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Une « personnalité » vraiment « qualifiée » !

Pourquoi pas BHL à la présidence du Comité d’éthique et de déontologie du Monde ?

Par Bernard Cassen  |  1er janvier 2011     →    Version imprimable de cet article Imprimer

On le sait, le groupe Le Monde est désormais contrôlé à 64, 5 % par trois actionnaires, dits BNP – Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse -, regroupés au sein de la société Le Monde libre. A l’occasion de cette opération de recapitalisation, a été adoptée une « Charte d’éthique et de déontologie » dont, entre autres, Le Monde libre est signataire.

Le préambule de cette charte précise qu’elle a pour objet « de rappeler les principes essentiels d’indépendance, de liberté et de fiabilité de l’information ». Plus loin, il est stipulé que « les journalistes disposent des moyens nécessaires pour exercer rigoureusement leur métier, collecter et vérifier les informations, indépendamment de toute pression extérieure ».

On pouvait donc s’attendre à ce que les membres du conseil de surveillance du groupe désignés par Le Monde libre – dénomination censée avoir valeur de programme - soient personnellement exemplaires au regard de cette charte. Et tout particulièrement quand ils interviennent souvent dans les médias, notamment dans Le Monde, ce qui est le cas d’au moins deux d’entre eux. Comment, en effet, être garant de principes que l’on ne respecte pas soi-même ?

L’existence d’une telle contradiction semble avoir échappé aux dirigeants du Monde libre lorsqu’ils ont nommé, parmi leurs représentants au conseil de surveillance, Bernard-Henri Lévy. S’il est bien, en effet, deux notions que l’on n’associe pas spontanément au nom de BHL, ce sont celles de « fiabilité » et de « vérification » de l’information.

Trois nouvelles contributions aux sottisiers

Au cours de la seule année 2010, celui qui, avec quelques autres, s’est autoproclamé « philosophe » a apporté trois contributions majeures aux sottisiers qui font la joie du public.

La première, et sans doute la plus hilarante, a été, dans l’un de ses ouvrages, de citer le plus sérieusement du monde un auteur qui n’existe pas : Jean-Baptiste Botul. N’importe quel étudiant qui aurait commis une telle énormité dans sa thèse de doctorat, voire dans un modeste mémoire, aurait été renvoyé à ses chères études par un jury composé de véritables spécialistes. Dans une rédaction digne de ce nom, une telle absence de sérieux aurait entraîné un renvoi immédiat.

BHL, lui, ne s’est pas démonté. Invité sur TV 5 le 22 février 2010, il a simplement déclaré :Je me suis si peu trompé en 32 ans qu’il a fallu qu’on trouve cette sympathique histoire Botul. » Et il a continué à donner des leçons au monde entier, en particulier du haut de sa chaire (son « bloc-notes ») du Point.

Est ensuite venue la dénonciation péremptoire d’ un journaliste de télévision, Frédéric Taddéi, que notre « philosophe » a tout simplement confondu avec un joueur de football, Rodrigo Taddéi.

Pour finir l’année en beauté, dans Le Point daté 23-30 décembre, BHL a attaqué violemment « tel ancien du Monde diplo, Bernard Cassen », en visant en fait un homonyme, Pierre Cassen, avec lequel l’ancien directeur général du Monde diplomatique n’est lié ni de près ni de loin . Avisé en catastrophe de cette nouvelle bévue, BHL a tenté de rectifier le tir dans l’édition en ligne de son bloc-notes, mais en commettant une nouvelle erreur sur les antécédents politiques du Cassen prénommé Pierre.

