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Maroc

Makhzen dégage !

Par Zineb El Rhazoui  |  22 février 2011     →    Version imprimable de cet article Imprimer

Le message du peuple marocain est clair : le glas de l’hypermonarchie a sonné. Monarchie parlementaire, Constitution démocratique et rupture avec la classe politique actuelle sont les principaux mots d’ordre de la marche du 20 février.

"Le peuple exige une nouvelle Constitution !", scandait la marée humaine qui a envahit les rues du Maroc dimanche 20 février. Pour la première fois dans l’Histoire du pays, les citoyens sortent dans les rues pour remettre en question, non pas le rendement, mais la nature même du système politique.

Lors d’une conférence de presse tenue dans la matinée du lundi 21, Taïeb Cherkaoui, ministre de l’Intérieur affirme que 59 préfectures et régions se sont jointes aux manifestations. Toutefois, selon lui, le nombre de manifestants n’a pas dépassé 37000. Il a également fait état de l’arrestation de 120 personnes lors des différents heurts qui ont secoué les villes du royaume, ainsi que de dégâts matériels. Le taux de participation avancé par T.Cherqaoui se situe nettement en dessous des chiffres annoncés par les coordinations du Mouvement qui parlent de 277500 personnes à travers le pays, ainsi qu’à l’étranger. Ce qui est sûr, c’est que la mobilisation a été massive pour ce "jour de la dignité". Des citoyens de tous les âges et de toutes les classes sociales sont descendus dans les rues pour exprimer leur ras-le-bol.

Propagande et "baltaguiya"

Pacifiques dans la plupart des villes, les manifestations ont dégénéré en heurts avec les forces de l’ordre, actes de vandalisme et de pillage. Selon le ministre de l’Intérieur, il s’agit d’actes survenus après la fin des manifestations, imputés à des "délinquants" et "drogués". Les manifestants, eux, sans exclure le risque de dérapages, soupçonnent l’Etat de mises-en-scène pour discréditer la mobilisation populaire. C’est que la machine de manipulation n’en est pas à son premier coup.

La veille du jour J, Une dépêche de la MAP (l’agence de presse officielle), relayée par les chaînes nationales et les médias proches du pouvoir, a même annoncé l’annulation des manifestations du 20 févier par les organisateurs. Le régime marocain a déployé un puissant appareil de propagande où tous les coups étaient permis pour affaiblir la mobilisation. Après une campagne de diffamation acharnée contre les organisateurs, les autorités marocaines sont passées aux menaces téléphoniques, aux intimidations, puis aux arrestations des jeunes du Mouvement. Dimanche, les moyens de transport ont été bloqués dans de nombreuses villes pour empêcher des citoyens de rallier les lieux de rassemblement, et les communications téléphoniques ont été perturbées.

Vive le peuple !

Dans certaines villes, les citoyens ont dénoncé la présence de "baltaguiya" du régime, comme ceux que Ben Ali ou Moubarak avaient chargés de semer le trouble et de faire peur à la population. La marche de Rabat s’est déroulée dans un climat pacifique malgré la très discrète présence des forces de l’ordre, pourtant, une poignée de ces mercenaires du slogan ont tenté de se joindre à la foule pour détourner le message des manifestants. "Vive le peuple !", se sont-ils vu rétorquer par ces derniers.

Parmi les slogans de la manifestation, point de "Mohammed VI dégage", mais les symboles les plus significatifs de son règne ont unanimement été fustigés par la foule : "Majidi dégage !", "El Himma dégage !", "Makhzen économique dégage !", "PAM dégage !", "ONA/SNI dégage !". Mounir Majidi, le secrétaire particulier du roi, a particulièrement été fustigé par la foule. Celui que l’on surnomme le Sakhr Materi marocain gère la fortune personnelle du roi, dont les contours se confondent avec les intérêts économiques nationaux. Fouad Ali El Himma, meilleur ami du roi et leader du PAM, parti du palais et prédateur de la scène politique. Deux piliers du régime de Mohammed VI, inconnus par le grand public il y a une dizaine d’années, que les Marocains ne souhaitent plus voir aux sommets de l’Etat. "Oui à l’Etat des institutions, non à l’Etat-makhzen", scandait un autre slogan.

Mohammed VI : la baraka ne suffit plus

Les observateurs de la scène politique marocaine voient en ces manifestations un tournant historique. Pour la première fois, une masse critique de personnes réclament unanimement une refondation du système monarchique, ultime tabou politique au Maroc. Dès la soirée du dimanche, des rumeurs rapportent que le roi envisagerait de s’adresser à la Nation pour annoncer des réformes. Toutefois, pour le moment, rien n’indique que le monarque compte répondre aux revendications exprimées par la population.

Le trône alaouite règne sans partage depuis près de 3 siècles, Mohammed VI, sous de faux airs de modernité, n’a pourtant rien cédé du pouvoir absolu hérité de ses ancêtres. Saura-t-il aller vers les attentes de son peuple ou répondra-t-il encore par la charité paternaliste du despote éclairé ? Les prochains jours le diront.

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