« Bienvenue dans la Caraïbe au groupe d’attaque du Nimitz » ! Ainsi le Commandement sud de l’armée des Etats-Unis (Southern Command) salue-t-il l’arrivée du porte-avions à propulsion nucléaire « USS Nimitz » et des forces qui l’accompagnent [1] à proximité de Cuba. La démonstration de force ressemble à s’y méprendre à celle qui, avant le 3 janvier 2026 et avec en vedette le gigantesque porte-avions « USS Gerald Ford », a imposé un blocus maritime au Venezuela avant de l’attaquer militairement. Une accusation de « narcotrafic » servit alors de prétexte pour justifier le kidnapping du président de la République bolivarienne, Nicolás Maduro. En un parfait décalque, un procureur à la solde de Donald Trump vient de lancer des poursuites judiciaires, le 20 mai, contre l’ex-président cubain Raúl Castro.
Dans le cadre d’une « affaire » remontant à 1996 et pendant laquelle il était ministre de la Défense, on l’accuse (ainsi que cinq ex-officiers cubains) de complot en vue d’assassiner des citoyens Etatsuniens. En l’occurrence, deux pilotes et deux passagers présents dans deux avions civils appartenant à l’organisation « humanitaire » Frères du secours abattus par la chasse cubaine le 24 février 1996. S’ajoutant au fait que Washington impose à l’île depuis janvier une pression maximale et un blocus pétrolier total, poussant la population à l’obscurité et à la famine, la manœuvre laisse présager le pire, après le précédent vénézuélien. En faisant figure de grand défenseur de la justice s’en prenant à un dirigeant « criminel », l’administration de Trump tente de préparer l’opinion publique à se montrer indulgente lorsque, pour lui imposer un changement de régime, elle décidera de porter un coup assassin à Cuba.
S’ajoutant à la violation permanente du droit international et aux méthodes de gangsters de la politique étrangère des Etats-Unis, l’accusation lancée contre Raúl Castro relève – comme pour le supposé « narcotrafic » de Maduro – de la supercherie.
Années 1990. Malgré l’embargo en vigueur depuis 1962, Fidel Castro est toujours au pouvoir. Il a pour ministre de la Défense son frère Raúl. Discret, moins exposé et charismatique que son aîné, celui-ci n’en est pas moins un rebelle de premier plan. « Comandante » dans la Sierra Maestra, il s’est vu, après la victoire de janvier 1959, confier la tâche titanesque de créer et organiser les Forces armées révolutionnaires (FAR). A ce titre, il est devenu un référent et un symbole de la révolution cubaine. Il surgira en pleine lumière quand, de 2008 à 2018, il succèdera à Fidel à la tête de l’Etat.
A quelques 145 kilomètres de l’île, en 1990, la Floride anticastriste en général et Miami en particulier fêtent la chute du mur de Berlin. En 1991, ils redoublent d’enthousiasme. Invasion américaine au Panamá (1989), déroute électorale des sandinistes au Nicaragua, implosion de l’Union soviétique, Guerre du Golfe… Dans tous les cas, le gouvernement cubain se trouve dans le camp des vaincus. Il n’y a plus qu’à attendre. Le fruit mûr va tomber tout seul, emporté par son propre poids. On commence à déboucher les bouteilles de Champagne. Lors d’une cérémonie au cours de laquelle l’Université internationale de Floride le fait docteur honoris causa « pour ses capacités de dirigeant », le président George H. W. Bush prophétise : « En 1992, Fidel Castro crèvera et je serai le premier président des Etats-Unis à fouler le sol de Cuba libre. » A voir ! Il se prend sans doute pour son successeur Donald Trump, mais il devra déchanter. Dans ce cas précis, la « théorie des dominos » ne fonctionne pas. Bien qu’engagée depuis l’automne 1990 dans la terrible « période spéciale en temps de paix », Cuba souffre, mais ne plie pas.
