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Quand la croisière s’amuse sur le Danube…

Par Bernard Cassen  |  3 octobre 2016     →    Version imprimable de cet article Imprimer

On ne soigne pas les grands traumatismes par des électrochocs. Il faut d’abord créer autour des patients un climat psychologique de confiance et de sérénité. C’est pourquoi on ne pouvait pas attendre des participants au premier Conseil européen organisé après le coup de massue du Brexit qu’ils prennent des décisions radicales. Réuni à Bratislava le 16 septembre dernier, ce sommet des chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union européenne (UE) n’avait d’ailleurs qu’un statut informel et se tenait à vingt-sept – et non pas à vingt-huit – en l’absence de la nouvelle locataire du 10 Downing Street, Theresa May. Et cela même si le Royaume-Uni est toujours officiellement membre de l’UE.

Les blessures occasionnées par la victoire du « Leave » lors du référendum britannique du 23 juin dernier n’étaient en rien cicatrisées et s’ajoutaient aux trois autres sujets majeurs de préoccupation des dirigeants européens : la gestion des flux migratoires, la réponse aux menaces terroristes et la persistance de la stagnation économique dans une grande partie des pays de l’UE et tout particulièrement de la zone euro. Sur aucun de ces thèmes il n’aurait été possible d’aboutir à des positions consensuelles allant au-delà des engagements de meilleure écoute mutuelle entre gouvernements, ce qu’Angela Merkel a cru pouvoir appeler l’ « esprit de Bratislava ». Visiblement insensible à cet esprit, Matteo Renzi, avait quelque peu disqualifié le sommet en le réduisant à une « agréable croisière sur le Danube », allusion au déjeuner sur un bateau fluvial auquel le gouvernement slovaque avait invité ses hôtes. Peut-être le président du Conseil italien avait-il en tête une série télévisée américaine, La Croisière s’amuse (The Love Boat), qui avait connu un immense succès mondial à la fin du siècle dernier. Dans ses 249 épisodes, les idylles qui se nouent ou se dénouent à bord d’un luxueux navire de croisière ont toutes un happy end. Ce qui n’est nullement garanti après Bratislava car ce n’est pas un scénariste qui écrit l’histoire de la construction européenne…

Au-delà du contenu d’éventuelles politiques communes, la question qui se pose est plus fondamentale : peut-on trouver des formes de prise de décision adaptées à une configuration de 27, 28 Etats, voire davantage en cas de nouveaux élargissements de l’UE ? Et quelle articulation avec les gouvernements nationaux, les seuls qui, pour les citoyens, disposent d’une légitimité démocratique ? La réponse apportée à ce jour par les traités est celle du libre-échange interne et externe à l’UE, qui revient à contourner et à dépouiller de ses prérogatives toute instance politique. Or cette réponse néolibérale globale est de plus en plus rejetée par les opinions publiques car synonyme de dumping social et fiscal, ainsi que d’augmentation des inégalités. Quant à la zone euro de 19 Etats, elle ne fait que renforcer ces travers.

Ces derniers mois, on a constaté une forme de retour du politique sous la forme d’une « régionalisation » de l’UE, non pas seulement géographique, mais également affinitaire. C’est ainsi que le groupe dit « de Visegrad » (Pologne, République tchèque, Hongrie et Slovaquie) s’est ouvertement opposé à l’imposition de quotas de réfugiés fixés par la Commission. Dans le domaine économique, sept gouvernements des pays du Sud de l’UE (Grèce, France, Italie, Portugal, Espagne, Chypre et Malte), réunis à Athènes le 9 septembre, ont demandé la fin de l’austérité imposée par l’Allemagne. Ces géométries variables pourraient se multiplier à l’avenir et conduire à une remise en cause de l’architecture européenne actuelle et même de ses finalités.

 

Illustration : EU2016 SK





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