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« Afectados »

Un film recommandé par Mémoire des luttes

Par Mémoire des luttes  |  18 novembre 2016     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Lundi 21 novembre 2016 à 20 h 30 au cinéma Espace Saint-Michel à Paris (5e)
projection suivie d’un débat avec Jean-Baptiste Eyraud (porte-parole de Droit Au Logement)

Samedi 26 novembre 2016 à 20 h 30 au cinéma Espace Saint-Michel à Paris (5e)
projection suivie d’un débat avec Bernard Friot (Réseau Salariat)


Espagne, 2015, 1h23, Tous publics
Seminci de Valladolid 2015 - Premier Prix Documentaire / ​DocLisboa IFF 2015

 

Frappée de plein fouet par la crise économique de 2008, l’Espagne a vu son taux de chômage frôler les 27% en 2012. Des centaines de milliers de personnes se sont alors retrouvées dans l’incapacité de rembourser leur crédit immobilier puis expulsées de leur logement, tout en restant endettées auprès de leur banque. A Barcelone, un collectif citoyen s’est mis en place spontanément pour proposer un cadre d’écoute et d’entraide à ces victimes de prêts toxiques – des hommes et des femmes de tous âges et de tous horizons qui n’auraient jamais pensé qu’ils pourraient un jour se retrouver sans emploi et sans toit. Et qui n’auraient peut-être jamais osé parler de leurs difficultés ni demander de l’aide, meurtris par la honte et l’incompréhension. A travers cette expérience de solidarité et d’engagement, ils vont reprendre espoir et surtout voir la vie et le monde qui les entoure sous un nouveau jour.

SITE DU FILM : http://dissidenzfilms.com/afectados-rester-debout/

BANDE-ANNONCE

 

NOTE D’INTENTION DE LA RÉALISATRICE​

La crise de l’immobilier a provoqué en Espagne une crise profonde de notre modèle économique, et a fait basculer des milliers de citoyens dans le chômage, la misère et l’exclusion sociale du jour au lendemain. Les travailleurs de la classe moyenne ont été les victimes collatérales de cette crise, alors même qu’elles n’en étaient pas responsables. Un chômage chronique s’est installé, qui a renforcé la fracture sociale et les injustices. Les gens voient disparaître autour d’eux des ressources vitales à leur bien-être (les services sociaux, la santé, l’éducation, la justice) et des droits sociaux acquis pendant des décennies de démocratie, au profit d’une minorité qui accapare pour elle seule toujours plus de richesses.

Quand les gens perdent leur travail ou que leurs entreprises ferment, ils se retrouvent souvent en état de choc, dans l’attente d’un changement de situation pour repartir de l’avant. Mais avec une croissance atone et des politiques publiques désarmées pour faire face à la situation, certains se retrouvent durablement dans cette situation, et leurs conditions de vie se précarisent. Sans voie de sortie et sans entrées d’argent, ils perdent espoir, se sentent inutiles et coupables, se voient obligés de renoncer à se soigner, puis sont expulsés de leur maison qu’ils ont souvent payé très cher, en s’endettant. La société civile paye à la crise un tribut injuste et socialement dévastateur.

Selon les derniers chiffres de Caritas, l’Espagne connaît un niveau d’inégalité de revenus parmi les plus élevés d’Europe. Plus de trois millions de personnes y vivent en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 307€ par mois. Le taux de chômage touche 27% de la population active, soit 6 millions de personnes ; dans 93% des cas il s’agit de chômage durable. Face à cette situation de nouvelles méthodes de résistance sont apparues, par nécessité, comme une réaction vitale pour continuer la lutte, se sauver de la peur et sortir de la solitude. L’une de ces formes de résistance c’est la PAH (Plataforma de Afectados por la Hipoteca), la « Plateforme des victimes du crédit hypothécaire » qui a rassemblé des milliers de citoyens qui s’étaient endettés pour acheter un logement et se retrouvent sans défense contre les banques quand ils ne sont plus en mesure de payer.

J’ai voulu produire un témoignage intime, par le cinéma, sur la situation sociale en Espagne. Je voulais donner à voir la fragilité des gens, et surtout faire entendre leur voix. Le film est donc centré sur le parcours de familles et d’individus : je ne voulais pas adopter une approche chiffrée mais plutôt montrer leurs souffrances, leurs batailles, leurs défaites mais aussi leurs victoires. Car dans ce processus, beaucoup d’entre eux ont trouvé en eux quelque chose de fort, de profondément révolutionnaire : la joie de se retrouver sur l’essentiel, d’être généreux avec les autres, de construite une force de groupe et de faire face ensemble. Les membres de la PAH ne sont pas à la recherche d’un idéal théorique et inatteignable : ils échappent ensemble à une réalité sociale écrasante et ils redonnent leur dignité à des gens qui étaient cassés psychologiquement et socialement. On a eu la chance de les rencontrer dans cette grande maison, la « Granja del pas », où pendant un an, deux fois par semaine, ils nous ont laissé partager leur vie pour communiquer leur émotion et transmettre ce qu’ils ont vécu et appris. L’absence de réponse politique à la crise a poussé les afectados à s’unir, et à construire un processus citoyen qui pallie aux manquements de l’Etat et résout leurs problèmes. C’est très impressionnant de les voir reprendre leur dignité, se débarrasser de la culpabilité et de la peur, et cesser d’être prisonniers d’une situation dont ils ne sont pas responsables.

Silvia MUNT

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