pradt &#8211; &lt;em&gt;Les Trois &#194;ges des colonies&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-1&quot; name=&quot;nh9-1&quot; id=&quot;nh9-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Dominique G-F. Dufour, baron de Pradt, Les Trois &#194;ges des colonies, ou (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] -, qui servit de r&#233;f&#233;rence &#224; Bol&#237;var dans sa vision proph&#233;tique de l'avenir de l'Am&#233;rique, va nous servir &#224; tracer le cadre dans lequel s'inscrit notre proposition de p&#233;riodisation des trois &#226;ges du bolivarisme. En v&#233;rit&#233;, nous n'&#233;tudierons, et fort sommairement, que les deux premiers, c'est-&#224;-dire son enfance et son adolescence, puisque son troisi&#232;me &#226;ge, sa maturit&#233;, commence tout juste &#224; poindre aujourd'hui avec l'Alliance bolivarienne des peuples de notre Am&#233;rique (ALBA).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dit autrement, le premier &#226;ge serait celui o&#249; le bolivarisme a &#233;t&#233; port&#233; par des individus ; le deuxi&#232;me, celui o&#249; il a &#233;t&#233; port&#233; par des individus et soutenu par des mouvements ; et le troisi&#232;me, celui o&#249; il serait port&#233; par des individus, soutenu par des mouvements et mu par des &#201;tats.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;I. &#8211; L'&#226;ge des individus pr&#233;curseurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet &#226;ge couvre approximativement les ann&#233;es 1815-1925, et il peut &#234;tre scind&#233; en quatre &#233;poques. Le bolivarisme est alors avant tout un ph&#233;nom&#232;ne de personnes, m&#234;me s'il re&#231;oit &#224; l'occasion l'appui de quelques franges de la soci&#233;t&#233; cr&#233;ole. Dans sa grande masse, le peuple m&#233;tiss&#233; l'ignore. Le bolivarisme surgit alors en des temps et des lieux isol&#233;s les uns des autres. Il n'y a pas de v&#233;ritable continuit&#233; dans son expression. Il ne se condense pas en un corps doctrinal. Il ne prend pas de forme organis&#233;e. Il consiste en une succession d'appels urgents &#224; une conscience latino-am&#233;ricaine naissante de la part d'hommes politiques et d'intellectuels inquiets des dangers qui planent sur l'ind&#233;pendance mal assur&#233;e de leurs pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. &lt;strong&gt;&#8211; L'&#233;poque de Bol&#237;var et des &lt;em&gt;Libertadores&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette &#233;poque a pour noms embl&#233;matiques ceux de Sim&#243;n Bol&#237;var, Bernardo Monteagudo et Jos&#233; Cecilio del Valle. On peut prolonger cette phase initiale jusqu'au milieu des ann&#233;es 1840 pour y inclure Juan Bautista Alberdi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les pr&#233;curseurs du latino-am&#233;ricanisme politique ont pour pr&#233;occupation essentielle la conqu&#234;te, puis la sauvegarde &#224; tout prix de l'ind&#233;pendance des jeunes &#201;tats hispano-am&#233;ricains. Une ind&#233;pendance fragile, menac&#233;e de l'int&#233;rieur par les discordes, et surtout de l'ext&#233;rieur par la puissance coloniale espagnole et ses alli&#233;s europ&#233;ens (Sainte Alliance). Il leur faut instaurer un syst&#232;me de d&#233;fense commune, pensent-ils. La r&#233;union d'un Congr&#232;s g&#233;n&#233;ral des nouvelles r&#233;publiques est leur espoir et devient leur obsession.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils appr&#233;cient positivement la port&#233;e de la Doctrine de Monroe et de la D&#233;claration de Canning. Mais ils savent aussi que, avec la m&#234;me &#233;nergie, les &#201;tats-Unis et la Grande-Bretagne s'opposeront aussi bien &#224; l'ind&#233;pendance des Antilles qu'au regroupement des r&#233;publiques de l'Am&#233;rique qui fut espagnole. Ils ne veulent pas que cette Am&#233;rique-l&#224; prenne place, comme satellite, dans une coalition atlantique tourn&#233;e contre les monarchies absolues europ&#233;ennes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux projets simultan&#233;s, distincts mais convergents, de r&#233;union d'un Congr&#232;s furent rendus publics en 1822 au lendemain des succ&#232;s ind&#233;pendantistes. Leur simple existence prouve la persistance de l'esprit unitaire qui avait marqu&#233; plusieurs campagnes militaires d&#233;cisives (au cours desquelles s'&#233;taient &#233;chang&#233;s et unis les soldats insurg&#233;s) ; la patrie reste l'Am&#233;rique ; ce bolivarisme avant la lettre n'est pas l'apanage d'un homme : il r&#233;pond &#224; une n&#233;cessit&#233; et &#224; une aspiration partag&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;put&#233; hondurien Jos&#233; Cecilio del Valle propose que se tienne en Am&#233;rique centrale, dans la province de Costa Rica ou dans celle de Le&#243;n, ce Congr&#232;s am&#233;ricain qui doit d&#233;boucher sur la constitution d'une formidable F&#233;d&#233;ration. Il pr&#233;cise que l'Am&#233;rique &#224; laquelle il songe c'est uniquement l'Am&#233;rique espagnole [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-2&quot; name=&quot;nh9-2&quot; id=&quot;nh9-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] &#171; So&#241;aba el Abad de San Pedro y yo tambi&#233;n s&#233; so&#241;ar&#8221;, El Amigo de la (...)' &gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au d&#233;but de 1825, de Lima, un Argentin au service du P&#233;rou, Bernardo Monteagudo, reprend et relie les projets de Valle et de Bol&#237;var. Le 7 d&#233;cembre 1824, en effet, deux jours avant la bataille d'Ayacucho, le &lt;em&gt;Libertador&lt;/em&gt;, confirmant son invitation de 1822, avait convi&#233; les &#201;tats lib&#233;r&#233;s &#224; se r&#233;unir en Congr&#232;s en Colombie, dans l'isthme de Panama. L'objectif : s'entendre sur les moyens d'achever et de garantir l'ind&#233;pendance, et sur l'opportunit&#233; de mettre en place la Conf&#233;d&#233;ration destin&#233;e &#224; &lt;em&gt;&#171; nous servir de conseil dans les conflits majeurs, de point de contact dans les dangers communs, de fid&#232;le interpr&#232;te dans nos travaux en cas de difficult&#233;s, et de conciliateur, finalement, de nos diff&#233;rences &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-3&quot; name=&quot;nh9-3&quot; id=&quot;nh9-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] &#171; Contra el enemigo com&#250;n &#187; (janvier 1825), essai repris dans (...)' &gt;3&lt;/a&gt;].De cette invitation sort le Congr&#232;s de Panam&#225;. Un &#233;chec, mais un premier pas m&#233;morable. Presque vingt ans plus tard, Juan Bautista Alberdi en tirera les le&#231;ons : une ligue militaire n'est plus indispensable, alors qu'un Congr&#232;s g&#233;n&#233;ral des &lt;em&gt;&#171; r&#233;publiques am&#233;ricaines d'origine espagnole serait le bienvenu pour assurer la paix et la prosp&#233;rit&#233; de ces r&#233;publiques &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-4&quot; name=&quot;nh9-4&quot; id=&quot;nh9-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] &#171; Memoria sobre la conveniencia y objetos de un Congreso General (...)' &gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, &#224; l'&#233;poque de Bol&#237;var, le premier bolivarisme envisage la n&#233;cessit&#233; d'un Congr&#232;s pour b&#226;tir, sous une forme ou sous une autre (ligue, conf&#233;d&#233;ration, f&#233;d&#233;ration), l'union n&#233;cessaire des nouvelles r&#233;publiques am&#233;ricaines. Il en exclut aussi bien l'empire du Br&#233;sil que les Etats-Unis et la r&#233;publique noire d'Ha&#239;ti. Cette Am&#233;rique qu'il cherche &#224; unir, voire &#224; unifier, n'a pas encore de nom, bien qu'il regarde vers l'avenir. Pour Monteagudo, elle demeure &lt;em&gt;&#8220;l'Am&#233;rique qui, par malheur, s'appela auparavant espagnole&#8221;&lt;/em&gt;. La p&#233;riphrase en dit long sur le poids du pass&#233;. Bolivar h&#233;site entre Am&#233;rique et Am&#233;rique M&#233;ridionale. Alberdi jongle dans son &lt;em&gt;M&#233;moire&lt;/em&gt; : Am&#233;rique, Am&#233;rique M&#233;ridionale, Am&#233;rique du Sud, Am&#233;rique espagnole &#233;mancip&#233;e. Aucun d'eux ne se r&#233;f&#232;re &#224; la latinit&#233; de leur Am&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;2. &#8211; L'&#233;poque de Bilbao et des d&#233;buts du latino-am&#233;ricanisme politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A peine l'encre du &lt;em&gt;M&#233;moire&lt;/em&gt; d'Alberdi avait-elle s&#233;ch&#233; que les Etats-Unis s'emparaient du Texas, puis de la Californie et d'autres &#201;tats de la R&#233;publique mexicaine. Quelques ann&#233;es plus tard, en 1856, un fort contingent de mercenaires, arm&#233;s aux &#201;tats-Unis et conduits par William Walker, d&#233;barquait au Nicaragua et installait son chef &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat conquis. Derri&#232;re l'aventure militaire, c'&#233;tait la mise en &#339;uvre en Am&#233;rique centrale, apr&#232;s le Mexique, du &lt;em&gt;&#171; Destin manifeste &#187;&lt;/em&gt; pr&#233;dit par le pr&#233;sident James Knox Polk (1795-1849). &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Angleterre ne permit pas la r&#233;ussite d'une entreprise qui affectait ses int&#233;r&#234;ts, et le gouvernement de Washington finit par la condamner. Mais ce qu'il y eut de neuf, de notable, de d&#233;cisif &#233;galement, c'est, d'un c&#244;t&#233;, la r&#233;sistance unie qu'oppos&#232;rent les autorit&#233;s centram&#233;ricaines et, de l'autre, le d&#233;but d'une r&#233;action de solidarit&#233; &#224; l'&#233;chelle du continent. Cet &#233;pisode est fondamental dans la d&#233;finition de cette deuxi&#232;me phase du bolivarisme. Celui-ci, d&#233;sormais, se d&#233;finit comme l'expression de la volont&#233; de l'Am&#233;rique latine de d&#233;fendre sa souverainet&#233; face aux menaces expansionnistes et aux diktats h&#233;g&#233;moniques des &#201;tats-Unis. Le concept d'Am&#233;rique latine, concept politique, na&#238;t dans ce contexte : il est &#233;labor&#233; par des Latino-Am&#233;ricains conscients du danger, entre autres le Chilien Francisco Bilbao et le Colombien Jos&#233; Mar&#237;a Torres Caicedo, tous deux r&#233;fugi&#233;s &#224; Paris.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bilbao proclame solennellement : &lt;em&gt;&#171; Walker c'est l'invasion, Walker c'est la conqu&#234;te, Walker c'est les Etats-Unis. &lt;/em&gt;[&#8230;] &lt;em&gt;Le moment historique de l'unit&#233; de l'Am&#233;rique du Sud est arriv&#233; ; maintenant s'ouvre la seconde campagne qui, &#224; l'ind&#233;pendance que nous avons conquise, ajoutera l'association de nos peuples &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-5&quot; name=&quot;nh9-5&quot; id=&quot;nh9-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Francisco Bilbao, Iniciativa de la Am&#233;rica. Idea de un Congreso (...)' &gt;5&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Torres Caicedo s'exprime au m&#234;me moment &#8211; juin 1856 &#8211; dans le m&#234;me sens : &lt;em&gt;&#171; Jamais on n'a ressenti plus imp&#233;rieusement le besoin de mener &#224; son terme la grande pens&#233;e de Bol&#237;var : la conf&#233;d&#233;ration des nations de l'Am&#233;rique espagnole &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-6&quot; name=&quot;nh9-6&quot; id=&quot;nh9-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] &#171; Agresiones de los Estados Unidos &#187;, El Correo de Ultramar, Paris, 15 (...)' &gt;6&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur le continent, des voix leur font &#233;cho. Ainsi, celle du d&#233;put&#233; colombien Justo Arosemena : &lt;em&gt;&#171; Ce que la Conf&#233;d&#233;ration du Nord a fait par calcul, le temps, l'exp&#233;rience et le p&#233;ril doivent le faire pour la Conf&#233;d&#233;ration du Sud.&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;De Panama au Cap Horn nous formerons une seule famille avec un seul nom, un seul gouvernement anim&#233; d'un seul dessein &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-7&quot; name=&quot;nh9-7&quot; id=&quot;nh9-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] Discours de juillet 1856. Repris dans Ideas en torno de Latinoam&#233;rica, (...)' &gt;7&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les ann&#233;es 1860, les interventions post&#233;rieures des arm&#233;es et des flottes fran&#231;aise et espagnole au Mexique, en R&#233;publique Dominicaine, au Chili et au P&#233;rou, vont redonner sens &#224; ce latino-am&#233;ricanisme unitaire et militant. Cependant, les Congr&#232;s convoqu&#233;s &#224; cet effet (Santiago du Chili, 1857 ; Lima, 1864) vont &#233;chouer au bout du compte, faute de lucidit&#233; et de volont&#233; politique des &#201;tats. Toutefois, la guerre d'ind&#233;pendance de Cuba, commenc&#233;e en octobre 1868, permet des manifestations de solidarit&#233; en provenance de quelques &#201;tats (Mexique, P&#233;rou, Guatemala), tandis que des volontaires (Dominicains, Colombiens) accourent pour pr&#234;ter main forte aux insurg&#233;s &lt;em&gt;mambis&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette &#233;poque du bolivarisme est complexe et confuse. Une diversit&#233; de crit&#232;res persiste au sujet de la mani&#232;re de r&#233;sister &#224; l'Espagne, &#224; la France et aux Etats-Unis &#8211; ou de s'en accommoder &#8211; et, d&#233;j&#224;, au sujet du nom &#224; donner &#224; cette Am&#233;rique qui est attaqu&#233;e et qui r&#233;siste. Les &#233;lites ne regardent pas toutes dans la m&#234;me direction. Elles n'identifient pas toutes le m&#234;me ennemi principal en un moment donn&#233;. &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#201;tat national, qui se constitue alors p&#233;niblement sous l'&#233;gide des latifundistes et des commer&#231;ants cr&#233;oles, s'allie volontiers aux int&#233;r&#234;ts britanniques pr&#233;pond&#233;rants. Il se r&#233;alise presque partout au d&#233;triment des id&#233;es unionistes bolivariennes. Les guerres du Paraguay et du Pacifique en sont deux illustrations. Dans la r&#233;gion du R&#237;o de la Plata, le nom de Bol&#237;var reste maudit, malgr&#233; l'&#339;uvre d'Alberdi et de Calvo. Le Br&#233;sil reste exclu de tout projet continental tant qu'y pr&#233;vaudra un r&#233;gime imp&#233;rial.