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Mexique : « Las patronas », bienfaitrices sur la route du (clan)destin

Par Mahé Elipe  |  29 janvier 2017     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Mémoire des luttes publie avec l’autorisation de l’auteure, Mahé Elipe, un reportage photographique unique consacré au travail de femmes bénévoles au Mexique, dans la localité de « Patrona » ( Etat de Veracruz). Las patronas nourrissent depuis vingt-cinq ans les migrants d’Amérique centrale qui tentent chaque jour, à bord du train de marchandise « La Bestia » (la « Bête »), de rejoindre les Etats-Unis.

Plongée au coeur d’une traversée infernale et de la solidarité populaire.

Mémoire des luttes recommande à ses lectrices et lecteurs la découverte des reportages photos sociaux de Mahé Elipe. Visiter son site : http://www.mahelipe.com/

Article de Mahé Elipe et Hans Lucas

 

Dans le village mexicain de La Patrona, près d’Amatlán de Los Reyes dans l’Etat de Veracruz, un groupe de femmes vient en aide aux migrants d’Amérique centrale qui tentent le long et périlleux voyage vers les Etats-Unis à bord des trains de marchandises.

Las patronas (les patronnes), est un groupe d’une quinzaine de femmes vivant dans le village de La Patrona ou ses alentours. Depuis 1995, origine du mouvement, Norma Romero, la fondatrice, ses soeurs, filles et voisines ont pris sur elles de nourrir les migrants du Honduras, du Salvador ou encore du Guatemala qui voyagent à bord de « La Bestia », train de marchandise qui traverse le Mexique et permet d’accéder à la frontière des Etats-Unis.

Initialement rejetée par les locaux, leur action a finalement obtenu gain de cause après dix années d’efforts. Les patronas sont aujourd’hui respectées dans le pays et ont attiré l’attention de nombreux médias et acteurs politiques. Une popularité qui n’a rien changé à leur combat : depuis 21 ans, leurs journées sont toujours occupées par leur désir de venir en aide aux migrants affamés qui fuient la violence des gangs et le manque d’opportunités. Une chose normale pour Norma Romero : « Pour chaque jeune homme ou femme qui voyage sur ce train, il y a une mère qui souffre et prie pour son enfant. Quand nous les voyons, cela nous fait penser à nos enfants et nous donnent envie de les aider. »

C’est au sein d’une ancienne usine d’huile, transformée en refuge, que les patronas cuisinent les précieux sacs de nourritures. Dès le matin, quelques unes partent récolter les dons et les invendus des supermarchés alentours, tandis que le reste s’attaque à la préparation des repas. Riz, haricots, pain, tortillas, pâtisseries et bouteilles d’eau seront distribués aux migrants accrochés au train en marche en l’espace de 5 minutes, mais l’attente du train est longue. « On ne sait jamais quand le train va passer » explique Bernarda, l’une des patronas. « Il n’a pas d’horaire précis, et on l’entend parfois arriver de façon totalement inattendue, parfois de nuit, ce qui nous laisse très peu de temps pour courir à sa rencontre. »

Seules certitudes pour ces bénévoles : jusqu’à trois trains par jour, un qui-vive permanent et le geste d’amour à l’arraché sur le bord des voies.

 


Norma Romero Vasquez, fondatrice du mouvement Las patronas. En attente du train avec les sacs de nourriture.

 


Anahi Cristobal volontaire du groupe de Las patronas, donnant les indications de fonctionnement du refuge aux migrants de passage.

 


Planning d’organisation journalier. Désignation des personnes responsables de faire à manger ou d’aller récupérer les dons dans les villages alentours.

 


Préparation des haricots « Frijoles ».

 


Volontaires préparant les sacs de riz « Arroz » dans la cuisine du refuge avant le passage du train.

 


Volontaires triant des médicaments pour les donner aux migrants.

 


Volontaires préparant les sacs de riz « Arroz ».

 


Organisation des dons et stockage des vivres (vêtements, médicaments, nourritures…).

 


Volontaires préparant des bouteilles d’eau recyclées, pour les lancer aux migrants dans le train en marche.

 


« Les rêves voyagent aussi ». Carte du Mexique représentant les voix de chemins de fer parcourant le pays jusqu’aux Etats-Unis.

 


A l’entente du train approchant, le groupe se prépare sur le bord de la voie avec les précieux sacs afin de pouvoir les distribuer.

 


Le train approchant, une des patronas alerte les migrants de leur présence en leur criant « Comida ! » (Nourriture).

 


Course de vitesse. Dès qu’elles entendent, au loin, le bruit du train, Las patronas se précipitent le long des voies. Elles ont trois minutes pour opérer, pas plus, car même si le train est lent, il ne s’arrête pas.

 


Doyenne du groupe tendant les bouteilles d’eau aux migrants.

 


Les mains des migrants, affamés, se tendent pour saisir sacs de nourriture et bouteilles.

 


Les derniers sacs de nourritures ont été distribués, l’émotion est encore palpable.

 


Le premier train étant passé, le groupe ramène les vivres en trop pour pouvoir les redistribuer au prochain train.

 


Temps de pause entre les allées venues des trains.

 


Renouvellement de la préparation des sacs de nourritures (composés de riz, haricots, pain, tortillas et pâtisseries) pour le prochain passage du train de la journée.

 


Nouveau passage du train de la journée. Une des volontaires se prépare à tendre le bras pour permettre aux migrants de les attraper.

 


Passage du train avec les migrants tentant d’attraper les sacs de nourriture que Las patronas leurs offrent.

 


Dernier passage du train « La Bestia » de nuit. Las patronas tendent les sacs de nourriture aux migrants.

 


Mur du refuge de Las patronas.





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