Entité presque indépendante du reste des Etats-Unis, Miami abrite une faune des plus sauvages. Après l’échec de la tentative d’invasion de la Baie des Cochons en avril 1961, environ trois cents Cubains (devenus pour la plupart cubano-américains) ont reçu une formation d’officier dans les académies d’opérations spéciales de Fort Benning (Georgie), Fort Mayers (Floride), Fort Peary (Virginie), etc. D’autres ont été envoyés à Fort Gulick (l’Ecole des Amériques), au Panamá, pour être formés à la contre-guérilla. Ces hommes s’appellent José Basulto, Jorge Mas Canosa, José Francisco « Pepe » Hernández, Luis Posada Carriles, Félix Rodríguez Mendigutía. C’est ce dernier qui, en mission en Bolivie, a transmis l’ordre de tuer Che Guevara, capturé le 8 octobre 1967. Posada Carriles, de son côté, a organisé (avec Orlando Bosch) l’attentat à la bombe contre le vol CU 455 de la Cubana de Aviación, provoquant le 6 octobre 1976, à la Barbade, la mort de soixante-treize passagers ; il deviendra ensuite l’homme de la CIA et le chef de tortionnaires connus au sein de la police politique du Venezuela. Interrogé bien plus tard par une journaliste sur sa responsabilité dans l’attentat terroriste de la Barbade, il se contentera de jeter : « On a mis la bombe, et alors ? »
A Miami, ces anticastristes professionnels, « dinosaurios » ayant congelé le passé, sont à la tête d’une nébuleuse d’organisations – Alpha 66, Brigade 2506, Cuba indépendant et démocratique, Comandos F4, Comandos L, Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), Conseil militaire cubano-américain (CAMCO), Parti d’unité nationale démocratique (PUND), Commando uni pour la libération (CLU)… Vivant comme des pachas, leurs dirigeants dilapident des fortunes – l’argent qui leur est assigné à travers la CIA, la Nouvelle fondation pour la démocratie (NED) et même l’Agence pour le développement international (USAID). Les attentats et sabotages régulièrement organisés dans l’île ont fait à ce moment (début des années 1990) de l’ordre de 3 400 morts et plus de 2 000 handicapés. Sans parler des dommages incalculables causés à l’économie.
Cuba n’a pas affaire à des dilettantes. Ses agresseurs tuent.
Lors de ses congrès 1992 et 1993, la FNCA, vitrine « légale et pacifique » des groupes anticastristes, se dote, à Miami et en Amérique centrale, d’une structure clandestine. Celle-ci dispose bientôt d’un hélicoptère, d’avions modèles-réduits télécommandés (précurseurs des drones !), de sept d’embarcations et d’explosifs pour réaliser des attentats. Depuis l’Amérique centrale, Luis Posada Carriles sert de relais.
Il n’y a même pas de mystère s’agissant des intentions : en janvier 1993, Tony Briant, leader du groupe Comandos L, confirme qu’il y a « une guerre » contre le castrisme, annonce d’avantage d’attaques, en particulier contre les hôtels, et enjoint aux touristes étrangers « de se maintenir éloignés de Cuba [2] ». Le 7 novembre, également en conférence de presse, Humberto Pérez, porte-parole d’Alpha 66, confirme la stratégie destinée à tuer le secteur en expansion de l’économie : présentes sur place, des cellules clandestines sont prêtes à prendre des visiteurs en otage. « Ceux qui se logent dans des hôtels cubains sont considérés comme des ennemis. » Les troupes de l’organisation s’entraînent dans les marais des Everglades, au vu et au su de tous, à commencer par les autorités.
Bonnes nouvelles : signée en octobre 1992 sous la présidence du républicain George Bush, mais portée par le représentant Robert Torricelli et le sénateur Bob Graham (tous deux démocrates), la loi Torricelli a durci l’embargo ; en 1994, à La Havane ne fonctionnent plus que 500 autobus sur les 8000 qui roulaient en 1989. Une fois par semaine, les autorités publient les horaires des coupures de courant pour chaque quartier de la capitale. Par vagues, des milliers de Cubains prennent la mer, entassés sur des embarcations de fortune, les « balsas », vers les Etats-Unis. La presse floridienne multiplie ses attaques et, comme elle le fait depuis 1960, pronostique la chute imminente de la révolution.
Déception en 1995 : la croissance réapparaît dans « l’île communiste ». Principale responsable ? L’armée, dirigée par le général commandant en chef Raúl Castro. En vertu du principe selon lequel « les haricots sont plus importants que les canons », l’institution délaisse les armes, investit les usines et les champs (donnant progressivement naissance au groupement d’entreprises GAESA qui, contrôlant entre 40 % et 70 % de l’économie cubaine, sera en 2026 au cœur des attaques de Washington contre « le régime »). Pire encore, pour revenir à 1995 : un nouvel accord migratoire est signé entre La Havane et l’administration de Bill Clinton, le nouveau locataire démocrate du Bureau ovale. En vertu d’une loi « pieds secs, pieds mouillés », seuls les « balseros » – Cubains cherchant à gagner la Floride sur des radeaux – touchant effectivement terre seront admis aux Etats-Unis. Interceptés en mer, les autres seront renvoyés à Cuba, sur la base militaire de Guantánamo. Dans le même temps, Washington s’engage à fournir 20 000 visas par an aux Cubains souhaitant gagner les Etats-Unis. De ce fait, le flot des « balseros » va se tarir, inévitablement.
Les Etats-Unis, qui regorgent de tout, abondent aussi de ce qu’on nomme les Organisations non gouvernementales – ou ONG. Elles y foisonnent, elles y pullulent, vouées aux sujets les plus divers – et parfois les plus douteux. L’assistance aux « balseros » c’est le domaine de José Basulto. Le 15 mai 1991, celui-ci a fondé Frères du Secours – en anglais Brothers to the Rescue (BTTR), en espagnol Hermanos al Rescate (HAR), sigle que nous utiliserons prioritairement dans cet article car le plus employé par les Cubains de l’île et les Cubains et Cubano-américains vivant aux Etats-Unis. Il s’agit, à l’aide de petits avions civils, dont des Cessna rachetés d’occasion à l’armée américaine, de survoler le détroit de Floride, d’y repérer les « balseros » en difficulté et de signaler leur position aux garde-côtes étatsuniens pour que ceux-ci leur prêtent assistance.