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela dit, aux heures les plus graves, des voix fortes s'&#233;l&#232;vent, porteuses du message bolivarien. A celles, pionni&#232;res, de Bilbao, Torres Caicedo et Arosemena, il convient d'ajouter ensuite celles de Montalvo, Lastarria et Samper, descendues des Andes, et celles de Luper&#243;n, Hostos et Betances, mont&#233;es des Antilles. Ce sont eux qui enracinent le concept d'Am&#233;rique Latine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3.&lt;strong&gt;&#8211; L'&#233;poque de Mart&#237; et de la prise de conscience latino-am&#233;ricaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;roulement et le d&#233;nouement des guerres d'ind&#233;pendance de Cuba (1868-1898) marquent la troisi&#232;me &#233;poque du bolivarisme. La guerre, au lieu de consacrer l'aboutissement du projet d'&#233;mancipation des Antilles, fournit le pr&#233;texte des premi&#232;res occupations militaires r&#233;alis&#233;es sous le pavillon des Etats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La voix claire et pr&#233;monitoire du Cubain Jos&#233; Mart&#237; domine cette p&#233;riode. Deux Portoricains, tout aussi clairvoyants et combattifs, lui font &#233;cho : Eugenio Mar&#237;a de Hostos et Ram&#243;n Emeterio Betances. Depuis l'exil o&#249; le colonialisme espagnol les a confin&#233;s, ces hommes luttent non seulement pour la lib&#233;ration et l'union de la patrie antillaise, mais aussi pour la souverainet&#233; et l'unit&#233; latino-am&#233;ricaines. Ce n'est s&#251;rement pas un hasard si tous trois ont fait escale &#224; Caracas, ni si c'est &#224; Caracas que l'exemple et l'esprit du &lt;em&gt;Libertador&lt;/em&gt; ont impr&#233;gn&#233; &#224; jamais leur engagement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Ligue que pr&#233;conise Hostos, la solidarit&#233; qu'appelle Betances pour faire pression sur le gouvernement espagnol ou pour imposer la paix dans les conflits frontaliers interam&#233;ricains, ne parviennent pas &#224; se concr&#233;tiser. Les deux tentatives de r&#233;union d'un Congr&#232;s hispano-am&#233;ricain &#233;chouent (P&#233;rou, 1873 ; Colombie, 1881). Aussi Mart&#237; pense-t-il que les Congr&#232;s, les constructions diplomatiques, les &#171; alliances spectaculaires &#187; seront de faible effet tant que l'aspiration &#224; l'unit&#233; n'aura pas gagn&#233; la masse populaire. Il s'emploie &#224; d&#233;velopper l'unit&#233; spirituelle et morale de &#171; Notre Am&#233;rique &#187;, concept ouvert et novateur qu'il forge pour la d&#233;marquer de l'autre Am&#233;rique. Il ne s'ing&#233;nie pas &#224; sugg&#233;rer la tenue d'un contre-Congr&#232;s lors de la premi&#232;re conf&#233;rence panam&#233;ricaine de Washington (1889-1890). Il appelle &#224; la r&#233;sistance, au sein de la conf&#233;rence et &#224; l'ext&#233;rieur, dans la presse, afin d'&#233;clairer l'opinion sur les intentions r&#233;elles du voisin aux dents longues : &lt;em&gt;&#171; Il est urgent de dire, parce que c'est la v&#233;rit&#233;, qu'a sonn&#233; pour l'Am&#233;rique espagnole l'heure de d&#233;clarer sa seconde ind&#233;pendance &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-8&quot; name=&quot;nh9-8&quot; id=&quot;nh9-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] &#171; Congreso internacional de Washington &#187;, La Naci&#243;n, Buenos Aires, 19 (...)' &gt;8&lt;/a&gt;]. La ligne qui rattache Mart&#237; &#224; Bol&#237;var, via Bilbao, est on ne peut plus explicite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'enceinte de la conf&#233;rence, le d&#233;l&#233;gu&#233; argentin Roque S&#225;enz Pe&#241;a se montre &#224; la hauteur des circonstances, en opposant &#224; l'ambigu&#235; devise monro&#239;ste de &#171; L'Am&#233;rique pour les Am&#233;ricains &#187; la noble devise de &#171; L'Am&#233;rique pour l'Humanit&#233; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces prises de position individuelles n'emp&#234;chent pas les &lt;em&gt;marines &lt;/em&gt;de d&#233;barquer &#224; Cuba et &#224; Porto Rico durant l'&#233;t&#233; 1898, pas plus qu'elles n'avaient &#233;t&#233; suffisantes pour contraindre l'Espagne &#224; reconna&#238;tre le droit &#224; l'ind&#233;pendance des peuples asservis. Peu nombreux furent les &#201;tats latino-am&#233;ricains &#224; soutenir la cause de Cuba et &#224; comprendre le sens du combat de Mart&#237;, Hostos et Betances [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-9&quot; name=&quot;nh9-9&quot; id=&quot;nh9-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] Une notable exception : l&amp;#39;&#201;quateur, que pr&#233;sidait Eloy Alfaro.' &gt;9&lt;/a&gt;]. Les uns, inhib&#233;s par la mont&#233;e en puissance des Etats-Unis, les autres, persuad&#233;s que la Grande R&#233;publique assurerait leur progr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien que limit&#233; dans ses manifestations et ses r&#233;sultats, le bolivarisme du dernier tiers du XIXe si&#232;cle &#233;largit son champ d'intervention. Il est actif dans les Antilles. Il y contribue au rejet de toutes les formes d'annexion formelle. Ha&#239;ti est enfin consid&#233;r&#233; comme une partie indissociable de l'Am&#233;rique latine. Le Br&#233;sil entre enfin dans la famille. Le bolivarisme descend de la tribune politique jusque dans les ateliers et les champs. Ses avocats se font &#233;ducateurs (les &lt;em&gt;Maestros&lt;/em&gt; Hostos, Mart&#237;, Rod&#243;). Son message p&#233;n&#232;tre, c'est nouveau, dans des associations, telles la Uni&#243;n Latino-Americana et la Sociedad Bol&#237;var de Paris (Torres Caicedo, Betances), telle aussi la Sociedad Literaria Hispano-Americana de New York (Mart&#237;). Le bolivarisme cesse d'&#234;tre un r&#234;ve utopique, p&#233;riodiquement ressuscit&#233;, ou un sursaut d'honneur au c&#339;ur de crises existentielles. Il devient recherche permanente et affirmation patiente d'une identit&#233; revendiqu&#233;e.