Le personnage est tellement imbu de lui-même qu’il n’a pas daigné adresser un mot d’excuse au Cassen prénommé Bernard qu’il avait assimilé, avec le sens de la nuance qui le caractérise, à « un crachat au visage de la République ». Détail qui en dit long sur sa volonté réelle de rétablir la vérité : à la date à laquelle ces lignes sont écrites (le 1er janvier 2011, soit 10 jours après la parution du Point), BHL n’avait toujours pas retiré ses allégations mensongères de la traduction en anglais de son factum : http://www.bernard-henri-levy.com/en/l%E2%80%99honneur-des-musulmans-le-point-23122010-12937.html

De « purs moments de Bernard-Henri Lévisme »

Pour avoir une idée de ce qu’est un ego boursouflé, nous recommandons la consultation de ce site qui renvoie notamment à un article de Vogue de 1996 dont voici le chapeau : « La rencontre avec Bernard-Henri Lévy est un acte virtuel. On ne sait que très difficilement s’il nous a été possible de rencontrer le véritable personnage. Il suffit alors de s’accorder un peu de temps, d’engager une promenade, de pousser la porte d’une librairie et de s’asseoir autour d’un café. Un pur moment de Bernard-Henri Lévisme ».

Les internautes ont plébiscité le dernier avatar du « Bernard-Henri Lévisme » : des milliers d’occurrences, des dizaines de milliers de visites sur certains sites (près de 90 000 sur l’un d’entre eux). On consultera en particulier :

- le site des Inrockuptibles : http://www.lesinrocks.com/actualite/.../bernard-henri-levy-les-behacheperles-2010/

- le site de Marianne :http://www.marianne2.fr/Grosse-bourde-de-BHL-reponse-salee-en-exclusivite-de-Cassen_a201067.html

- le site du Monde diplomatique : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-12-24-Nouvelle-anerie-de-BHL

- le site du Nouvel Observateur : http://tempsreel.nouvelobs.com/.../bernard-henri-levy-auteur-d-une-nouvelle-boulette.html

- le site d’ACRIMED : http://www.acrimed.org/article3507.html

Le réflexe pavlovien qui a conduit BHL à penser qu’il n’existait en France qu’un seul Cassen, celui du Monde diplomatique, s’explique aisément. Depuis plus d’une décennie, en effet, et pratiquement seul dans la presse écrite, ce mensuel met au jour - pièces à l’appui - les approximations, erreurs grossières, bricolages, sottises et âneries en tout genre de l’homme « qui s’est si peu trompé en 32 ans ». En un mot sa frivolité intellectuelle.

Pour une liste - non exhaustive – des étapes d’une carrière « littéraire » jalonnée d’impostures, on consultera le dossier du Monde diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/dossier/BHL. On y trouvera notamment quelques éléments d’explication de la complaisance inouïe des médias français à l’égard du prétendu « philosophe ». Une complaisance qui provoque les rires goguenards des observateurs étrangers.

Bâton de maréchal médiatique

BHL était déjà chez lui dans pratiquement tous les quotidiens, hebdomadaires, studios de radio et plateaux de télévision. Il ne négligeait pas pour autant les positions de pouvoir hiérarchique : présidence d’Arte, participation au capital de Libération. Mais il lui manquait son bâton de maréchal médiatique : être enfin quelque chose dans la structure de direction du Monde, quotidien qui a publié certains de ses « reportages », notamment en Colombie et en Afghanistan, dont maint rédacteur se souvient qu’ils étaient truffés d’inexactitudes.

Grâce au trio BNP, cette grande ambition est désormais satisfaite : BHL siège au conseil de surveillance du groupe Le Monde à côté, entre autres, du représentant des sociétés de journalistes et de personnels.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Il reste encore un poste important à pourvoir au Monde : le texte régissant son Comité d’éthique et de déontologie, chargé de l’application de la Charte, précise qu’il est présidé par « une personnalité qualifiée et indépendante ». Profil qui correspond exactement à la haute idée que BHL a de lui-même ! Après tout, s’il est jugé digne de faire partie du conseil de surveillance, on ne voit pas pourquoi, compte tenu de ses états de service, il ne briguerait pas cette présidence emblématique. Ne serait-ce que pour se prémunir contre toute critique qui pourrait être faite au prochain « pur moment de Bernard-Henri Lévisme » dans le quotidien…

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