- Cessna 337
En matière d’humanitaire, Basulto peut se vanter d’antécédents très sérieux. Né à Cuba le 8 août 1940, pilote formé aux Etats-Unis, il a été recruté en 1960 par la CIA. Rentré légalement à Santiago de Cuba, il a été censé y préparer des groupes de combattants pour appuyer la prochaine invasion de la Baie des Cochons. Après le cuisant échec, il a réussi à passer à travers les mailles du filet et à revenir dare-dare aux Etats-Unis. En août 1962, membre du Directoire révolutionnaire étudiant, il mitraille depuis la mer le théâtre Blanquita (aujourd’hui Karl Marx) et l’hôtel Rosita de Hornedo, dans le quartier havanais de Miramar.
On retrouve la trace de Basulto en Amérique centrale, dans les années 1980. Lié à Commitee Ramsom of Centroamerica, une entreprise écran de la CIA, et au manche de divers avions, il travaille pour la « contra » antisandiniste et participe activement à la guerre sale menée contre le Nicaragua.
Lorsqu’il crée HAR en 1991, Basulto invoque très logiquement le sauvetage des « balseros ». « Faut qu’on soit les yeux du détroit », déclare-t-il publiquement. Des yeux qui surveilleront les droits de l’homme. » La formule est absurde, mais elle plaît beaucoup. D’autant que Basulto veut aussi voir Cuba « sauvage et libre ». Estimant avec optimisme que cela prendra une dizaine de mois, il se rapproche de la FNCA par besoin de financement. Depuis ses installations de la base aérienne d’Opa Locka (Miami), il dirige une trentaine de pilotes, essentiellement cubains, mais aussi argentins, vénézuéliens, nicaraguayens et même étatsuniens. Inventant chaque jour de nouveaux moyens de propagande, de pression, de publicité, Basulto devient un bienfaiteur de l’Humanité.
Pour des raisons qu’on peut comprendre, La Havane suit les événements avec attention. Pour prévenir et neutraliser les actes terroristes qui affectent l’île, Raúl Castro ne peut compter que sur le renseignement humain. A ce titre, et en tant que ministre de la Défense, il dirige la Direction générale du renseignement (DGI). Parmi ses nombreux agents régulièrement infiltrés au sein des groupes anticastristes violents, cinq l’ont été au début des années 1990 : Gerardo Hernández, Ramón Labañino, René González, Fernando González et Antonio Guerrero. Tous se distinguent par la qualité des informations qu’ils recueillent et transmettent. Deux ont un lien direct avec HAR : René González, chargé de surveiller le Mouvement démocratie, Militaires et professionnels pour la démocratie, Commandos unis pour la libération, le Parti démocratique national unifié, la Commission nationale cubaine, l’Association cubano-américaine des pilotes et… l’organisation de Basulto. Pilote et supposé « dissident », il y a été accepté comme membre régulier ; il tient informé le chef du réseau, Gerardo Hernández. Lequel répercute à La Havane.
Lui aussi aviateur, un autre Cubain révolutionnaire a également infiltré les Frères du Secours, Juan Pablo Roque.
Acteur particulièrement attentif, René González découvre les petits et les grands secrets de l’ « ONG ». Des vols discrets, vers Haïti, porteurs au retour de chargements de « coke » prestement déchargés. Les rase-mottes effectués au-dessus de la Havane et au cours desquels, en toute illégalité, les Cessna jettent des médailles religieuses, des tracts de propagande « anti-rouges » appelant la population « à lutter pour sa liberté ». A priori, rien de bien terrifiant, une oasis de pacifisme dans un monde violent, si d’autres vols, au large des Bahamas, ne réalisaient des essais de bombes artisanales – tuyaux de PCV bourrés d’explosifs – larguées elles aussi depuis les airs. Avec, capté et rapporté par René, ce type de commentaires de Basulto et de ses comparses : « Tu imagines ? Sur la place de la Révolution, à La Havane, un jour de meeting de Castro ! »
Juillet 1995. Moins de « balseros » en mer. Les vols sur l’île se multiplient. « Nous devons habituer les radars cubains à la présence de nos avions. » Augmentation des incursions nocturnes, expliquée en petit comité : « Il faut déterminer la vulnérabilité de leur défense, la nuit. » A l’aide d’équipements dernier cri, les hommes de HAR multiplient les scanners permettant d’intercepter les fréquences du contrôle aérien cubain, du FBI de Miami, du service des garde-côtes américains. L’activité monte tellement en puissance que Basulto en vient à se prendre pour un général d’aviation. Là encore en petit comité, il évoque l’avion L-29 tchèque dont il a planifié l’achat.