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;4. &#8211; L'&#233;poque d'Ugarte et des campagnes contre l'intervention &#233;trang&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;faite de l'Empire espagnol en Am&#233;rique inaugure une p&#233;riode in&#233;dite pour ceux, peu nombreux en v&#233;rit&#233;, qui menaient alors la lutte contre l'Espagne et contre les &#201;tats-Unis et se reconnaissaient &#224; la fin du XIXe si&#232;cle dans cette maxime martinienne : &lt;em&gt;&#171; Changer de ma&#238;tre, ce n'est pas &#234;tre libre &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-10&quot; name=&quot;nh9-10&quot; id=&quot;nh9-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] Lettre &#224; Gonzalo de Quesada, 12 novembre 1889. Dans Jos&#233; Mart&#237;, Obras (...)' &gt;10&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'&#233;poque de Bol&#237;var, le danger que fait courir le monro&#239;sme &#224; l'Am&#233;rique nagu&#232;re espagnole commence &#224; &#234;tre entrevu par le &lt;em&gt;Libertador&lt;/em&gt; lui-m&#234;me et par Lucas Alaman par exemple, mais la Doctrine de Monroe ne pouvait &#234;tre et ne fut pas repouss&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'&#233;poque de Bilbao, na&#238;t la r&#233;sistance frontale et id&#233;ologique d'une Am&#233;rique latine balbutiante, confront&#233;e brutalement sur son flanc nord &#224; l'expansionnisme &#233;tasunien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'&#233;poque de Mart&#237;, face &#224; l'offensive politique, &#233;conomique, culturelle des Etats-Unis sur tous les fronts, une r&#233;sistance &#233;thique et mentale affleure, et l'annexionnisme est battu en br&#232;che.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'&#233;poque d'Ugarte la d&#233;nonciation v&#233;h&#233;mente des interventions syst&#233;matiques des &#201;tats-Unis, puissance mondiale conqu&#233;rante, n'est plus diff&#233;r&#233;e, et le monro&#239;sme est rejet&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Argentin Manuel Ugarte est s&#251;rement l'homme qui, de 1900 &#224; 1925, s'est le plus d&#233;men&#233; pour que s'expriment partout les exigences bolivariennes du moment : souverainet&#233; et unit&#233; de l'Am&#233;rique latine. Il a &#233;t&#233; plus prolixe et plus incisif que ses pr&#233;d&#233;cesseurs sur ce terrain : Torres Caicedo et Hostos. Les titres de ses &#233;crits sont &#233;loquents [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-11&quot; name=&quot;nh9-11&quot; id=&quot;nh9-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] El porvenir de la Am&#233;rica espa&#241;ola, El destino de un continente, Mi (...)' &gt;11&lt;/a&gt;] ; son patriotisme, un drapeau : &lt;em&gt;&#171; Les meilleurs patriotes seront ceux qui sauront faire passer leur patriotisme local apr&#232;s le patriotisme continental &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-12&quot; name=&quot;nh9-12&quot; id=&quot;nh9-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] El porvenir de la Am&#233;rica Espa&#241;ola (1910). Dans Ugarte, La naci&#243;n (...)' &gt;12&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgr&#233; l'existence, &#224; partir de 1914, du pacte ABC (Argentine, Br&#233;sil, Chili) dont l'objet est de mod&#233;rer l'ardeur belliqueuse des Etats-Unis &#224; l'encontre du Mexique r&#233;volutionnaire, le nationalisme le plus ardent jaillit d'intellectuels radicaux, ind&#233;pendants des pouvoirs oligarchiques, et du fond de la masse paysanne pi&#233;tin&#233;e par les troupes d'occupation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ugarte, Vargas Vila, Lugones, Blanco Fombona, entre autres, proches du socialisme ou de l'anarchisme, s'engagent dans le combat de la solidarit&#233; latino-am&#233;ricaine, se dressant en m&#234;me temps contre leurs propres dirigeants accus&#233;s de complicit&#233; avec l'imp&#233;rialisme, et qu'ils d&#233;signent ainsi. Simultan&#233;ment, dans les Cara&#239;bes occup&#233;es, entre 1917 et 1921, on voit r&#233;sister jusqu'&#224; la mort les &lt;em&gt;cacos&lt;/em&gt; ha&#239;tiens et les &lt;em&gt;gavilleros&lt;/em&gt; dominicains. Il serait erron&#233; de tenir Charlemagne P&#233;ralte et Vicente Evangelista pour des h&#233;rauts du bolivarisme &#8211; comme d'ailleurs il serait exag&#233;r&#233; de tenir pour bolivariens les diplomates de l'ABC -, mais il est ind&#233;niable que le sacrifice des premiers n'a pas manqu&#233; de nourrir plus tard l'imaginaire des gu&#233;rilleros de l'&#233;poque de Che Guevara.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La solidarit&#233; qui a entour&#233; la R&#233;volution mexicaine en butte &#224; l'hostilit&#233; nord-am&#233;ricaine a rev&#234;tu un franc caract&#232;re latino-am&#233;ricaniste. Dans ce contexte, la Doctrine de Monroe a &#233;t&#233; &#233;nergiquement r&#233;fut&#233;e &#224; la veille de son centenaire : &lt;em&gt;&#171; Ce dont nous avons besoin d'urgence&lt;/em&gt;, d&#233;clarera le Mexicain Isidro Fabela, &lt;em&gt;c'est d'une Doctrine Monroe contre les Etats-Unis &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-13&quot; name=&quot;nh9-13&quot; id=&quot;nh9-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[13] Conf&#233;rence de d&#233;cembre 1921, recueillie dans Hispanoam&#233;rica en lucha&#8230;, (...)' &gt;13&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le philosophe argentin Jos&#233; Ingenieros est tout aussi cat&#233;gorique : &lt;em&gt;&#171; Nous croyons que nos nations affrontent un dilemme implacable. Ou bien se livrer et se soumettre, en la louant, &#224; l'Union Panam&#233;ricaine (L'Am&#233;rique pour les Nord-Am&#233;ricains), ou bien se pr&#233;parer ensemble &#224; d&#233;fendre leur ind&#233;pendance en jetant les bases d'une Union latino-am&#233;ricaine (L'Am&#233;rique latine pour les Latino-Am&#233;ricains) &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-14&quot; name=&quot;nh9-14&quot; id=&quot;nh9-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[14] Discours du 11 octobre 1922, recueilli dans Hispanoamerica en lucha&#8230;, (...)' &gt;14&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1920, sous l'influence des r&#233;volutions mexicaine et sovi&#233;tique, un large secteur de l'opinion latino-am&#233;ricaine condamne non seulement les interventions militaires r&#233;p&#233;t&#233;es des Etats-Unis, mais &#233;galement leur domination &#233;conomique. Il fait siens l'analyse et le langage marxistes. L'anti-imp&#233;rialisme et le bolivarisme se donnent le bras.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;II. &#8211; L'&#226;ge des mouvements r&#233;volutionnaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les associations anti-imp&#233;rialistes propres du bolivarisme militant post&#233;rieur &#224; 1925 ont &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;es de premiers organismes transam&#233;ricains, comme l'Union latino-am&#233;ricaine de Paris (1879) ou l'Union latino-am&#233;ricaine de Buenos Aires (1914). Ce deuxi&#232;me &#226;ge du bolivarisme se caract&#233;rise par l'entr&#233;e en sc&#232;ne du peuple, partie prenante d&#233;sormais des luttes de solidarit&#233; continentale livr&#233;es en faveur des &#201;tats directement agress&#233;s par l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain. Toutefois, en 1982, lors de la guerre des Malouines, si l'Argentine n'avait pas &#233;t&#233; sous la f&#233;rule militaire, c'est contre l'imp&#233;rialisme britannique que le bolivarisme se serait retourn&#233;.