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ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES AU HONDURAS DU 24 NOVEMBRE

A vingt-quatre heures du scrutin, les observateurs internationaux sont considérés comme persona non grata

Par Hélène Roux  |  24 novembre 2013     →    Version imprimable de cet article Imprimer

A quelques heures des élections générales, les autorités honduriennes ont refusé d’accréditer comme observateurs électoraux Rigoberta Menchú, prix Nobel de paix, le juge espagnol Baltazar Garzón et des représentants du Foro de Saõ Paolo . Hélène Roux, journaliste actuellement sur place, témoigne.

Un climat de tension extrême est perceptible à deux jours des élections générales au Honduras. Des organisations de défense des droits humains comme le Comité des familles de disparus et détenus du Honduras (COFADEH), mais aussi des organisations sociales proches du Front national de résistance populaire (FNRP) dénoncent d’ores et déjà les manoeuves obscures qui se trament en amont des élections et craignent les conséquences qui pourraient en résulter en aval.

Pour sa part, la chef de la mission d’observation de l’Union européenne (UE) elle-même a critiqué le manque de transparence dans le financement des partis politiques honduriens.
La mainmise du Parti national (conservateur) actuellement au pouvoir sur les instances chargées de l’organisation des élections fait l’objet de nombreuses critiques. Le système de surveillance des bureaux de vote serait vicié à la base puisque les feuilles d’émargement des scrutateurs sont remises vierges aux partis politiques, permettant au plus doté d’acheter les places de scrutateurs des partis plus modestes. Par ailleurs, il y a deux jours, les volontaires chargés d’assurer le bon déroulement logistique du scrutin (et en particulier de transmettre les résultats) ont dénoncé dans un communiqué le manque de soutien de la part du Tribunal suprême électoral (TSE), dont le président est notablement proche du parti au pouvoir. Beaucoup sont partis sans le viatique qui doit leur permettre d’assurer leur subsistance pendant la longue journée électorale, d’autres ont constaté en arrivant à leur lieu d’assignation qu’ils avaient été remplacés par des activistes du Parti national, d’autres enfin dénoncent avoir reçu des appels inquisiteurs répétés visant à leur donner l’impression que leur vie privée et leurs moindres faits et gestes sont épiés. Il convient de signaler que l’identité de ces volontaires était censée rester anonyme.

La situation n’est pas plus confortable pour les centaines d’observateurs internationaux présents dans le pays. Une fois n’est pas coutume pour ce pays qui suscite d’habitude peu d’intérêt de la part de la communauté internationale, de nombreuses délégations où se cotoîent des membres de la société civile, des défenseurs des droits humains, des syndicalistes, des parlementaires ou tout simplement des citoyens engagés sillonent actuellement les régions les plus conflictuelles du Honduras. Les délégations les plus nombreuses sont sans conteste celles qui viennent des Etats-Unis, du Canada. Elles font parfois jonction avec les délégations venues du Salvador, du Nicaragua ou du Guatemala voisin. Dans certains cas, les objectifs sont précis : ainsi la délegation canadienne profite de l’occasion pour recueillir des témoignages d’habitants affectés par des projets d’implantation minière, en particulier celles d’origine canadienne. À Nueva Esperanza, dans le département d’Atlántida, la rencontre a pris la forme d’un échange lorsqu’un représentant de la nation algonquine présent dans la délégation a expliqué aux membres de la communauté menacés d’expulsion par un projet minier, les ravages environnementaux causés par l’extraction de minerais dans sa propre région.

Les Garífunas (afro-descendants) de Triunfo de la Cruz, un village situé au bord d’une plage de sable fin au bord de l’Atlantique, ont pour leur part exprimé leur inquiétude de voir leur territoire se transformer en "nouveau Cancún", notamment dans la région de Trujillo. Ici, un ressortissant canadien prévoit d’investir sa fortune amassée grâce à l’industrie pornographique (et connu de ce fait comme le "roi du porno") dans l’installation de grands centres touristiques.

Cette avalanche de revendications qui trouve soudain des oreilles attentives au niveau international ne semble pas être du goût des autorités qui, depuis des années, s’appliquent à vendre le pays au plus offrant. Et ce, au nom des objectifs d’un développement dont la population peine à percevoir les effets bénéfiques. Le ton s’est durci lorsque le 22 novembre en début de soirée, un groupe d’agents des services de migration s’est présenté au centre de recherche dirigé par les jésuites à El Progreso et a exigé de contrôler l’identité des 166 observateurs étatsuniens, canadiens, salvadoriens et guatémaltèques qui y étaient hébergés, sous prétexte qu’un voisin se serait plaint de va-et-vient suspects de véhicules. Un peu plus tôt dans l’après midi, les observateurs avaient pourtant participé à une session de formation dispensée par des fonctionnaires du TSE. Quelques jours avant, les radios informaient que ce même tribunal venait de refuser d’accréditer la prix Nobel de la paix guatémaltèque Rigoberta Menchú, ainsi que le juge espagnol Baltazar Garzón. Il en a été de même pour les membres du Foro de Saõ Paolo (une instance qui rassemble les partis politiques de gauche d’Amérique latine) qui avaient été invités par le parti LIBRE (Liberté et Refondation), au prétexte que ceux-ci seraient trop politisés, et donc partiaux dans leur observation. Pourtant, les dispositions concernant les modalités d’accréditation des observateurs stipulent que ceux-ci doivent (ou peuvent) être invités par un des partis politiques en lice. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’un certain nombre d’observateurs rebutés par cette contrainte ont renoncé à l’aval officiel et décidé d’observer la situation des droits humains dans le contexte de la campagne électorale. Toutefois, il semble que ceux-là aussi aient misé sur le mauvais cheval. En effet, le 22 novembre, le quotidien Tiempo a reproduit les propos de Venancio Cervantes, directeur des services de migration, selon lequel à partir du 24 novembre, l’entrée du pays sera refusée à tout étranger qui ne justifierait pas les motifs de sa présence au Honduras.

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