Tout cela, La Havane le sait. Mais pas uniquement La Havane. Pour s’assurer une couverture qu’il croit parfaite, René González est devenu informateur du FBI. Les « feds » – agents fédéraux – de Miami disposent à l’époque d’une équipe de contre-renseignement composée de 12 ou 14 agents assignés spécialement aux enquêtes sur les Cubains ou Cubano-Américains suspects (une autre surveille ceux d’autres pays, principalement les Russes et les Israéliens). Avant le 11 septembre 2001, l’ « agent spécial in charge » – chef régional – est en général libre d’établir la ou les priorités de son bureau et d’en définir les missions. Celui de Miami ferme ostensiblement les yeux sur les actions des trafiquants, chefs mafieux, « narcos » et réseaux clandestins ayant pignon sur rue pour peu qu’ils se présentent comme des « patriotes » qui luttent contre Cuba. Mais lui aussi sait.
Qui pourrait d’ailleurs prétendre qu’il ne sait pas ? Entre le 15 mai 1994 et le 14 juillet 1995, le gouvernement cubain dénonce à la Section des intérêts nord-américains (SINA) de La Havane plus de vingt viols de son espace aérien. Dans un communiqué, il avertit qu’à l’avenir « tout navire pénétrant par la force dans ses eaux territoriales peut être coulé, et que tout avion agissant de même dans son espace aérien pourra être abattu [3]. » Début janvier 1996, Basulto emmène dans son avion une équipe de la télévision NBC de Miami. Celle-ci filme et diffuse le survol du centre de La Havane accompagné de lancers de tracts. Le gouvernement cubain manifeste à nouveau sa détermination de prendre des mesures contre ces avions. Fidel Castro s’implique personnellement dans ces efforts pour faire respecter la légalité internationale. Les notifications de La Havane parviennent à toutes les parties concernées, de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) au Département d’Etat en passant par la Federal Aviation Administration (FAA) – agence gouvernementale chargée des réglementations et des contrôles concernant l’aviation civile aux Etats-Unis.
Des fonctionnaires de cette FAA rencontrent personnellement Basulto et lui demandent d’interrompre ces vols illégaux. Provoquant la fureur de la nébuleuse anticastriste, une circulaire officielle a été punaisée depuis le mois d’octobre 1995 sur le tableau des « Avis aux pilotes et opérateurs » d’Opa Locka. Signé Cecilia Capestani, fonctionnaire du Bureau de l’aviation internationale au sein de la FAA, le texte précise : « Le gouvernement de Cuba a manifesté à plusieurs reprises sa détermination de prendre des mesures contre les avions qui violent son espace aérien. Ces mesures sont destinées à la défense et à la préservation de sa souveraineté nationale et à empêcher les vols non autorisés. Les opérateurs entrant dans l’espace aérien cubain sans autorisation peuvent faire l’objet de détention et courent, pour eux-mêmes et les autres personnes, un sérieux risque personnel.
Ce n’est ni un faux ni un pamphlet à prendre à la légère. Les « Basulto boys » le traitent par le mépris.
Nouveau président du Sénat depuis le triomphe des républicains lors des élections parlementaires de novembre 1994, Jess Helms est le genre de type capable de déclarer – ce qu’il fait ! – qu’il aurait été plus utile d’envahir Cuba que le Koweït. De même que Torricelli recevant 120 000 dollars du lobby anticastriste, Helms a, au long des années, perçu 45 000 dollars de contributions politiques de la part de la FNCA. En compagnie du représentant démocrate Dan Burton, il présente donc une nouvelle-nouvelle-nouvelle loi destinée à empêcher quelque type de commerce de La Havane avec d’autres pays, à sanctionner les investissements étrangers dans l’île et, en définitive, à asphyxier complètement le « régime » de Fidel Castro.
Surprise ! En janvier 1996, Clinton, qui n’a rien d’une colombe, n’en déclare pas moins son opposition à cette initiative. Après l’Union européenne, les États latino-américains et le Canada se mobilisent contre cette loi, qui les affecterait directement. Désireux de ménager ses alliés, Clinton promet d’y opposer son veto.
La nouvelle soulève à Miami une vague de fureur d’une intensité sans précédent.
Depuis la Floride, une flottille va s’élancer et se positionner face aux côtes cubaines le 24 février pour y défier Castro. Aux journalistes convoqués, Basulto annonce que HAR volera pour appuyer l’armada. A aucun moment, il n’est question de « balseros ». Tout un chacun l’a parfaitement compris, il s’agira d’une provocation.
