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Dans la rue et dans les urnes

Par Bernard Cassen  |  1er juin 2012     →    Version imprimable de cet article Imprimer

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Avec Le Monde diplomatique en español

Le 15 mai dernier, les militants ont célébré un peu partout dans le monde le premier anniversaire de la naissance - à la Puerta del Sol à Madrid - du mouvement des Indignés : le 15-M. Ce mouvement, s’appuyant sur l’occupation pacifique des places publiques, s’inspirait directement des grands rassemblements du « printemps arabe »qui, quelques mois plus tôt, avaient provoqué le départ des dictateurs Ben Ali et Moubarak. Cette forme de protestation contre l’ordre établi a ensuite été reprise dans près de 80 pays, et en premier lieu aux Etats-Unis avec le mouvement Occupy Wall Street, puis à Londres contre la City et à Francfort contre la Banque centrale européenne (BCE).

Dans chaque pays, il existe des raisons spécifiques de s’opposer à des politiques et à des pratiques gouvernementales caractérisés par la capitulation devant la finance et par une caricature de fonctionnement démocratique. En raison de ses traits propres - notamment le rejet des structures de représentation tels les partis et les syndicats, l’absence de porte-parole, le refus de participer aux élections – le mouvement s’interdit cependant de peser sur les rapports de force parlementaires traditionnels. Et, très logiquement, il est d’autant plus vigoureux que le système institutionnel est suffisamment verrouillé pour empêcher toute alternative.

C’est en particulier le cas en Espagne et au Portugal où la social-démocratie et les partis conservateurs ont mené à tour de rôle des politiques d’austérité rigoureusement identiques. Ne parlons pas des Etats-Unis où Goldman Sachs et, plus généralement, Wall Street font la loi à la Maison Blanche quel que soit le président. A l’inverse, lorsque les processus électoraux laissent entrevoir la possibilité d’une rupture, les citoyens utilisent les urnes comme outil de résistance. Il y a prolongement de l’occupation de la rue par le bulletin de vote.

C’est ainsi que, le 6 mai dernier, les électeurs grecs ont massivement désavoué le Pasok et la Nouvelle démocratie, et fait de la coalition de la gauche radicale, Syriza, qui refuse les mesures dictées par la « troïka » BCE/FMI/Commission européenne, une force de gouvernement crédible. Les nouvelles élections législatives prévues pour le 17 juin pourraient même porter cette coalition au pouvoir.

En France, le mouvement des Indignés a été très peu suivi car les énergies militantes se sont concentrées sur l’élection présidentielle, dans la mesure où elle semblait ouvrir une perspective de réel changement politique. Et les rassemblements de dizaines de milliers de personnes sur les places publiques ont été remis à l’honneur par le Front de gauche – coalition semblable à celle de Syriza – dont le candidat, Jean-Luc Mélenchon, a réuni plus de 11 % des suffrages. La victoire de François Hollande a avant tout signifié un rejet de Nicolas Sarkozy, le « président des riches », et de la politique d’austérité que, comme lieutenant de la chancelière allemande Angela Merkel, il voulait imposer à l’Europe tout entière.

Le programme de François Hollande n’a cependant rien d’une véritable rupture. C’est un programme social-démocrate modéré qui se fixe notamment pour ambition de « réorienter » l’Europe et de revenir à la croissance, tout en respectant la rigueur budgétaire et en voulant à tout prix « sauver » l’euro. Beaucoup pensent que c’est là une mission impossible face à la toute puissance des marchés financiers. On verra si Hollande se donne les moyens de les affronter, ce qui le conduirait à prendre des mesures beaucoup plus radicales que celles qu’il envisageait initialement. Faute de quoi, le risque, pour lui, est de finir prématurément comme Zapatero ou Papandréou. Et de donner ainsi raison aux Indignés…





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