&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;volution mexicaine, l'&#233;pop&#233;e sandiniste, la R&#233;volution guat&#233;malt&#232;que, la R&#233;volution cubaine et d'autres exp&#233;riences progressistes (Chili, Nicaragua, Grenade) qui, en elles-m&#234;mes, ont &#233;t&#233; des r&#233;actions de dignit&#233; nationale objectivement anti-imp&#233;rialistes, ont suscit&#233; dans toute l'Am&#233;rique latine &#8211; il n'y a plus de pays vraiment &#224; l'&#233;cart &#8211; l'&#233;mergence de fronts unitaires sp&#233;cifiques par-del&#224; les institutions interam&#233;ricaines contr&#244;l&#233;es par Washington. De 1925 &#224; 2000 environ, il semble que l'on peut distinguer trois &#233;poques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;1.&#8211; L'&#233;poque de Mella et des alliances populaires anti-imp&#233;rialistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je laisse ouverte la question de savoir quel leader politique symboliserait le mieux cette p&#233;riode, qui va de 1925 &#224; 1934. Mella ? Mariategui ? Palacios ? Haya de la Torre ? Ou bien le g&#233;n&#233;ral Augusto C&#233;sar Sandino, auteur du &#171; Plan de realizaci&#243;n del Supremo Sue&#241;o de Bol&#237;var&#8221; (20 mars 1929) ? Si j'ai tranch&#233; aujourd'hui pour le Cubain Julio Antonio Mella, c'est qu'il a combattu l'ing&#233;rence nord-am&#233;ricaine &#224; Cuba et au Mexique, qu'il a anim&#233; la campagne &#171; Manos fuera de Nicaragua &#187;, qu'il a &#233;t&#233; l'&#226;me de la Ligue Anti-imp&#233;rialiste des Am&#233;riques et qu'il l'a repr&#233;sent&#233;e au Congr&#232;s mondial de Bruxelles (f&#233;vrier 1927).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nouveaut&#233; et la force du bolivarisme de cette &#233;poque reposent, premi&#232;rement, sur l'enrichissement du projet bolivarien, d&#233;livr&#233; d'illusions incantatoires et d&#233;lest&#233; de ses relents conservateurs (religion, race, hispanit&#233;) ; deuxi&#232;mement, sur le passage de la protestation et de l'initiative individuelles &#224; des mouvements collectifs structur&#233;s afin d'agir &#224; l'&#233;chelle continentale et de durer. Trois organisations voient le jour autour de 1925.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En d&#233;cembre 1924, sous les auspices de la R&#233;volution mexicaine et &#224; partir de l'exp&#233;rience p&#233;ruvienne, na&#238;t &#224; Mexico l'Alliance populaire r&#233;volutionnaire am&#233;ricaine (APRA), dirig&#233;e par Victor Raul Haya de la Torre. D&#233;tachons les deux premiers points de son programme minimum : 1&#176; Action contre l'imp&#233;rialisme &lt;em&gt;yankee&lt;/em&gt; - 2&#176; Pour l'unit&#233; politique de l'Am&#233;rique latine [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-15&quot; name=&quot;nh9-15&quot; id=&quot;nh9-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[15] Victor Raul Haya de la Torre, Obras Completas, Ed. Juan Mej&#237;a Baca, (...)' &gt;15&lt;/a&gt;]. L'APRA se veut un &lt;em&gt;&#171; mouvement autonome latino-am&#233;ricain, sans aucune intervention ni influence &#233;trang&#232;res &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En mars 1925 est fond&#233;e &#224; Buenos Aires l'Union latino-am&#233;ricaine (ULA). Elle se proclame &#233;galement ind&#233;pendante des gouvernements et des Internationales. En r&#233;alit&#233;, ses fondateurs - Ugarte, Ingenieros et surtout Alfredo Palacios, son principal animateur, membres du Parti socialiste argentin - se meuvent dans les eaux de la Deuxi&#232;me Internationale. L'ULA s'adresse en premier lieu aux enseignants, &#233;crivains et intellectuels. L'Association des &#233;tudiants latino-am&#233;ricains de Paris agit de conserve avec elle (Carlos Quijano, Miguel-Angel Asturias). Ses objectifs sont la solidarit&#233; politique des peuples latino-am&#233;ricains et leur action commune ; la r&#233;pudiation du panam&#233;ricanisme officiel ; l'instauration &lt;em&gt;&#171; d'une Conf&#233;d&#233;ration qui garantisse l'ind&#233;pendance et la libert&#233; de l'Am&#233;rique latine contre l'imp&#233;rialisme des &#201;tats capitalistes &#233;trangers &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-16&quot; name=&quot;nh9-16&quot; id=&quot;nh9-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[16] &#171; Programa de la Uni&#243;n Latinoamericana &#187;, in Hispanoam&#233;rica en lucha &#8230;, (...)' &gt;16&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Inutile de pr&#233;ciser l'orientation de la Ligue anti-imp&#233;rialiste des Am&#233;riques, constitu&#233;e elle aussi &#224; Mexico en 1925. Ses dirigeants (le Cubain Julio Antonio Mella, le V&#233;n&#233;zu&#233;lien Gustavo Machado, l'Argentin Victor Codovilla) travaillent dans le sillage de la Troisi&#232;me Internationale. Ce sont des responsables de premier plan, souvent pourchass&#233;s, des jeunes Partis communistes qui font alors irruption dans le paysage politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chacune de ces trois organisations parall&#232;les compte bient&#244;t plusieurs sections nationales. Leurs actions de solidarit&#233; &#224; l'&#233;gard de la R&#233;volution mexicaine (au d&#233;but), des combattants sandinistes, de la nation ha&#239;tienne humili&#233;e, etc., ainsi que leurs campagnes contre l'exploitation &#233;conomique imp&#233;rialiste et contre les dictatures complaisantes, ont donn&#233; au bolivarisme de cette d&#233;cennie-l&#224; un de ses traits d&#233;finitifs. M&#234;me si, apr&#232;s avoir converg&#233;, les trois organisations continentales ont divorc&#233; puis se sont &#233;teintes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le bolivarisme militant a entra&#238;n&#233; de nouvelles couches sociales. Il a le visage de la diversit&#233;. Il conna&#238;t ses premiers martyrs : Mella, Sandino, Farabundo Mart&#237;, assassin&#233;s. Mais, derri&#232;re chaque leader, il y a une organisation : une r&#233;alit&#233; impensable une g&#233;n&#233;ration plus t&#244;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. &lt;strong&gt;&#8211; L'&#233;poque de l'expectative et de la confusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette &#233;poque s'&#233;tend de 1933-34 &#224; 1958-59. Aucun nom ne saurait l'incarner. Non qu'aucune personnalit&#233; n'ait maintenu, contre vents et mar&#233;es, les id&#233;aux de l'union latino-am&#233;ricaine dans un sens bolivarien progressiste. Mais, compar&#233;e aux deux &#233;poques qui l'encadrent, celle-ci manque de relief et d'unit&#233;. On ne peut pas pr&#233;tendre qu'elle ait &#233;t&#233; l'&#233;poque de Lazaro Cardenas, de Jacobo Arbenz ou de Pedro Albizu Campos, car leur bolivarisme n'occupe qu'une place secondaire dans leur trajectoire politique. Elle ne peut &#234;tre non plus l'&#233;poque de Jos&#233; Figueres, R&#243;mulo Betancourt ou Haya de la Torre car c'est alors qu'ils ont renonc&#233;, dans les faits - le plus souvent par anticommunisme - au bolivarisme profess&#233; dans leur jeunesse. Cette d&#233;sorientation s'explique jusqu'en 1945 par le contexte de la politique rooseveltienne dite du &#171; bon voisinage &#187; et, apr&#232;s la fin du conflit mondial, par le contexte de la guerre froide.