Trois Cessna 337 Skymasters et six hommes, dont Basulto qu’accompagne, dans son appareil, Arnaldo Iglesias, décollent le 24 février. Comme d’habitude, ils ne respectent en rien le plan de vol présenté avant leur départ. Ils se dirigent droit vers l’île. Ils passent le 24e parallèle, pénétrant la zone aérienne sous juridiction de Cuba. La tour de contrôle les avertit qu’ils entrant dans une zone militaire activée et leur ordonne de rebrousser chemin. La tour de contrôle réitère ses commandements. La tour de contrôle avertit les intrus du danger. Basulto en personne répond : « Je sais, mais nous sommes des Cubains libres, nous sommes disposés à courir le risque. »
Il est dangereux de tirer trop longtemps le tigre par la queue. Un Mig 23 et un Mig 29 se portent à la rencontre des appareils. Personne ne répond à leurs sommations. L’un des avions de chasse ouvre le feu. Deux Cessna sont abattus. Aux commandes du troisième, qui volait en derrière position, à une distance très respectable, Basulto fait demi-tour et multiplie les appels de détresse en se dirigeant vers Opa-Locka.
Les conséquences s’enchaînent en cascade.
« Le 24 février 1996, à 15 h 21 et 15 h 27 respectivement, deux aéronefs MIG 29 de l’aviation cubaine ont abattu deux avions civils non armés de l’organisation Frères du Secours qui se préparaient à porter secours à des "balseros" cubains », dénoncent les autorités étatsuniennes. L’action « a entraîné la mort de deux citoyens nord-américains, Carlos Costa et Mario de la Peña, d’un citoyen nord-américain né à Cuba, Armando Alejandre, et d’un résident des Etats-Unis de nationalité cubaine, Pablo Morales. »
L’exil cubain se presse derrière celui qu’elle considère comme un héros : Basulto. Devant micros et caméras, Basulto fait du Basulto : « Je suis un adepte de la non-violence et je suis les enseignements de Martin Luther King. La désobéissance civile est la meilleure formule pour démocratiser Cuba. Je n’ai pas sorti la violence de mon cœur, parce que c’est impossible. Mais dans la mesure où l’intelligence me permet de contrôler mes instincts, j’ai renoncé à toute violence, non seulement dans mon activité politique, mais également dans ma vie personnelle. »
Commotion le 28 février : à la télévision cubaine, l’agent cubain Juan Pablo Roque, rentré précipitamment dans l’île, révèle et détaille les activités « clandestines » de HAR.
Naturellement, la folie s’empare des médias. Ce qui s’est passé ne mérite qu’une qualification : meurtre dans les eaux internationales. Pourtant, deux versions s’affrontent d’emblée. Les avions de Frères du secours, « abattus sans sommations », sont tombés à plus de 5 milles nautiques au nord de l’espace aérien cubain, assure-t-on à Washington. Cette affirmation est contredite à La Havane où les enregistrements des radars démontrent que les appareils ont été abattus à l’intérieur du territoire cubain et que les uniques débris retrouvés l’ont été très près de La Havane (les garde-côtes US ne trouveront rien dans le secteur international).
La version cubaine se heurte à l’incrédulité sarcastique des commentateurs américains et étrangers. L’affaire est entendue quand, le 27 juin 1996, l’OACI prend fait et cause pour Washington : l’incident a eu lieu « dans les eaux internationales ».
L’OACI expliquera avoir constaté « de nombreuses incohérences » dans les données étatsuniennes et cubaines. Pour arriver à sa conclusion sur « l’emplacement le plus probable », elle s’appuie donc sur le témoignage du commandant d’un navire de croisière, le « Majesty of the Seas », qui, le 24, voguait à proximité des eaux cubaines. Américain d’origine norvégienne, le pilote du navire, le capitaine Bjorn Johansen, prétend avoir localisé l’endroit précis du « crash » en se basant sur une observation visuelle. Cette affirmation suffit à l’OACI, elle ne cherche pas à en savoir d’avantage. Dommage. Elle aurait pu découvrir que le « Majesty of the Seas » appartient à Royal Caribbean Cruises. Cette compagnie figure parmi les quarante entreprises ayant contribué à hauteur de 25 000 dollars à la création de la FNCA (selon Francisco « Pepe » Hernández, alors président de cette dernière). Fait tout aussi notable : le jour fatal, le bras droit de Johansen dans le poste de pilotage était l’Américain Peter G. Whelpton, membre de la FNCA et directeur de la Fondation Blue Ribbon pour la reconstruction de Cuba, deux organisations opposées au gouvernement cubain.
Pas plus curieuse que l’OACI, l’ONU entérine sa conclusion.
La Floride est le quatrième État américain en nombre de votes. Elle a bien résisté à la vague républicaine lors des élections de novembre 1994 et Clinton a absolument besoin d’y conserver une prédominance démocrate. La présidentielle approche, il a commencé sa course à la réélection. Il se lamente : « Je me plie en quatre pour tendre la main aux Cubains, mais chaque fois que nous faisons quelque chose, Castro tire sur des avions et tue des gens illégalement ou les met en prison. Clinton rompt tous les ponts de communication établis avec La Havane au cours des mois précédents. Le 13 mars, au nom des quatre morts de HAR, il ratifie la loi Helms-Burton qui, une fois de plus, aggrave les conditions de vie à Cuba. Miami exulte : « C’est le dernier clou dans le cercueil de Castro ».
