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L’ALBA-TCP : dix ans au service des peuples latino-américains et caribéens

Une table ronde avec les ambassadeurs en France de la Bolivie, de Cuba, de l’Equateur, du Nicaragua et du Venezuela

Par Christophe Ventura  |  15 décembre 2014     →    Version imprimable de cet article Imprimer

L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique-Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP) célèbre actuellement son dixième anniversaire. Fondée le 14 décembre 2004 à l’initiative de Cuba et du Venezuela, cette initiative d’intégration régionale innovante regroupe aujourd’hui neuf pays : trois d’Amérique du Sud (Bolivie -2006-, Équateur -2009-, Venezuela), un d’Amérique centrale (Nicaragua -2007-) et cinq de la Caraïbe (Cuba, Antigua-et-Barbuda -2009-, La Dominique -2008-, Sainte-Lucie -2013-, Saint-Vincent-et-les-Grenadines -2009-) [1].

Ce bloc de 75 millions d’habitants dispose de nombreux atouts économiques. Selon ses membres, il offre la principale réserve de pétrole et de lithium au monde, ainsi que la huitième (première américaine) de gaz naturel (plus de 70% des réserves prouvées de la région latino-américaine). Il bénéficie également de nombreux gisements de minerais (fer, aluminium, cuivre, or, etc.) et d’importantes réserves de terres cultivables pour l’agriculture (cacao, café, soja, canne à sucre, etc.).

Mais l’essentiel n’est peut être pas là. Ses concepteurs, Hugo Chavez et Fidel Castro, ont voulu construire l’ALBA-TCP comme une « alliance politique stratégique » consacrée au renforcement de la solidarité et de l’intégration entre les peuples de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Dans cette perspective, cette initiative vise, depuis ses origines, à poursuivre le chemin d’une intégration régionale souveraine qui écarte les États-Unis des affaires politiques continentales et qui consolide l’unité et l’indépendance de la région. Fondée sur une logique politique et non territoriale — aucun des pays membres ne dispose de frontières communes avec les autres —, l’ALBA-TCP est d’abord née comme une réponse géostratégique aux tentatives des Etats-Unis d’étendre, dans les années 2000, leur emprise sur la région par l’intermédiaire de traités de libre-échange. Elle fut initialement conçue comme une alternative au projet — enterré à Mar del Plata (Argentine) en 2005 — de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA, ALCA en espagnol et portugais) négocié, depuis 1994, entre les gouvernements latino-américains issus de la période néolibérale, les Etats-Unis et le Canada.

Un laboratoire de nouvelles formes d’intégration régionale

Tribune politique de premier ordre pour ses pays membres, l’ALBA-TCP fonctionne sur trois principes qui se veulent aux antipodes des préceptes du libre-échange (concurrence notamment) et du néolibéralisme. Il s’agit de la coopération, de la complémentarité et de la solidarité. Depuis le Sommet du Mercosur du 29 juillet 2014, l’ALBA-TCP contribue à la mise en place d’une nouvelle étape de l’intégration latino-américaine. Cet ensemble forme désormais, avec les pays membres du Mercosur — premier bloc d’intégration économique de la région [2] —, mais également avec ceux de l’accord Petrocaribe [3] et de la Caricom [4], une « zone économique complémentaire ».

Il s’agit désormais, selon les termes de la Déclaration finale de ce Sommet, de rechercher « l’intégration et la complémentarité économique entre les parties pour avancer dans le processus d’intégration de l’Amérique latine et de la Caraïbe  ». Cet espace constituera un « instrument pour impulser un développement intégral et lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. (Il) se base[ra] sur la complémentarité, la solidarité, la coopération et la prise en compte des différentes catégories de développement économique existantes entre les parties  ». Cette Zone souhaite contribuer à la réalisation d’une intégration économique, sociale et politique plus étroite et souveraine de l’Amérique latine dans le cadre du développement de la Communauté d’Etats latino-américains et caribéens (CELAC) [5], tandis que les Etats-Unis manifestent un regain d’intérêt pour la région et qu’émergent de nouvelles configurations, telle l’Alliance du Pacifique, qui privilégient le libre-échange et l’insertion du sous-continent aux courants dominants de la mondialisation.