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le retrait des &lt;em&gt;marines&lt;/em&gt; du Nicaragua et d'Ha&#239;ti, l'abandon, en 1934, de l'amendement Platt de 1901, la r&#233;action mod&#233;r&#233;e &#224; l'expropriation des compagnies &#233;trang&#232;res au Mexique, etc., ont r&#233;duit les points de friction entre les deux Am&#233;riques. Lors de la conf&#233;rence panam&#233;ricaine de Lima (1938), la d&#233;l&#233;gation de Washington obtient des d&#233;l&#233;gations latino-am&#233;ricaines qu'elles fassent leur la Doctrine Monroe, au nom de la d&#233;mocratie am&#233;ricaine menac&#233;e par la mont&#233;e des fascismes europ&#233;en et asiatique. La vigueur du sentiment anti-imp&#233;rialiste en p&#226;tit. Le n&#233;o-monro&#239;sme, sous l'aspect flatteur de l'inter-am&#233;ricanisme, &#233;vince le panam&#233;ricanisme, odieux et us&#233;, mais, du m&#234;me coup, il rel&#232;gue le bolivarisme au rang de chim&#232;re archa&#239;que et exotique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'imp&#233;rialisme a chang&#233; d'image et est devenu fr&#233;quentable, son immixtion dans les affaires latino-am&#233;ricaines, loin de s'att&#233;nuer, se renforce, de mani&#232;re plus discr&#232;te mais non moins efficace. Toute une g&#233;n&#233;ration de lutteurs rebelles affronte cependant les monopoles &#233;tasuniens (United Fruit, Copper Mining Company), et les dictateurs &#224; leur solde (Nicaragua, Guatemala, R&#233;publique Dominicaine). Ces luttes se d&#233;roulent presque toujours dans un cadre national. Le nationalisme &#233;troit et les pr&#233;tentions h&#233;g&#233;moniques de quelques &#201;tats freinent toute vell&#233;it&#233; de renaissance d'un projet populaire et unificateur. Le p&#233;ronisme et m&#234;me, au Br&#233;sil, le g&#233;tulisme (du nom de Getulio Vargas) n'ont qu'un tr&#232;s lointain rapport avec le bolivarisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le v&#233;ritable bolivarisme - h&#233;rit&#233; du Cubain Jos&#233; Mart&#237;, de l'Uruguayen Jos&#233; Enrique Rod&#243;, du Nicaraguayen Ruben Dar&#237;o - trouve refuge dans la litt&#233;rature. Dans l'essai (Juan Jos&#233; Ar&#233;valo, Pedro Henr&#237;quez Ure&#241;a) ; dans le roman (Carlos Luis Fallas, Miguel-&#193;ngel Asturias) ; dans la po&#233;sie (Nicol&#225;s Guill&#233;n, Pablo Neruda). La &lt;em&gt;F&#225;bula del tibur&#243;n y las sardinas&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Mamita Yuna&#237;&lt;/em&gt;, le &lt;em&gt;Canto General&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Week-end en Guatemala&lt;/em&gt;, des oeuvres &#233;chelonn&#233;es entre 1948 et 1956,l'expriment de fa&#231;on anthologique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A l'offensive, les Etats-Unis, forts de leur puissance &#233;crasante, d&#233;tournent &#224; leur profit le sentiment unitaire toujours latent en Am&#233;rique latine. Ils cr&#233;ent, avec si&#232;ge &#224; Washington, l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA) en 1948, et l'accompagnent de toutes sortes d'institutions &#224; leur d&#233;votion (militaires, financi&#232;res, culturelles). Le bolivarisme est d&#233;voy&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1954, le renversement du r&#233;gime d&#233;mocratique guat&#233;malt&#232;que de Jacobo Arbenz, ourdi par la CIA et couvert par l'OEA, entra&#238;ne &#231;&#224; et l&#224; de violentes manifestations de r&#233;probation. Toutefois, aucun mouvement d'ensemble ne voit le jour. Aucun organisme latino-am&#233;ricain de prestige ne propose d'alternative. Pire, en cette m&#234;me ann&#233;e de 1954, durant la conf&#233;rence de Caracas, un livre est prim&#233; : son auteur attribue &#224; Bolivar la paternit&#233; du panam&#233;ricanisme ! [&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nb9-17&quot; name=&quot;nh9-17&quot; id=&quot;nh9-17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[17] Jes&#250;s Mar&#237;a Yepes, Del Congreso de Panam&#225; a la Conferencia de Caracas (...)' &gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3. &#8211; &lt;strong&gt;L'&#233;poque de Fidel et du Che : celle d'une effective solidarit&#233; latino-am&#233;ricaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En peu d'ann&#233;es n&#233;anmoins, le panorama change en Am&#233;rique latine. Y contribuent notamment : l'essor des mouvements de lib&#233;ration nationale en Asie et en Afrique et l'appui qu'ils re&#231;oivent de l'URSS et de la Chine ; la chute de quelques dictatures ; le d&#233;veloppement des luttes revendicatives, et m&#234;me le discr&#233;dit qui frappe les Etats-Unis (tourn&#233;e chahut&#233;e de Nixon en 1958). Les &lt;em&gt;libertadors&lt;/em&gt; sont de retour dans la Sierra Maestra &#224; la fin de 1956.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;volution cubaine, qui triomphe le 1er janvier 1959, s'inspire de la pens&#233;e et de l'action de Mart&#237; et de Mella, dont l'ardent bolivarisme trouve un prolongement passionn&#233; chez Fidel Castro et chez Ernesto Guevara. Ceux-ci ont fait d&#233;j&#224; leurs preuves en mati&#232;re de solidarit&#233; latino-am&#233;ricaine. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, le flambeau de cette solidarit&#233; est port&#233; par un gouvernement qui l'&#233;rige en principe intangible de son programme de lib&#233;ration. Jusqu'alors, il avait &#233;t&#233; aux mains d'individus isol&#233;s, puis d'associations &lt;em&gt;ad hoc&lt;/em&gt; et, enfin, &#224; l'&#233;tiage de son expression publique continentale, il avait &#233;t&#233; recueilli par des &#233;crivains, des institutions culturelles (&lt;em&gt;Cuadernos Americanos&lt;/em&gt; de Mexico, par exemple) et des partis politiques (communistes en majorit&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Inutile de citer, tant ils sont abondants et r&#233;it&#233;r&#233;s, les textes par lesquels les plus hauts responsables de Cuba ont exalt&#233; et encourag&#233; tous les &#233;lans de solidarit&#233; en Am&#233;rique Latine : de la fondation de la Casa de las Am&#233;ricas &#224; l'asile offert aux victimes des r&#233;gimes militaires ; de l'envoi de missions humanitaires, m&#233;dicales et &#233;ducatives au soutien des gu&#233;rillas. Les principes de cette politique sont expos&#233;s dans les deux D&#233;clarations de La Havane de 1960 et 1962.