Dans le chahut qui suit, une nouvelle passe inaperçue : le 16 mai, la FAA retire sa licence de pilotage à Basulto pour avoir violé l’espace aérien cubain le 13 juillet 1995 et le 24 février 1996 [4].
Un mois avant la destruction de deux avions de BTTR [Brothers to the Rescue], Cecilia Capestany, responsable de la FAA, informe sa hiérarchie que le Département d’Etat a fait pression sur l’agence pour qu’elle immobilise tout nouveau vol de José Basulto.. Elle mentionne également un appel du sous-secrétaire d’Etat Peter Tarnoff au secrétaire aux Transports Federico Peña « pour faire le point sur notre dossier contre Basulto ». Son courriel évoque « le pire scénario : que les Cubains abattent un de ces avions », la FAA ayant « intérêt à être fin prête ».
Ce compte rendu détaillé des réunions et communications de la FAA ayant précédé le drame a été rédigé par Michael Thomas, responsable du bureau des normes de vol de Miami. Il décrit les multiples avertissements adressés à Basulto par des responsables de la FAA, ainsi qu’une réunion avec Richard Nuccio, « interlocuteur privilégié de la Maison-Blanche pour Cuba », en août 1995, après un survol provocateur de La Havane par HAR, au cours duquel des milliers de tracts et de médaillons ont été largués sur les rues de la ville. « La crainte majeure est la possibilité qu’un avion du BTTR soit abattu par des tirs terrestres », conclut le compte rendu de la réunion. Une annonce ultérieure du Département d’Etat a fait état de la « FERME DÉTERMINATION » du gouvernement cubain à défendre son intégrité territoriale et son espace aérien contre toute incursion non autorisée.
Cette chronologie de la FAA retrace les interactions et les communications entre les responsables de la FAA et José Basulto entre début 1995 et janvier 1996. Elle relate les mises en demeure et les avertissements répétés adressés à BTTR pour qu’elle cesse ses violations de l’espace aérien cubain. Elle témoigne également de l’incapacité bureaucratique à mettre un terme définitif aux provocations incessantes de Basulto et à répondre aux protestations du gouvernement cubain face à la persistance de ces violations.
Conformément à ce que redoutaient et dénonçaient les Cubains, d’avril à septembre 1997, une vague d’attentats à la bombe affecte les hôtels Nacional, Capri, Copacabana, Château et Triton de La Havane. Arrêtés, plusieurs mercenaires guatémaltèques et salvadoriens révéleront avoir agi sous les ordres de Luis Posada Carriles, installé en Amérique centrale, mais financé par Miami.
On aurait pu en rester là si…
Le 12 septembre 1998, les cinq agents cubains précités, infiltrés au sein des organisations terroristes, sont arrêtés au terme d’une opération spectaculaire, démesurée, digne d’un film hollywoodien, menée par le FBI. L’industrie du lavage de cerveau – qui va des autorités policières aux représentants de la « justice » et aux médias –, les baptisent « les Cinq espions cubains ». Dans l’île, ils vont devenir « les Cinq héros » ou même tout simplement « les Cinq ».
Le procès auquel ils vont être soumis à Miami, le plus long de l’histoire des Etats-Unis, sera marqué par son caractère ubuesque et le viol systématique de tous leurs droits. Pour les châtier avant l’heure et les empêcher de préparer leur défense, on les soumet pendant dix-huit mois à un isolement total dans l’enfer d’« el hueco » (le trou). L’ambiance de Miami se révèle tellement toxique que, dans un premier temps, dix-sept avocats désignés d’office par la Cour refusent de siéger, craignant les répercussions que pourrait avoir sur leur carrière le fait de défendre un « espion cubain ». Les jurés sont intimidés. La défense n’a pas accès aux « preuves », classées « top secret ».
L’une des grandes ironies de l’histoire réside dans le fait que la Cour n’accusera finalement aucun d’eux d’ « espionnage », une telle accusation, et pour cause, ne pouvant être prouvée. Faute d’arguments, les magistrats leur imputeront d’avoir agi pour « détruite les Etats-Unis ». Leurs condamnations, en décembre 2001, à des peines aberrantes – René González, quinze ans d’emprisonnement ; Fernando González, dix-neuf ans ; Ramón Labañino, perpétuité, plus dix-huit ans ; Antonio Guerrero, perpétuité plus dix ans ; Gerardo Hernández, deux peines de perpétuité plus quinze an ! – et leur longue détention donneront lieu, surtout à Cuba, mais aussi à l’international, à une campagne sans précédent pour obtenir leur libération (Gerardo y passera seize ans) [5].