Depuis dix ans, l’ALBA-TCP a mené à bien de nombreuses initiatives. Sur le plan de la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales, elle a notamment mis en œuvre divers programmes de coopération en matière d’éducation et de santé. Estimé à 0,658 en 2005, l’indice de développement humain (IDH) s’est élevé à 0,721 (2012). D’autres programmes de coopération sont en cours dans divers secteurs : finance (mise en place d’une banque de coopération — Banco del Alba  [6] — qui finance à ce jour 42 projets pour un montant de 345 millions de dollars), infrastructures, alimentation, environnement, industrie, science et technologie (recherche, ingénierie, technologies de l’information, Internet, etc.), tourisme, missions d’observation électorale, communication (création de Telesur, de ALBA-TV, de Radio del Sur) [7] etc. Pour mener à bien nombre de ces projets, des entreprises dites Grannacionales (Grand-nationales) ont été mises en place. Contrairement aux multinationales, leurs activités privilégient une production organisée au service des besoins humains. Ces entreprises publiques opèrent essentiellement dans le cadre du marché intra-ALBA et appuient les politiques publiques décidées par les pays membres en matière de télécommunication (ALBATEL), d’alimentation (ALBA Alimentos), etc.

L’ALBA-TCP dispose également d’une monnaie commune virtuelle. Il s’agit du Système unitaire de compensation régionale (SUCRE). Cette unité de compte — qui ne remplace pas les monnaies nationales et en permet l’usage — et cette chambre de compensation sont utilisées dans le cadre des transactions commerciales intra-zone. A ce jour, près de 6 000 opérations, pour un montant de 2,5 milliards de dollars, ont été réalisées avec cette monnaie commune.

Economie, inclusion sociale, lutte contre la pauvreté et les inégalités, intégration régionale et énergétique, nombreux sont les domaines d’intervention de l’ALBA-TCP. Cet ensemble a également suscité la mise en place d’un Conseil des mouvements sociaux (2009) en son sein afin de renforcer la dynamique d’intégration à partir des peuples. Il a démontré une solidarité sans faille avec Haïti depuis le terrible tremblement de terre qui a dévasté le pays en 2010 (un Fonds humanitaire ALBA doté de 50 millions de dollars a notamment été mis en place pour la reconstruction, le logement et l’accès aux soins). L’ALBA-TCP représente également une voix singulière dans les relations internationales, qui s’exprime sur les grands dossiers « chauds » de la planète : changement climatique, conflits israélo-palestinien, syrien, libyen, etc.

L’ALBA-TCP analysée par ses représentants en France

Tandis que La Havane accueille, le 14 décembre, le Sommet du dixième anniversaire de l’Alliance, Mémoire des luttes a organisé une table-ronde avec ses ambassadeurs en France afin qu’ils puissent revenir sur son histoire et ses réalisations, mais pour qu’ils abordent également la question des nouveaux défis qu’elle doit relever. Jean-Paul Guevara, ambassadeur de l’Etat plurinational de Bolivie, Hector Igarza, ambassadeur de la République de Cuba, Carlos Jativa, ambassadeur de la République de l’Equateur, Michel Mujica, ambassadeur de la République bolivarienne du Venezuela, Ruth Tapia, ambassadeure de la République du Nicaragua ont accepté de participer à cette initiative.

Quel bilan tirer de ces dix premières années d’existence ? Pour Hector Igarza, l’ALBA-TCP s’est « affirmée comme une nouvelle voie d’intégration qui a su faire face à la domination du néolibéralisme en Amérique latine et placer l’être humain au cœur des priorités de nos gouvernements ». Selon lui, les résultats obtenus en matière d’objectifs sociaux constituent une réussite majeure de l’ensemble régional : « Avec l’ALBA-TCP, nous avons soigné près de 3,5 millions de personnes atteintes de diverses pathologies ophtalmologiques dans la cadre de la Mision Milagro (« Mission miracle »), formé plus de 21 000 médecins actifs sur tous nos territoires et alphabétisé plus de 3,8 millions de personnes grâce à notre méthode Yo si puedo (Oui, je peux) ».

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Michel Mujica, Christophe Ventura, Hector Igarza, Ruth Tapia, Carlos Jativa, Jean-Paul Guevara dans les locaux de Mémoire des luttes, le 12 décembre 2014


Comme le souligne Ruth Tapia, « l’ALBA-TCP a déjà fait la preuve qu’un autre modèle de coopération et d’intégration est possible dans lequel chaque pays membre peut compter sur l’appui et la solidarité des autres. Ceci est une nouveauté dans le monde post-guerre froide. L’ALBA-TCP est une formule de fraternité et de justice » précise-t-elle « dont les acquis sont reconnus, en matière de lutte contre la faim ou d’éducation par exemple, par des organisations internationales comme l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ou l’Unesco ».