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les peuples d'Am&#233;rique latine ont r&#233;pondu, comme jamais dans leur histoire, au d&#233;fi lanc&#233; par la R&#233;volution cubaine qu'ils ont d&#233;fendue contre leurs propres gouvernements le plus souvent. En 1964, il ne restait qu'un pays &#224; ne pas avoir rompu ses relations avec Cuba : le Mexique. Le 31 mai 2009, il n'y en avait plus qu'un &#224; ne pas avoir renou&#233; : le Salvador. Le 1er juin 2009, tout juste &#233;lu, le nouveau pr&#233;sident salvadorien Mauricio Funes les a r&#233;tablies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec la R&#233;volution cubaine et autour d'elle, le bolivarisme de cette &#233;poque a red&#233;couvert le chemin de la coop&#233;ration militaire au temps des gu&#233;rillas. Il a retrouv&#233; le chemin des rencontres et des pactes, jalonn&#233; en 1966-67 par les conf&#233;rences de solidarit&#233; tenues &#224; La Havane : Organisation de solidarit&#233; des peuples afro-asiatiques et de l'Am&#233;rique latine (OSPAAL), Organisation latino-am&#233;ricaine de solidarit&#233; (OLAS) .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais tout n'est pas parti de Cuba, et tout n'y a pas ramen&#233;. D'autres pays ont &#233;t&#233; la cible des Etats-Unis qui sont intervenus, directement ou en coulisses, pour interrompre le cours d&#233;mocratique suivi en R&#233;publique Dominicaine (1965), au Chili (1973), &#224; Grenade (1983). L'esprit de solidarit&#233; a alors souffl&#233; un peu partout, rappelant l'actualit&#233; d'une riposte globale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la mesure o&#249; tout &#233;tiquetage, en soi pernicieux, permet n&#233;anmoins une meilleure compr&#233;hension des sp&#233;cificit&#233;s de chaque &#233;poque, on pourrait envisager de qualifier de gu&#233;varisme le bolivarisme de l'&#233;poque du Che et de Fidel. Encore que, vu d'aujourd'hui, c'est-&#224;-dire depuis l'apparition de ce que certains ont sugg&#233;r&#233; de nommer le chavo-bolivarisme, on devrait plut&#244;t, par analogie, qualifier l'&#233;poque ant&#233;rieure de castro-bolivarisme, tout au moins apr&#232;s 1968.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;III. &#8211; L'&#233;poque de Hugo Ch&#225;vez : le seuil du troisi&#232;me &#226;ge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On manque, de toute &#233;vidence, du recul n&#233;cessaire pour dire si le bolivarisme vient d'entrer dans une nouvelle &#233;poque de son deuxi&#232;me &#226;ge, la quatri&#232;me, selon notre esquisse de p&#233;riodisation ; ou bien si on assiste au d&#233;but de son troisi&#232;me &#226;ge, &#224; la premi&#232;re &#233;poque de son troisi&#232;me &#226;ge, l'&#226;ge de sa maturit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La logique voudrait que l'on f&#238;t partir cette nouvelle &#233;poque de la date d'adoption, par le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien, de la Constitution bolivarienne, soit du 15 d&#233;cembre 1999. Pour la premi&#232;re fois, en effet, et &#224; une majorit&#233; sans appel (86 %), un peuple d'Am&#233;rique latine a ratifi&#233; un projet bolivarien explicite. Ce jour-l&#224; a pris fin le mythe du divorce, tant de fois soulign&#233;, entre le &lt;em&gt;Libertador&lt;/em&gt; aristocratique et son peuple ballott&#233;. Ce jour-l&#224;, avec un niveau de conscience difficile &#224; appr&#233;cier, mais avec enthousiasme, la masse des exclus a adh&#233;r&#233; aux id&#233;aux d'ind&#233;pendance nationale et d'union continentale, ins&#233;parables dans la pens&#233;e de Sim&#243;n Bol&#237;var.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce processus constituant n'a &#233;t&#233; pourtant qu'un moment de la R&#233;volution bolivarienne. Et celle-ci n'est que l'aboutissement du processus d'intervention du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien dans son destin national. Un processus entrepris de fa&#231;on explosive en 1989, une ann&#233;e qui ne se r&#233;sume pas &#224; la seule d&#233;molition d'un mur de b&#233;ton. En d&#233;pit des obstacles, la R&#233;volution bolivarienne a accompli d&#233;mocratiquement en dix ans des transformations in&#233;gal&#233;es dans les domaines de l'&#233;ducation et de la sant&#233;, dans le d&#233;veloppement des communaut&#233;s indig&#232;nes et dans le contr&#244;le et la redistribution des richesses du pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En d&#233;cembre 2001 le pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez a propos&#233; aux voisins du Venezuela un nouveau type de relations, en dehors des cadres institutionnels existants et des liens &#233;touffants du n&#233;olib&#233;ralisme. Cette politique ext&#233;rieure, nourrie et pas seulement recouverte de bolivarisme, a conduit, en deux temps, &#224; la cr&#233;ation de l'ALBA. &#192; l'Alternative bolivarienne pour les Am&#233;riques, constitu&#233;e en 2004, a succ&#233;d&#233;, en juin 2009, l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Am&#233;rique. Le bolivarisme est ainsi en train de se muer en bolivarianisme. La logique veut donc que nous fassions partir l'&#233;poque pr&#233;sente du bolivarisme du jour de la signature de l'acte constitutif de l'ALBA par le Venezuela et Cuba, soit du 15 d&#233;cembre 2004.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis cette date, l'Alliance s'est &#233;largie &#224; la Bolivie, &#224; l'&#201;quateur, au Nicaragua, au Honduras (jusqu'au coup d'&#201;tat) et &#224; trois petits &#201;tats anglophones des Cara&#239;bes. Une monnaie commune (le SUCRE), utilisable pour les &#233;changes commerciaux internes &#224; cette zone, est en train d'&#234;tre mise en place. L'ALBA se substitue partiellement &#224; l'ALCA (la Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques) voulue par Washington, mais qui a &#233;t&#233; enterr&#233;e en 2005 au Sommet des Am&#233;riques de Mar del Plata (Argentine). Elle tourne le dos au panam&#233;ricanisme. D&#233;passant les limites de l'ALBA, des initiatives &#224; g&#233;om&#233;trie variable, mais d'esprit bolivarien (Telesur, Bancosur, Petrosur, Petrocaribe) fonctionnent ou sont en cours d'installation &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La cr&#233;ation, en 2008, de l'UNASUR (Union des nations sud-am&#233;ricaines) puis, en 2010, lors du Sommet de Cancun, d'une Communaut&#233; appel&#233;e &#224; regrouper tous les Etats d'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes ( mais sans les Etats-Unis), sont les deux derni&#232;res initiatives en date, prises dans un sens pleinement bolivarien, d'union politique et d'int&#233;gration &#233;conomique &#224; terme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A l'&#233;poque du Che et de Fidel (que je n'enterre aucunement), seule la R&#233;volution cubaine d&#233;fendait un bolivarisme effectif. Depuis quelques ann&#233;es maintenant, &#224; c&#244;t&#233; de Fidel et de Ra&#250;l Castro, son continuateur, se trouvent les pr&#233;sidents &#233;lus et r&#233;&#233;lus du Venezuela, de la Bolivie, de l'&#201;quateur, du Nicaragua : Hugo Ch&#225;vez, Evo Morales, Rafael Correa, Daniel Ortega. Un tel groupe de pays, de peuples et de personnalit&#233;s historiques oblige le simple observateur des changements significatifs en cours, &#224; en enregistrer l'existence, qu'elle plaise ou non.