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Lettre du Président Hugo Chavez au IIIème Sommet Amérique du Sud-Afrique

Malabo, Guinée équatoriale, février 2013

25 février 2013     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Dans cette lettre au III ème Sommet Amérique du Sud-Afrique de Malabo (Guinée équatoriale, 20-23 février), le président du Venezuela, Hugo Chavez, revient sur les liens historiques qui ont forgé, entre les deux régions, une communauté de destin.

Pour lui, l’Amérique du Sud et l’Afrique ont en partage une histoire, indissociablement liée à celle de l’esclavagisme, du colonialisme et de l’impérialisme, et un futur dont la perspective s’inscrit dans le développement de relations émancipées Sud/Sud.

Le Forum pour une coopération solidaire et complémentaire Amérique du Sud-Afrique (ASA) a été initié en 2006, puis consolidé en 2009 avec la Déclaration de Nueva Esparta (adoptée dans l’île de Margarita au Venezuela).

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Déclaration de Nueva Espada

Dans sa lettre lue à l’ensemble des délégations présentes à Malabo par le ministre des relations extérieures du Venezuela Elias Jaua Milano, Hugo Chavez formule le souhait de voir l’ASA devenir l’instrument de « l’union sud-américaine et africaine » au 21è siècle. < Déclaration de Nueva Espada.pdf >

Caracas, 22 février 2013.

Frères et sœurs,

Recevez mon plus fervent salut bolivarien, unitaire et solidaire, avec toute ma joie et toute mon espérance pour le succès de ce IIIème Sommet, tant attendu, des chefs d’État et de gouvernement d’Amérique du Sud et d’Afrique.

Je regrette vraiment, du plus profond de mon être, de ne pouvoir être présent physiquement parmi vous pour vous réitérer, par un sincère abrazo, mon irrévocable engagement en faveur de l’unité de nos peuples. Je suis cependant présent en la personne du ministre des relations extérieures de la République bolivarienne du Venezuela, le camarade Elias Jaua Milano. Je lui ai demandé de vous transmettre la plus vive expression de mon amour pour ces continents plus que frères ; des continents unis par de solides liens historiques et destinés à avancer ensemble vers leur rédemption pleine et absolue.

Je le dis du plus profond de ma conscience : l’Amérique du Sud et l’Afrique sont un même peuple. On ne réussira à comprendre la profondeur de la réalité sociale et politique de notre continent que dans les entrailles de l’immense territoire africain où, j’en suis sûr, l’humanité a pris naissance. C’est de là que viennent les codes et les éléments qui composent le syncrétisme culturel, musical et religieux de Notre Amérique, ce qui a créé une unité non seulement raciale entre nos peuples, mais aussi spirituelle.

Les empires du passé - coupables de la captivité et de l’assassinat de millions de filles et de fils de l’Afrique mère, dans le but d’alimenter un système d’exploitation esclavagiste dans leurs colonies - semèrent dans Notre Amérique le sang africain, guerrier et combatif, qui brûlait du feu produit par le désir de liberté. Cette semence a germé, et notre terre a enfanté des hommes aussi éminents que Toussaint Louverture, Alexandre Pétion, José Leonardo Chirino, Pedro Camejo, parmi beaucoup d’autres, avec pour résultat, il y a plus de 200 ans, le début d’un processus indépendantiste, unioniste, anti-impérialiste et reconstructeur en Amérique latine et caribéenne.

Ensuite, au XXème siècle, vinrent les luttes de l’Afrique pour la liberté et les indépendances, contre les nouvelles menaces néocoloniales, les figures de Patrice Lumumba et Amilcar Cabral, pour ne citer qu’eux. Ceux qui, dans le passé, nous ont conquis, aveuglés par leur soif de pouvoir, ne comprirent pas que le colonialisme barbare qu’ils nous imposaient deviendrait l’élément fondateur de nos premières indépendances. Ainsi, l’Amérique latine et la Caraïbe partagent avec l’Afrique un passé d’oppression et d’esclavage. Aujourd’hui, plus que jamais, nous sommes fils de nos libérateurs et de leurs hauts faits. Nous pouvons dire, nous devons dire avec force et conviction que nous sommes unis également par un présent de lutte indispensable pour la liberté et l’indépendance définitive de nos nations.

Je ne me lasserai pas de le redire : nous sommes un même peuple, nous avons l’obligation, au-delà des discours formels, de nous rencontrer dans une même volonté d’unité. Ainsi unis, nous donnerons vie à l’équation à appliquer dans la construction des conditions nous permettant de faire sortir nos peuples du labyrinthe dans lequel le colonialisme et, plus tard, le capitalisme néolibéral du XXème siècle les ont jetés.

Pour cette raison, je veux évoquer deux grands combattants de la coopération Sud-Sud : les deux anciens présidents du Brésil et de la Tanzanie : Luis Inacio « Lula » da Silva et Julius Nyerere. Leurs apports et leurs efforts ont permis, en leur temps, la mise en place de ce magnifique forum pour une coopération solidaire et complémentaire qu’est l’ASA (Amérique du Sud-Afrique). Il nous faut le transformer en un véritable instrument générateur de souveraineté et de développement social, économique, politique et environnemental.

C’est sur nos continents que l’on trouve les ressources naturelles, politiques et historiques nécessaires et suffisantes pour sauver la planète du chaos dans lequel elle a été plongée. Faisons en sorte que le sacrifice indépendantiste de nos ancêtres serve à unifier nos capacités pour transformer nos nations en un authentique pôle de pouvoir qui, pour le dire avec notre père, le Libérateur Simon Bolivar, soit plus grand par sa liberté et sa gloire que par son extension et ses richesses.