Pour Carlos Jativa, ces dix premières années d’existence ont conforté l’ALBA-TCP en tant qu’ « alliance ayant traduit, dans un projet concret et pérenne, la dynamique des grandes transformations politiques à l’œuvre dans la région, fondées sur une revendication de souveraineté et de rejet des mesures imposées par l’étranger. Ces objectifs sont également ceux de nos processus au niveau national. On les retrouve par exemple dans l’axe 5 de notre Révolution citoyenne. De même, l’article 423 de notre Constitution établit clairement que l’Etat favorisera le multilatéralisme et encouragera le développement de nouveaux espaces d’intégration et de coopération ».

Dans la même perspective, Jean-Paul Guevara rappelle qu’ « avant la création de l’ALBA-TCP, il n’existait, dans la région, aucun mécanisme d’intégration autonome et alternatif capable de s’opposer à ceux dictés par les Etats-Unis ». Et de préciser : « Nos pays ont cessé d’être les satellites de la première puissance mondiale et ont entamé leur chemin vers la souveraineté. Sans l’ALBA-TCP, il aurait été impossible d’imaginer l’Unasur, et sans l’Unasur, de concevoir la CELAC. L’ALBA-TCP a déjà modifié la géopolitique mondiale, elle a rendu visibles et crédibilisé de nouveaux acteurs sur la scène internationale ».

Pour Michel Mujica, « ce tournant majeur dans la conception politique et géopolitique impulsé en 2004 a impliqué la création d’une nouvelle forme institutionnelle mise au service de la promotion d’une relation de reconnaissance mutuelle des besoins entre pays latino-américains et d’une vision de coopération et de complémentarité réelles entre eux. Cette démarche constitue une rupture avec les postulats de la concurrence et de la loi du plus fort, telles qu’ils apparaissent dans les négociations de traités de libre échange. L’ALBA-TCP incarne ce projet développé à l’échelle de plusieurs pays du Sud depuis dix ans ».

L’ALBA-TCP constitue depuis sa naissance un projet qui se nourrit des contributions des pays membres et qui les renforce en retour. Comme l’explique Ruth Tapia, « l’ALBA-TCP a joué un rôle fondamental dans le processus de transformation actuellement en cours au Nicaragua. Elle nous a appuyés dans notre combat pour la réduction des inégalités et de la pauvreté. Elle a contribué à augmenter le niveau des investissements présents dans notre pays et celui de nos exportations dans la région. L’ALBA-TCP a enfin renforcé notre projection dans l’intégration latino-américaine ». Et l’ambassadeure ajoute : « Le Nicaragua, qui est un pays agro-exportateur et qui dispose d’une expérience intéressante en matière de sécurité citoyenne, contribue au renforcement des approvisionnements alimentaires des pays membres. Il soutient, en pratiquant des prix justes, plusieurs filières alimentaires : café, maïs, haricots rouges, viande de bœuf, etc. Il apporte également son expertise en matière de sécurité publique ».

Carlos Jativa rappelle, lui, que « l’ALBA-TCP a toujours offert un soutien politique déterminant à l’Equateur dans tous ses combats pour sa souveraineté et sa dignité. De l’affaire Chevron-Texaco à notre proposition de création d’une Conférence permanente des Etats latino-américains affectés par les intérêts transnationaux [8], en passant par nos propositions de réforme de l’architecture financière internationale et régionale ou de la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), ce constat n’a jamais été démenti ». De son côté, l’Equateur « a été très actif dans l’animation de l’ALBA-TCP. Nous avons accueilli de nombreux sommets du bloc et nous sommes en charge de la coordination du groupe de travail qui va organiser la création de la Zone complémentaire ALBA-Petrocaribe. Pour nous, il est clair que participer à cette Alliance nous permet de contribuer activement, en tant que pays, à la construction d’un monde plus solidaire et juste dans le cadre d’un processus historique d’émancipation collective ».

Au Venezuela, l’ALBA-TCP signifie beaucoup. Michel Mujica explique : « l’ALBA-TCP contribue au bien-être de notre pays. En réalité, sa contribution ne se limite pas à des apports économiques et financiers. L’ALBA-TCP constitue la somme des capacités et des savoir-faire de chacun d’entre nous, mise au service, en dehors des logiques de marché, de nos besoins sociaux et de notre développement économique ». De son côté, le Venezuela « est heureux de pouvoir contribuer, par exemple, à la souveraineté énergétique ou communicationnelle (avec des projets comme Telesur) de notre communauté ».