Chef du réseau, c’est Gerardo Hernández qui a affronté la situation la plus délicate, le ministère public lui imputant la responsabilité de la destruction des avions de HAR et de la mort de leurs quatre occupants. Dépourvus de toute corrélation avec la lourdeur de sa future condamnation, les débats qui suivront démontreront au contraire l’inanité d’une telle imputation.
Appelés par la Défense, les témoins se succèdent à la barre. Des représentants officiels de la FAA confirment qu’ils ont averti sept fois Basulto et son organisation du grave danger que représentaient les vols organisés sur La Havane. Sous les questions pressantes, précises, Arnoldo Iglesias, présents aux côtés de Basulto dans le Cessna qui a échappé au désastre, confesse qu’en 1995 il a effectivement procédé à l’essai de bombes artisanales, dans la zone de l’aéroport d’Opa Locka, en compagnie de ce même Basulto.
A partir du 13 mars 2001, Basulto en personne est interrogé. Préalablement, il a qualifié publiquement un avocat de la défense d’ « espion communiste », ce qui, dans un chaudron comme Miami, équivaut à une menace de mort. Il dérapera une nouvelle fois durant le procès en perdant totalement le contrôle de ses nerfs et en proférant des insultes contre l’avocat McKenna, devant la juge et les jurés.
A son grand déplaisir, il s’est en effet vu obligé de révéler ses antécédents d’agent de la CIA, son entraînement au Panamá, au Guatemala et aux Etats-Unis. Sa participation à des actions terroristes, y compris la fameuse attaque qu’il a effectuée avec une mitrailleuse de 20mm contre un hôtel cubain en 1962.
Le troisième jour, McKenna centre ses questions sur un enregistrement effectué par le patron de HAR à l’aide d’un magnétophone, dans la cabine du Cessna, au moment du drame.
(Minutes du procès)
McKenna : « Il y a eu de multiples avertissements à partir du 13 juillet 2005 sur le danger qu’il y avait à violer l’espace aérien cubain, n’est-ce pas ?
– Oui.
– L’avertissement était suffisamment clair. Si vous continuiez, vous pouviez être abattu, c’est ça ?
– On le savait.
– Vous avez été averti par le centre du contrôle des vols de La Havane que vous preniez un risque en dépassant le 24e parallèle, correct ?
– Oui, c’était l’avertissement habituel de La Havane.
(…)
– Vous vouliez que les Cubains vous voient en train de violer la loi, défier les militaires cubains ! Le message que vous vouliez faire passer était “regardez-moi”. Vous avez déclaré lors d’un rassemblement que le régime n’était pas invincible. »
A la demande de McKenna, l’agent du FBI Al Alonso met en marche le magnétophone de la salle du tribunal. La voix de Basulto résonne à travers les haut-parleurs.
« On a un Mig dans les environs, ah ah ah !
– Vous vous entendez dire : on a un Mig dans les environs, ah ah ah ! », lui demande l’avocat ?
« Oui.
– Vous vous sentiez heureux à ce moment, pas vrai.
– Non monsieur, j’étais nerveux. »
McKenna demande à Alonso qu’il repasse le passage. Les “ah ah ah” n’ont rien de nerveux.
« Monsieur, vous vous sentiez heureux parce que vous affrontiez à nouveau les Migs, n’est-ce pas ?
– Vous interprétez mes sentiments à ce moment, mais je vous ai dit que j’étais nerveux.
– Mais vous riiez.
– Ce n’état pas un rire.
– Vous faisiez “ah ah ah”, mais vous souhaiteriez que maintenant, cela ne m’apparaisse pas comme un rire, c’est cela ?
Le procureur John Kastrenakes fait objection, acceptée par une juge Joan Lenard très hostile aux accusés.
L’avocat défenseur reformule sa question.
– Tandis que vous vous exclamiez “ah ah ah ! ”, vous emmeniez des hommes à la mort, n’est-ce pas ?
– Objection ! »
A la demande de la défense, plusieurs militaires américains de très haut rang viendront témoigner : le contre-amiral en retraite Eugene Carroll, ex-vice-chef des opérations navales ; le général de division Edward Breed Atkison, instructeur de l’Ecole du renseignement pour la défense pendant dix ans ; le général Charles Elliott Wilhelm, ex-chef du Southern Command (le commandement sud de l’armée des Etats-Unis) ; le général James Clapper, ex-directeur de la Defense Intelligence Agency – les services secrets du Pentagone. Tous affirmeront à la barre qu’aucun des « Cinq » n’a obtenu ou recherché des informations pouvant porter préjudice à la sécurité nationale des Etats-Unis. Témoignera également dans le même sens un ancien conseiller du président Clinton, Richard Nuccio.