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il reste de bon ton, chez certains observateurs, de douter des chances, voire de l'existence de l'Am&#233;rique latine. Ne peut-on, au contraire, estimer qu'en ayant renou&#233; avec le bolivarisme, devenu l'affaire de tous, l'Am&#233;rique latine en mutation, gr&#226;ce aux voies qu'elle explore, est plus elle-m&#234;me et plus utile au monde que jamais ? Signe des temps : sous l'impulsion de Ch&#225;vez, elle pourrait m&#234;me changer de nom pour prendre celui de Suram&#233;rica. Pr&#233;mices d'un nouvel &#226;ge ? A coup s&#251;r, dans la mesure o&#249; ce serait alors le Sud qui indiquerait le nord !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;em&gt;(Communication prononc&#233;e lors du colloque international &#171; Le bolivarisme, du Libertador &#224; Hugo Chavez &#187;, Universit&#233; de Pau, 25 mars 2010.)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-1&quot; name=&quot;nb9-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Dominique G-F. Dufour, baron de Pradt, &lt;em&gt;Les Trois &#194;ges des colonies, ou de leur &#233;tat pass&#233;, pr&#233;sent et &#224; venir&lt;/em&gt;, Giguet, Paris 1801-1802, 2 tomes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-2&quot; name=&quot;nb9-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] &#171; So&#241;aba el Abad de San Pedro y yo tambi&#233;n s&#233; so&#241;ar&#8221;, &lt;em&gt;El Amigo de la Patria&lt;/em&gt;, Guatemala, 1er mars 1822. Article repris dans Jos&#233; Cecilio del Valle, &lt;em&gt;Obra escogida&lt;/em&gt;, Caracas, Ayacucho, 1982, pp. 232-235.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-3&quot; name=&quot;nb9-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] &#171; Contra el enemigo com&#250;n &#187; (janvier 1825), essai repris dans &lt;em&gt;Hispanoam&#233;rica en lucha por su independencia&lt;/em&gt;, M&#233;xico, Cuadernos Americanos, 1962, pp. 7-15.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-4&quot; name=&quot;nb9-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] &#171; Memoria sobre la conveniencia y objetos de un Congreso General Americano &#187;, Santiago du Chili, 1844. &lt;em&gt;In&lt;/em&gt; Alberdi, &lt;em&gt;Obras Completas&lt;/em&gt;, Buenos Aires, 1886, tome II, pp. 389-412.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-5&quot; name=&quot;nb9-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Francisco Bilbao, &lt;em&gt;Iniciativa de la Am&#233;rica. Idea de un Congreso Federal de las Rep&#250;blicas&lt;/em&gt;, imprimerie de D'Aubusson et Kugelmann, Paris, 1856.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-6&quot; name=&quot;nb9-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] &#171; Agresiones de los Estados Unidos &#187;, &lt;em&gt;El Correo de Ultramar&lt;/em&gt;, Paris, 15 juin 1856.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-7&quot; name=&quot;nb9-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Discours de juillet 1856. Repris dans &lt;em&gt;Ideas en torno de Latinoam&#233;rica&lt;/em&gt;, , UNAM, Mexico, 1986, vol. I, p. 792.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-8&quot; name=&quot;nb9-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] &#171; Congreso internacional de Washington &#187;, &lt;em&gt;La Naci&#243;n&lt;/em&gt;, Buenos Aires, 19 d&#233;cembre 1889. Dans Jos&#233; Mart&#237;, &lt;em&gt;Obras Completas&lt;/em&gt;, ENC, La Havane, 1963, t. VI, p. 46.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-9&quot; name=&quot;nb9-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] Une notable exception : l'&#201;quateur, que pr&#233;sidait Eloy Alfaro.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-10&quot; name=&quot;nb9-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] Lettre &#224; Gonzalo de Quesada, 12 novembre 1889. Dans Jos&#233; Mart&#237;, &lt;em&gt;Obras Completas&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;op. cit.&lt;/em&gt;, t. VI, p. 120.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-11&quot; name=&quot;nb9-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;em&gt;El porvenir de la Am&#233;rica espa&#241;ola, El destino de un continente, Mi campa&#241;a hispanoamericana, La Patria Grande, La reconstrucci&#243;n de Hispanoam&#233;rica&lt;/em&gt;. Cela dit, il a surtout mani&#233; le concept d'Am&#233;rique latine !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-12&quot; name=&quot;nb9-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;em&gt;El porvenir de la Am&#233;rica Espa&#241;ola&lt;/em&gt; (1910). Dans Ugarte, &lt;em&gt;La naci&#243;n latinoamericana&lt;/em&gt;, Caracas, Ayacucho, 1978, p. 4.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-13&quot; name=&quot;nb9-13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] Conf&#233;rence de d&#233;cembre 1921, recueillie dans &lt;em&gt;Hispanoam&#233;rica en lucha&#8230;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;op. cit.&lt;/em&gt;, pp. 260-261.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-14&quot; name=&quot;nb9-14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] Discours du 11 octobre 1922, recueilli dans &lt;em&gt;Hispanoamerica en lucha&#8230;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;op. cit.&lt;/em&gt;, pp. 218-222.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-15&quot; name=&quot;nb9-15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;] Victor Raul Haya de la Torre, &lt;em&gt;Obras Completas&lt;/em&gt;, Ed. Juan Mej&#237;a Baca, Lima, 1984 (2&#170; edici&#243;n), t. I, p. 129.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-16&quot; name=&quot;nb9-16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;] &#171; Programa de la Uni&#243;n Latinoamericana &#187;, &lt;em&gt;in&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Hispanoam&#233;rica en lucha &#8230;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;op. cit.&lt;/em&gt;, pp. 224-225.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/#nh9-17&quot; name=&quot;nb9-17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-17&quot;&gt;17&lt;/a&gt;] Jes&#250;s Mar&#237;a Yepes, &lt;em&gt;Del Congreso de Panam&#225; a la Conferencia de Caracas (1826-1954)&lt;/em&gt;, Caracas, 1955. La m&#234;me interpr&#233;tation avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; propos&#233;e par Francisco Cuevas Cancino dans &lt;em&gt;Bol&#237;var. &lt;/em&gt;&lt;em&gt;El ideal panamericano del Libertador. El ideal bolivariano&lt;/em&gt;, FCE, Mexico,1951.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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