Les paroles de l’immense général uruguayen José Gervasio Artigas résonnent toujours dans mon âme et dans ma conscience : « Nous ne pouvons rien attendre si ce n’est de nous-mêmes  ». Cette pensée si profonde contient une grande vérité que nous devons assumer, j’en suis absolument convaincu.

Notre coopération Sud-Sud doit devenir un lien de travail authentique et permanent pour que toutes les stratégies et les projets de développement soutenable convergent vers le Sud, vers nos peuples.

En aucune manière, nous ne nions nos relations souveraines avec les puissances occidentales, mais nous devons nous rappeler que ce n’est pas d’elles que viendra la solution totale et définitive de l’ensemble des problèmes de nos pays. Au contraire, quelques-unes d’entre elles mènent une politique néocoloniale qui menace la stabilité que nous avons commencé à renforcer sur nos continents.

Frères et sœurs, je voudrais rappeler à l’occasion de ce IIIème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’ASA, l’esprit de fraternité, d’union et de volonté qui a présidé au déroulement du IIème et merveilleux Sommet tenu dans l’île de Margarita, au Venezuela, et qui nous permit d’adopter unanimement les engagements de la Déclaration de Nueva Esparta. Je souhaite, avec beaucoup de foi et d’espérance, que nous puissions retrouver à Malabo l’impulsion et l’effort de ce moment extraordinaire pour notre processus d’unité que fut ce Sommet de 2009. Un Sommet remarquable tant par le nombre de responsables présents que par la quantité et le contenu des accords adoptés.

Depuis le Venezuela, nous renouvelons aujourd’hui notre plus ferme engagement pour le renforcement du Secrétariat permanent de la Table présidentielle stratégique de l’ASA, avec ses principales tâches et fonctions. Cela pour accélérer le rythme de consolidation de nos institutions et obtenir ainsi une plus grande efficacité dans notre travail conjoint.

Je regrette, avec beaucoup de douleur et de peine, que tout le travail que nous avons commencé formellement en 2006 ait été interrompu par les forces impérialistes qui prétendent encore dominer le monde. Ce n’est pas un hasard - je le dis et je l’assume pleinement – si, depuis le Sommet de Margarita, le continent africain a été victime de multiples interventions et de multiples attaques de la part des puissances occidentales.

Les nombreux bombardements et invasions impériaux empêchent toute possibilité de solution politique et pacifique aux conflits internes qui ont éclaté dans diverses nations d’Afrique. Ils ont comme objectifs principaux de freiner le processus de consolidation de l’unité des peuples africains et, en conséquence, de miner les progrès de l’union de ces Etats avec les peuples latino-américains et caribéens.

La stratégie néocoloniale, depuis le début du XIXème siècle, a consisté à diviser les nations les plus vulnérables du monde pour les soumettre à des rapports de dépendance esclavagiste. C’est pour cela que le Venezuela s’est opposé, radicalement et depuis le début, à l’intervention militaire étrangère en Libye. C’est pour ce même motif que le Venezuela réitère aujourd’hui son rejet le plus absolu de toute ingérence de l’OTAN.

Face à la menace extra-régionale visant à empêcher les avancées et l’approfondissement de notre coopération Sud-Sud, je redis, avec Bolivar dans sa Lettre de la Jamaïque de 1815 : « Union, union, union, telle doit être notre plus importante consigne. » Notre gouvernement renouvelle, en ce IIIème Sommet de l’ ASA tenu dans cette république sœur de Guinée équatoriale, son absolue disposition à aller de l’avant dans le travail nécessaire pour consolider notre coopération dans les secteurs que j’ai personnellement proposés lors de notre dernier Sommet, dans cette belle île de Margarita.

Energie, éducation, agriculture, finances et communication continuent d’être nos priorités. Dans ce but, nous réitérons notre engagement pour avancer vers des initiatives concrètes comme Petrosur, l’Université des peuples du Sud ou la Banque du Sud, pour ne citer que quelques exemples. Dans le secteur de la communication, nous proposons, depuis le Venezuela, que ce que nous avons réussi à mettre en place ensemble dans différents pays d’Amérique du Sud, TeleSur, s’articule avec l’Afrique afin de remplir, dans ces latitudes, sa principale fonction : relier les peuples du monde entre eux et leur faire connaître la vérité et la réalité de nos pays.

Enfin, je veux renouveler à tous et à toutes mon souhait que les résultats prévus de ce IIIème Sommet ASA nous permettent de transformer ce forum en un instrument utile pour conquérir notre indépendance définitive en nous hissant à la hauteur de l’exigence du moment afin, pour citer le Libérateur, de "procurer le plus de bonheur possible à nos peuples". Je suis un homme convaincu et obstiné ; nous réussirons à réaliser cette ambition que nos libérateurs et martyrs nous ont transmise depuis des siècles. Nos millions de femmes et d’hommes sont prêts au sacrifice pour leur pleine et absolue liberté. Avec le Père infini, notre Libérateur Simon Bolivar, je dis une fois de plus : « Nous devons attendre beaucoup du temps, son ventre immense contient plus d’espérance que de faits passés et les prodiges futurs doivent être supérieurs aux anciens. »

Marchons donc vers notre union et notre indépendance définitive. En paraphrasant Bolivar, je dis maintenant : « Formons une patrie, un continent, un seul peuple, à tout prix, et tout le reste sera supportable. »

Vive l’union sud-américaine et africaine !

Vive l ’ASA !

Jusqu’à la victoire toujours !

Nous vivrons et nous vaincrons !

Hugo Chavez Frias

(Traduction Gaston Lopez)

Source : http://venezuelainfos.wordpress.com/lettre-dhugo-chavez-a-lafrique-21-fevrier-2013

Photo : Le président de la République d"Afrique du Sud, Thabo Mbeki, reçoit Hugo Chavez en visite officielle dans son pays en septembre 2008.





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