Pour Jean-Paul Guevara, deux domaines ont particulièrement bénéficié de l’action de l’ALBA-TCP en Bolivie. « Les programmes de l’ALBA-TCP ont fortement contribué à réduire l’analphabétisation dans notre pays. Entre 2006 et 2012, plus de 824 000 personnes ont appris à lire et à écrire, que ce soit en espagnol ou en langues autochtones (13 599 personnes en quechua et 24 699 en aymara). De même, nos dispositifs de santé publique ont pu se renforcer. Ainsi, grâce à la campagne de la « Mission miracle », six centres ophtalmologiques ont été construits dans six départements du pays. Cinq mille bourses ont été attribuées à des étudiants en médecine. Enfin, nous avons pu bénéficier de la présence de 600 médecins cubains sur notre territoire ». Mais, indique-t-il, « le plus grand apport de l’ALBA-TCP en Bolivie a été le soutien que nous avons reçu lors du coup d’Etat civico-préfectoral de 2009. Suite à l’intervention de l’ALBA-TCP, les membres de l’Unasur se sont mobilisés. La même chose s’est passée lorsque notre président Evo Morales s’est vu interdire le survol de l’espace aérien français par Paris ».

De son côté, le principal apport de la Bolivie à l’ALBA-TCP a été sa proposition d’ajouter, dès 2006, un Traité de commerce des peuples — TCP — au dispositif initial qui a « formulé la vision des échanges économiques et commerciaux entre nos pays. Nous avons conçu ce traité comme l’inverse d’un traité de libre-échange. Avec le TCP, nous avons identifié les trois moteurs de nos relations : la coopération, la complémentarité, la solidarité. Par ailleurs, la Bolivie a été active dans le développement de la Banque de l’ALBA en contribuant, en 2010, au financement de plus de 10 % de son capital ».

Pour Hector Igarza, grâce à l’ALBA-TCP, « Cuba s’inscrit dans un espace économique et commercial équitable. Ce point est fondamental lorsqu’on sait que notre pays est soumis à un blocus illégitime des Etats-Unis, plusieurs fois condamné au niveau international ». De plus, « l’appui énergétique dont nous bénéficions en matière de pétrole notamment , nous permet de couvrir nos besoins et de dégager des ressources financières additionnelles qui contribuent à la modernisation de nos équipements et de notre développement économique ». Et d’ajouter : « De notre côté, nous contribuons depuis la fondation de l’ALBA-TCP à ses programmes en matière de santé, d’éduction, de formation. Nos équipes médicales circulent dans les pays du bloc et forment des personnels compétents. Cuba partage également son savoir-faire unique en matière de production de médicaments et de biotechnologies notamment ».

Quel avenir ?

Dans quelle mesure l’ALBA-TCP est-elle un acteur de l’intégration régionale latino-américaine et des relations internationales ? Quelles seront ses évolutions à l’avenir ? Pour Jean-Paul Guevara, « l’ALBA-TCP est l’un des moteurs de cette dynamique d’intégration régionale latino-américaine qui place l’indépendance et la souveraineté au cœur de son projet. De ce point de vue, elle a contribué à façonner le positionnement de l’Unasur qui explique lui-même beaucoup des avancées actuelles de la CELAC ». Par ailleurs, « l’Alliance devra assumer une autre tâche à l’avenir : soutenir la consolidation des processus révolutionnaires en cours dans ses pays membres ».

Selon Hector Igarza, le bloc porte une voix singulière dans l’arène internationale : « Les Etats membres de l’ALBA-TCP agissent pour qu’émerge un système international pluripolaire. Nous défendons à la fois le respect du principe d’autodétermination des peuples et luttons contre toutes les formes d’interventionnisme. Nous sommes convaincus que la concurrence et le marché n’apporteront pas les solutions aux défis actuels qui s’imposent à l’humanité. La coopération, le dialogue et la participation citoyenne, si. L’Alliance doit continuer d’évoluer en permanence pour répondre aux attentes de nos populations, et cela va lui permettre de se développer. Aujourd’hui, nous travaillons à la création d’une Zone économique complémentaire qui ouvre de nouvelles perspectives de coopération dans les domaines du tourisme, de l’énergie, de l’agriculture, du transport, des communications, etc. ».

