Initiatives

Vive le 20ème anniversaire du Festival CulturAmérica

Pau du 16 au 31 mars 2012

samedi 3 mars 2012   |   Jean Ortiz
Lecture .

Avec Mémoire des luttes

Programme complet : http://culturamerica.fr/

L’exemple latino-américain

Lorsque nous avons créé le Festival, il y a vingt ans, l’Amérique latine vivait les années terribles du "consensus" dit "de Washington". On y privatisait à tour de bras, amputait les budgets sociaux, les salaires et même les Etats. Aujourd’hui, c’est l’Union Européenne du Traité de Lisbonne qui sombre dans la crise vertigineuse, le déclin, voire le chaos. Et ce sont toujours les mêmes qui payent : "los de abajo" (ceux d’en bas). l’Amérique du Sud vit, elle, une croissance annuelle moyenne de 5% et plus de cinquante millions de personnes, au Brésil, au Venezuela, en Argentine, en Uruguay, en Bolivie, en Equateur... sont sorties de la grande misère grâce à des politiques publiques d’inclusion sociale et de redistribution plus équitable.

Lors des sommets "Ibéro-américains", "notre Amérique", celle des Libertadors, du Che, se permet même désormais de tourner le dos à cette Europe malade de l’argent-roi et de lui faire la leçon.

La plupart des pays du continent disent à l’Europe : on ne peut pas sortir des griffes du marché par des politiques d’austérité, mais au contraire, en réhabilitant la dépense publique, l’Etat...

L’Amérique du sud est devenue un laboratoire du changement, avec des Etats forts, le primat du politique sur l’économique, la mise en place d’autres logiques économiques, la régulation par la puissance publique, le contrôle des ressources naturelles, du capital financier prédateur... Et tout cela dans un cadre national, ce qui n’empêche pas l’intégration continentale d’avancer. En décembre 2011, à Caracas, est née la CELAC (Communauté des Etats latino-américains et de la Caraïbe, c’est-à-dire l’Amérique sans les Etats-Unis ni le Canada. 33 pays, y compris Cuba. Un revers historique pour Washington, passé sous silence dans les médias-mensonges.

L’Alba s’est élargie à 11 membres. Cette "Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique", impulse un autre modèle de construction continentale, débarrassé de la tutelle impérialiste, du talon d’acier du FMI, de la ravageuse "concurrence libre et non faussée".

Depuis vingt ans, nous répétons qu’un autre monde est possible et absolument nécessaire. Les "libéraux" de tous bords nous répondent : il n’y a pas d’alternative au néo-libéralisme. Ce n’est pas l’avis de la plupart des pays de "Nuestra América". En vingt ans, l’histoire s’est accélérée au sud du Rio Bravo.

En espagnol, "bravo" se traduit par "courageux". Le vrai changement est une question de choix et de volonté politique. "Dans un monde où toutes les cartes sont faussées" (Garcia Lorca), on ne peut être à la fois avec le renard et avec les poules.



Jean Ortiz

Universitaire. Président du Festival CulturAmérica. Responsable de l’édition de Rouges. Maquis de France et d’Espagne. Les guerilleros, aux éditions Atlantica, Biarritz, 2006.


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