S’agissant spécifiquement de Frères du Secours et de Gerardo Hernández, l’événement est créé par George Buchner, un ex-colonel de l’Armée de l’Air US dont le témoignage est accepté par la juge malgré les multiples objections du Ministère public. Lorsqu’il a pris sa retraite, en 1981, ce militaire spécialiste de la technologie des radars commandait la 23e Région de la Défense aérienne de l’Amérique du nord (NORAD) couvrant une partie du nord des Etats-Unis et le Canada. Auparavant, au cours de sa longue carrière, il avait effectué 320 missions de combat dans le sud-est asiatique jusqu’en 1972 et, au Vietnam, avait volé en particulier au manche du Cessna 0-2, avion de reconnaissance et version militaire du… Cessna 337 Skymaster. D’abord comme élève, ensuite comme instructeur, Buchner a également participé à des stages de formation « de lutte contre les Migs et leurs tactiques » dispensés par l’Académie de l’US Air Force. Il a mené des enquêtes pour l’armée de l’air, reconstituant des accidents en Asie et aux Etats-Unis et, lorsqu’il se présente à la barre de la Cour fédérale de Miami, il a rencontré à Montréal les enquêteurs de l’OACI.
L’intervention de Buchner est (ou aurait dû être) dévastatrice. D’après lui, les trois avions volaient de concert et Cuba exerçait son droit de souveraineté en les attaquant : « Le point de départ fut lorsque le premier avion traversa la limite territoriale de 12 miles. Ceci autorise le gouvernement cubain à exercer son droit souverain à la protection de son espace aérien ». La retranscription des échanges entre le commandant cubain au sol et les pilotes des Migs indique à de nombreuses reprises des distances de moins de 12 miles à partir des côtes cubaines et permet de constater que les avions ont été abattus à 5 ou 6 miles de Cuba.
Les objections de la partie adverse fusent. D’où proviennent ces supposés enregistrements ? Pour la première fois, Buchner en révèle l’origine : la National Security Agency (NSA), le service d’écoute du renseignement US. Puis il insiste sur les caractéristiques paramilitaires des Cessna de HAR : « Les normes de l’Organisation internationale de l’aviation civile ne s’appliquent pas à ce type de vols (…) Ils se placent délibérément dans un contexte de possible confrontation. » Or, du point de vue du droit international, il n’est pas nécessaire qu’un avion paramilitaire parvienne à affecter la souveraineté d’un pays pour que celui-ci soit en droit de l’intercepter. En développant cet aspect de la question, Buchner citera plusieurs exemples d’aéronefs abattus dans d’autres parties du monde en de similaires occasions.
Lors de son contre-interrogatoire, le procureur met l’accent sur les conclusions de l’enquête de l’OACI (entérinée par l’ONU). Buchner n’en démord pas : « D’après les données en ma possession, ils ont été abattus à cinq ou six miles des côtes cubaines. » L’expert étatsunien ajoute même que le pilote du Mig cubain « a fait preuve de retenue en interrompant sa poursuite du troisième appareil lorsque celui-ci se dirigea vers l’espace aérien international ». Sur une nouvelle question, il commente qu’il a négligé depuis le début les données des radars américains parce que le chef de la Commission de l’OACI lui a dit personnellement qu’au début de l’enquête, cinq agences américaines avaient remis cinq coordonnées différentes. « Le gouvernement pourrait mettre un terme à la controverse en divulguant l’information du satellite qui, ce jour, couvrait la zone, ajoute-t-il. S’il ne l’a pas fait jusqu’ici, c’est que ça ne l’intéresse pas. »
On ne pariera pas ici que Trump et ses acolytes vont entreprendre de révéler ces données aujourd’hui.
Somme toute, en intervenant lors du débat public du Conseil de sécurité de l’ONU, à New York, le 26 mai 2026, le ministre des Affaires étrangères cubain Bruno Rodríguez Parrilla, ne dit pas autre chose que ce qu’affirmèrent, dans les années 2000, l’expert militaire étatsunien Buchner, les divers témoins de la défense, Gerardo Hernández lui-même et ses avocats : « L’inculpation du chef de la Révolution cubaine, le général Raúl Castro Ruz, est un acte moralement infâme et juridiquement arbitraire en raison de l’abus de compétence des tribunaux américains, de la manipulation du lieu du crash de l’avion survenu dans l’espace aérien et maritime cubain ; des missions terroristes et illégales qu’il a fréquemment menées, en violation du droit américain ; de l’impunité et de la complicité des autorités américaines ; et du mépris du droit des Etats à la légitime défense. Il s’agit d’une décision frauduleuse, motivée par des considérations politiques, visant à tromper les citoyens américains et les étrangers, trente ans après les événements, dans le but ignoble de les amener à soutenir une aventure militaire contre Cuba pour parvenir à un “changement de régime” ou à une “reconstruction nationale” », comme ils l’appellent par euphémisme aujourd’hui. »
Quant à Raul, l’Histoire l’absoudra.

- Raúl Castro décore René González devant ses quatre camarades (également honorés. De gauche à droite : Gerardo Hernández, Ramón Labañino, Antonio Guerrero et Fernando González.