Ruth Tapia poursuit : « Je voudrais citer les paroles d’Aldo Diaz Lacay, un grand intellectuel de notre pays qui fut également diplomate. Il visait juste en affirmant que l’ALBA-TCP constituait le noyau de notre seconde indépendance. « Cette initiative est le prolongement des efforts de Simon Bolivar, de José Marti et de Augusto Sandino pour impulser l’intégration régionale » avait-il coutume de rappeler. Ce processus n’est pas encore abouti, mais je pense que nous avançons dans la bonne direction  ». Et d’ajouter : « Aujourd’hui, une bonne partie de l’Amérique latine ne regarde plus vers l’Europe ou les Etats-Unis pour trouver son inspiration. C’est même vers l’Amérique latine que regarde désormais la gauche de transformation européenne  ».

Pour Michel Mujica, « l’ALBA-TCP fait la démonstration qu’elle est désormais un instrument politique régional et mondial. Il suffit d’observer sa réactivité et son rôle dans la gestion de la crise du virus Ebola. Le 30 octobre dernier, nos pays ont organisé un Sommet extraordinaire à La Havane consacré au fléau dans lequel nous avons pris une série de mesures de solidarité avec nos frères africains et de sécurité pour les populations de notre région. De même, notre bloc est fermement intervenu, en faveur du respect du principe de continuité constitutionnelle et démocratique, dans les crises qui ont secoué le Honduras ou le Paraguay. Je pourrais également évoquer nos différentes prises de position sur les conflits qui affectent le Moyen-Orient. » Et de conclure : « Au fond, l’ALBA-TCP est la première grande expérience consistant à développer, au 21è siècle, une dynamique de multipolarité effective et inclusive, conçue par et avec les peuples. Désormais, il faut poursuivre cette aventure collective. L’ALBA-TCP est un processus. Il n’a pas été épargné par les aléas de l’économie mondiale. Il doit se renforcer face à eux, ce qui implique une plus grande connaissance des rythmes économiques et politiques, des besoins et des potentialités de ses membres. Plus l’ALBA-TCP se consolidera, plus l’Amérique latine pèsera dans les relations internationales pour la construction d’un monde plus juste et plus solidaire, comme le souhaitait Hugo Chavez  ».

Carlos Jativa confirme : « L’ALBA-TCP est un impératif. Son renforcement est plus que jamais nécessaire tandis que la situation mondiale est caractérisée par l’instabilité et l’incertitude, ainsi que par une vaste redistribution des cartes géopolitiques dans laquelle se dessine de nouveaux rapports de forces entre pays riches et émergents. Dans ce contexte, l’Amérique latine approfondit ses débats sur les orientations de son intégration régionale. Une chose est sûre : nous sommes déterminés, pour reprendre les mots du président Rafael Correa, à « créer cette « Patria Grande » tant voulue par nos Libérateurs ». Il reste du chemin à parcourir et notre futur commun dépendra de notre unité  ».

Compte rendu mis en forme par Christophe Ventura, rédacteur en chef du site Internet de l’association Mémoire des luttes.

Paris, le 12 décembre 2014

Lire également : Déclaration finale du XIII e Sommet de l’ALBA-TCP

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Notes

[1] Le Honduras, qui en faisait partie, s’en est retiré depuis la prise de pouvoir du gouvernement issu du coup d’État de 2009 contre le président Juan Manuel Zelaya.

[2] Le Mercosur regroupe l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay, le Venezuela. La Bolivie participe désormais à ses instances et à ses rencontres. Pour sa part, l’Equateur est en cours de négociation pour intégrer l’ensemble.

[3] Cet accord de coopération énergétique a été créé en 2005 à l’initiative du Venezuela et organise une alliance entre ce pays et dix-sept autres de la Caraïbe. Il assure à tous une fourniture en pétrole dans des conditions privilégiées et la garantie d’une sécurité énergétique.

[4] Communauté des Caraïbes : Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, La Barbade, Belize, La Dominique, Grenade, la Guyana, Haïti, la Jamaïque, Montserrat, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, le Surinam, Saint-Vincent et les Grenadines, Trinité-et-Tobago.

[5] Fondée en 2011 par la Déclaration de Caracas.

[6] Pays membres : Bolivie, Cuba, La Dominique, Nicaragua, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Venezuela.

[7] Sites de ces médias continentaux : www.telesurtv.netwww.albatv.org, www.laradiodelsur.info.ve

[8] Lire Christophe Ventura, « Quand la souveraineté des Etats se reconstitue face aux multinationales », http://www.medelu.org/Quand-la-souverainete-des-etats-se





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