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Justice pour les Cinq !

Entretien avec Maurice Lemoine,
auteur de Cinq Cubains à Miami.

13 octobre 2010     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Le 6 octobre dernier, alors que, à La Havane on commémorait le 34e anniversaire de l’attentat perpétré contre un avion de la compagnie Cubana de aviación qui explosa en plein vol entraînant la mort des 73 passagers et de l’équipage - parmi lesquels les très jeunes membres de l’équipe nationale d’escrime -, était présenté à Paris le livre de Maurice Lemoine, Cinq Cubains à Miami [1]. Ce roman a pour trame les activités, l’arrestation et l’emprisonnement – il y a douze ans - de cinq Cubains qui, à Miami, tentaient d’empêcher de nouveaux actes de terrorisme contre Cuba. Maurice Lemoine répond aux questions du journaliste cubain Enrique Ubieta Gómez.

Maurice, qu’est-ce qui t’a incité à écrire sur les Cinq ?

Dans Le Monde diplomatique, quand Ignacio Ramonet en était le directeur et moi le rédacteur en chef, nous avions publié deux articles sur les Cinq, dont un de l’avocat Leonard Weinglass. L’histoire m’a paru absolument incroyable. Je me suis donc intéressé au sujet, j’ai commencé à travailler sur le dossier et je me suis dit qu’il était impossible que cette histoire ne soit pas connue. Je fonctionne ainsi : un matin, je me suis levé en me disant que je devais écrire un roman sur cette affaire…

Pourquoi un roman ?

C’est mon quatrième roman. Il faut savoir que le monde de l’édition, dans un pays comme la France, est très compliqué. Si tu écris un document sur les Cinq, quelque chose de très sérieux, d’universitaire, personne ne s’y intéressera. Tu sais que tu ne pourras vendre le livre qu’aux membres des organisations de solidarité, mais tu ne toucheras pas le grand public. Pour que le livre soit connu, pour que l’histoire soit connue, tu dois passer par le filtre des médias.

Dans ces médias, si tu écris un livre « sérieux » sur les Cinq, tu devras l’envoyer en service de presse aux spécialistes de l’Amérique latine. Et la majorité de ces spécialistes ont des préjugés contre Cuba. C’est un fait. En revanche, si tu écris un roman, tu peux toucher d’autres types de journalistes, spécialistes de sujets généraux ou de littérature, plus curieux. Tu auras davantage de chances qu’ils voient le livre et qu’ils se disent : « Tiens, c’est intéressant », et qu’ils découvrent l’histoire des Cinq. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi cette stratégie…

Par quelle maison d’édition est-il publié ?

Les éditions Don Quichotte à Paris. Le nom est bien choisi. C’est une maison d’édition très jeune, un an à peine, mais avec une directrice très courageuse. Quand tu arrives chez un éditeur en disant : « J’ai un livre sur les Cinq de Miami et il fait 1050 pages », il faut en effet que tu aies en face de toi quelqu’un de très courageux. Parce que c’est un gros risque économique, y compris pour des maisons d’éditions de renom. Mais la directrice de Don Quichotte a la tête sur les épaules, elle maîtrise bien les enjeux politiques, et elle m’a dit : « Très bien, on y va ».

Qu’as-tu pensé de la surprenante présentation du livre dans une des émissions de télévision les plus populaires de France ?

Pour te dire la vérité, je ne l’ai pas vue. Mais c’est une bonne nouvelle, d’abord parce que le journaliste [2] qui l’a présenté – et qui aborde des sujets généraux, précisément, comme je te le disais – est un homme sérieux et célèbre. Ensuite, c’est la première fois qu’on parle des Cinq à la télévision française. Pour moi, c’est formidable. D’habitude, les journalistes restent dans l’expectative. Si quelqu’un de très connu parle de quelque chose, les autres le font également et tu as plus de chances. C’est pourquoi, nous espérons que ce sera le début d’une campagne – pour moi c’est en effet une campagne -, qui nous permettra de faire connaître l’histoire des Cinq.

As-tu pu rencontrer la famille ?

Oui, bien sûr. Je ne connaissais ni Olga ni Adriana. À Cuba, j’ai fait la connaissance de la mère d’Antonio et de celle de Fernando, de l’épouse de Ramón et du frère de René. J’ai aussi beaucoup travaillé sur les témoignages, sur ce qui se sait de l’histoire car, à Cuba, on a beaucoup publié sur le sujet. C’est pourquoi, en réalité, mon livre est une œuvre collective. J’ai lu tout ce qui s’est écrit et, d’une certaine manière, on peut dire que j’ai résumé, pour un public français, l’information recueillie par de nombreuses personnes.

Ton roman sera-t-il traduit dans d’autres langues ?

Mon grand souhait c’est qu’il y ait une version espagnole. C’est compliqué parce que c’est un livre de mille pages, et cela représente un coût important pour une maison d’édition. Cela va dépendre également du succès du livre en France. Si, demain, un éditeur anglais s’aperçoit qu’un livre a du succès en France, il peut se décider à le publier, malgré le coût de la traduction. Le livre vient de sortir. Nous avons commencé avec un tirage de 5 000 exemplaires, et ensuite on verra.

 

Source : blog « La isla desconocida » d’Enrique Ubieta Gómez.
http://la-isla-desconocida.blogspot.com/

 

Notes

[1] Maurice Lemoine, Cinq Cubains à Miami, Editions Don Quichotte, Paris, 2010, 1047 pages, 24 euros.

[2] Il s’agit de Claude Sérillon dans l’émission de Michel Drucker Vivement dimanche.





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